Tamagaki

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Funatama-jinja de Sumiyoshi-taisha entouré d'un tamagaki
Tamagaki et torii de Tachibana-jinja
Honden et tamagaki d'Ōmiwa-jinja.

Un tamagaki (玉垣?) est une clôture entourant un sanctuaire shinto japonais, un espace sacré ou un palais impérial[1]. Il entoure généralement le honden (pavillon principal)[2].

Description[modifier | modifier le code]

Les tamagaki étaient à l'origine des barrières faites uniquement d'arbres de broussailles, essentiellement constituée de sakaki (cléyère) protégée par une clôture de brindilles appelées shibagaki (柴垣?)[2]. Elles sont depuis construits avec différents matériaux dont le bois, la pierre et - ces dernières années - le béton. Les clôtures simples des temps anciens et médiévaux sont devenues plus élaborées dans le Japon pré-moderne avec l'ajout de toits, de boiseries et de calandres entre les poteaux. Le Tōzai Sukibei (東西透塀?) de 1636 autour du sanctuaire principal de Nikkō Tōshō-gū en est un exemple[3],[1].

Selon le matériau et la technique utilisée, ces clôtures portent un nom différent :

  • palissade (板玉垣, ita tamagaki?) faite de planches épaisses grossièrement finies,
  • clôture en bois non écorcé (黒木の玉垣, kuroki no tamagaki?) faite de planches ou de grumes non pelées ou dénudées,
  • clôture en bois équarri (角玉垣, kaku tamagaki?),
  • clôture en treillis carré (角格子玉垣, kakugōshi tamagaki?) et clôture en grillage diagonal (筋違格子玉垣, sujikaigōshi tamagaki?),
  • clôture vermillon (朱玉垣, shutamagaki?),
  • tatehigo tamagaki (竪籤玉垣?) faite de fines lanières de bambou ou de bois fixées à la verticale,
  • clôture à claire-voie (透垣, sukashigaki?).

Le tamagaki et la traditionnelle porte torii sont parfois remplacés par un couloir couvert appelé kairō et une porte rōmon. À l'origine bouddhiste, ce ne sont d'abord pas des éléments typiques de sanctuaires mais avec le temps, ils en sont souvent venus à jouer le rôle du plus traditionnel tamagaki[4]. Un exemple fameux en est le Iwashimizu Hachiman-gū dans la préfecture de Kyoto. Ce phénomène s'explique en partie par la forte influence du Bouddhisme sur le culte des kami due à la fusion syncrétique du Bouddhisme et de la religion locale shinbutsu shūgō).

Clôtures multiples[modifier | modifier le code]

Si l'espace clos est entouré par des clôtures multiples, la clôture la plus intérieure est généralement appelée mizugaki (瑞垣?). Ainsi, le sanctuaire intérieur (内宮, naikū?) d'Ise-jingū est entouré de quatre clôtures. De l'extérieur