Nagata-jinja

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Vue du sanctuaire Nagata
Vue ancienne du Nagata-jinja avec poulets

Le sanctuaire de Nagata' dans l’arrondissement du même nom, est situé à 500 mètres de la station Kôsoku Nagata 高速長田駅, est un lieu de culte placé en amont d’une rue marchande très animée dont l’entrée est repérable grâce à un grand torii rouge. Durant l’ère Taishô, cette artère commerciale était constituée en grande partie de pâtisseries. Aujourd’hui, nous trouvons aussi bien des maraîchers que des marchands d’électronique. Sous le nom de « quartier commerçant du sanctuaire de Nagata » (Nagata jinja shôtenkai 長田神社商店街) donné durant la 12e année de l’ère Shôwa (1937), cette rue prend fin devant la porte du lieu saint.

Histoire[modifier | modifier le code]

D’après les Chroniques du Japon (Nihonshoki 日本書紀), le sanctuaire fut construit sous ordre de l’impératrice Jingû 神功皇后 qui revenant d’une campagne de conquête sur les terres du royaume de Silla en Corée en 201, reçut une vision de la part de la divinité Kotoshiro nushi 事代主神 (kami tutélaire du lieu de culte) lui demandant d’être célébrée dans la région de Nagata, près d’un village d’où elle puisse entendre le chant du coq.
Une jeune et belle femme choisie dans les alentours fut emmenée dans l’une des forêts de la région où elle perçut le cri d’un gallinacé. Ainsi fut déterminé l’espace qui allait devenir le site de célébration de la divinité et en 2001, les habitants de l’arrondissement célébrèrent les 1800 ans d’existence de leur sanctuaire.
Le Nagata-jinja est associé au Sumiyoshi-taisha et au Ikuta-jinja.

Principaux bâtiments sacrés[modifier | modifier le code]

Au centre de cet espace se trouve les principaux édifices consacrés aux cultes (shaden 社殿) composés du :

Porte du sanctuaire d'Inari
Haiden

Haiden 拝殿 : bâtiment consacré au culte datant de la 12e année de l’ère Eiroku (1569). C’est à cet endroit que les paroissiens obtiennent une purification et viennent prier.

petits sanctuaires dédiés à Ebisu et Daikoku

Honden 本殿 : littéralement bâtiment principal, sa construction date de l’ère Genroku (1688- 1704), il représente l’endroit le plus sacré du sanctuaire où est conservé un objet pouvant accueillir une divinité appelée go shinta i御神体. Généralement fermé au grand public, cet espace est délimité par une clôture (tamagaki 玉垣).

Keiden 啓殿 : hall des révélations. Cet espace est situé entre le bâtiment de culte et le principal. Construit durant l’ère Genroku, il accueille les offrandes faites à l’attention de la divinité tutélaire.

Dans le périmètre créé par la clôture entourant le honden deux sanctuaires auxiliaires (sessha摂社) sont installés à droite et à gauche du bâtiment principal. Dans l’ordre, nous trouvons donc le sanctuaire Amaterasu sume Ōmikasha 天照皇大御神社 dédié à la déesse Amaterasu 天照大神 , puis Hachimansha 八幡社 lié à l’empereur Ôjin 応神天皇fils de l’impératrice Jingû.

Ces sessha ne sont pas les seuls présents, tout autour du honden, les visiteurs peuvent présenter leur respect à quatre autres divinités réparties sur la gauche et la droite du bâtiment principal en dehors de l’espace interdit au public.

Sur la gauche

Petits sanctuaires dédiés à Ebisu et Daikoku

Alignés côte à côte, les petits sanctuaires Hirukosha 蛭子社dédiés à la divinité Hiruko 蛭子命et Izumosha 出雲大社lié à la divinité Ōkuni nushi 大国主 sont installés à l’arrière de deux statues représentant les kami Ebisu et Daikokuten. Ces figures représentent deux des sept divinités du bonheur et il n’est pas étonnant de les voir installées de manière contiguë. En effet le kami Ebisu et Daikokuten sont souvent représentés ensemble, ayant un faciès jovial, ils personnalisent la bonne fortune et la richesse. Cependant, il est bon de noté que l’emplacement de Daikokuten près du petit sanctuaire dédié à Ōkuni nushi n’est pas dû au hasard. Dans certaines versions, ce dernier apparait comme le père d’Ebisu (en supposant qu’il personnifie Kotoshiro nushi). Une confusion longtemps présente entre Daikoku 大黒 (Daikokuten) et Daikoku 大国 (l’une des nombreuses appellations d’Ōkuni nushi) due à une homophonie des caractères de leur nom.

À gauche du Hirukosha se trouve le bâtiment des rituels (gishikiten 儀式殿) où seront réalisés des évènements officiels.

Sur la droite

Petits sanctuaires dédiés à Tsukiyomi et Ōyama gui
Bâtiment de musique et de danse shintô

À l’opposé, se trouve les sanctuaires auxiliaires dédiés aux divinités Tsukiyomi月読みle sessha Tsukiyomisha 神月読社 et Ōyama gui 大山咋神 avec le petit lieu de culte appelé Matsuosha 松尾社. Près de là est construit le dépôt des trésors (hômotsuko 宝物庫) où sont placés les objets précieux comme le palanquin divin (mikoshi 御輿 神輿). Du côté droit du sanctuaire dédié à Ōyama, nous trouvons le bâtiment de musique et de danse shintô (kaguraten 神楽殿). En continuant vers le bas, nous trouvons un point d’eau qui en temps normal n’est pas utilisé, mais devient l’espace de purification des hommes jouant les démons durant les jours de préparation.

Pièce des démons

Derrière le bâtiment principal, un espace délimité par un suigaki 透垣 (clôture avec des planches en bois espacées) abrite un autre sanctuaire auxiliaire bien plus imposant que les autres et dédié à la divinité Inari 稲荷神 nommé Kusumiya Inarisha 楠宮稲荷社. En arpentant le couloir gauche, le visiteur parvient à un étrange bâtiment semblant être à l’écart du lieu de culte. Cet édifice assez petit aux murs gris clair,au toit vert foncé où prône une tête de démon entourée de tuiles (onigawara 鬼瓦), ayant une porte rouge (fermée par un verrou) où est accrochée au-dessus une corde sacrée (shimenawa 注連縄) porte le nom d’oni muro 鬼室 (pièce des démons) et est utilisé lors de la journée particulière de la veille du printemps du calendrier lunaire.

Principales célébrations[modifier | modifier le code]

1er janvier : célébration du jour de l’an (Saipan sai 歳旦祭).

29 avril au 3 mai : prière pour une prospérité du commerce et de l’industrie (shôkôgyô hanei kigan sai 商工業繁栄祈願祭).

17 au 18 juillet : festivité du franchissement de l’été (nagoshi sai 夏越祭) où est exécutée une purification des fidèles du sanctuaire. Face au bâtiment consacré au culte, les prêtres installent un cercle de chigaya (herbe proche du roseau surnommée herbe de sang japonaise) où les paroissiens invités à le traverser afin de se débarrasser de leur impureté s’inclinent en face, exécutent un premier passage en traversant le cercle tout en tournant sur le côté gauche, se retrouvent au point de départ et traversent une 2e fois de la même manière que précédemment, mais cette fois du côté droit pour enfin se placer une dernière fois à l’entrée du chigaya pour un dernier passage à gauche avant de franchir ce cercle d’herbe.

1er août : théâtre nô autour du feu de Kôbe (Kôbe Takigi nô 神戸薪能). Interprétations de kyôgen (théâtre comique), de musique en plein air réalisées par l’association du théâtre nô de Kôbe.

17 au 19 octobre : Diverses festivités organisées par les membres de l’association des fidèles du sanctuaire (ujiko kai 氏子会) qui à tour de rôle vont organiser des célébrations.

31 décembre : cérémonie des grandes purifications (Ōharai shiki 大祓式). Les officiants et les paroissiens accueillent la nouvelle année en se purifiant l’âme et le corps des impuretés accumulées durant le dernier semestre . Lors de l’office, les participants utilisent des poupées (ningyô 人形) à qui les souillures cumulées durant ces 6 mois seront transmises. En plus de ces cérémonies, tous les jours, de 9h à 16h les prêtres dispensent des prières purificatrices et d’exorcisme à l’intention des fidèles du sanctuaire, mais aussi des oraisons en vue d’une prospérité dans les affaires, pour une réussite scolaire, une sécurité pour la famille, pour une bonne santé, une purification de la voiture, etc.

Cérémonie d'expulsions de mauvais esprits (3 février)

Dans la ville de Kôbe 神戸市, préfecture du Hyôgo 兵庫県, chaque année, le 3 février durant la période du setsubun, au sanctuaire de Nagata 長田神社 dans l’arrondissement du même nom, est réalisé une cérémonie typiquement masculine appelée Nagata jinja koshiki tsuina shiki (ancienne cérémonie d’expulsion d’esprits malins du sanctuaire de Nagata) où sept démons dansent sur scène devant un public venu spécialement pour l’occasion.

D’origine chinoise, le tsuina 追儺 permet de chasser les êtres surnaturels responsables des maux des hommes. Appelé parfois oni yarai 遣らい (purification par l’expulsion de démon) ou encore dada oshi ダダ押し comme au temple de hase dera 長谷寺, dans la ville de Sakurai 桜井市préfecture de Nara 奈良県, la cérémonie du sanctuaire de Nagata présente sept hommes (oni yaku 鬼役) revêtant des costumes de démon et danseront ,face au public, durant six heures en tenant dans leur main droite une torche et pour certains, dans une deuxième partie de la cérémonie, un sabre dans la main gauche. De couleurs et d’aspects différents, les cinq premiers démons laisseront leur place aux deux derniers ayant un aspect plus sévères et portant des armes (hache, lance, maillet). La cérémonie prendra fin lorsque l’un de ces démons muni d’une hache et d’un maillet ouvrira  une pile de gâteaux de pâte de riz gluant en forme de miroir posée face au bâtiment consacré au culte (haiden).

Nom des démons:

Mochi wari oni

·        Le démon Briseur de gâteau de pâte de riz gluant (Mochi wari oni 餅割り鬼). C’est le rôle le plus important, il est responsable de tous les personnages jouant les démons.

Shirikujiri oni

·        Le démon Perceur de fesses (Shirikujiri oni尻くじり鬼).

Tarô

·        Tarô le premier démon (Ichiban Tarô oni一番太郎鬼).

Aka oni

·        Le démon Rouge (Aka oni赤鬼).

Ao oni

·        Le démon Bleu (Ao oni青鬼).

Uba oni

·        La vieille démone (Uba oni姥鬼).

·        Le démon Simplet (Hôsuke oni呆助け鬼).  

C’est une véritable théophanie qui se déroule sous les yeux du public. Les démons ne sont pas les êtres chassés, mais bien les chasseurs représentant la divinité Kotoshiro nushi. À l’aide de leurs torches consacrées par le feu du kami, ils vont détruire les impuretés et chasser par la fumée dégagée par la paille consumée, les divers mauvais génies. 

Les torches utilisées deviennent de véritables talismans contre les mauvais génies que chacun peut accrocher au-dessus de sa porte d’entrée, le mochi préparé dans l’emaden 絵馬殿 (bâtiment où sont installées des plaquettes en bois sur lesquelles les paroissiens inscrivent leurs vœux à destination des divinités) par les oni yaku et transformé par la suite en fleurs de pâte de riz gluant ou en yakuyoke mochi (talismans conjurant le mal en pâte de riz gluant), protégeant ainsi sont possesseur durant l’année. Ces démons permettent ainsi aux hommes de se débarrasser de leurs souillures accumulées le long des deux semestres écoulés et d’accueillir la nouvelle année dans de bonnes conditions. 

Liens externes[modifier | modifier le code]

Hôsuke oni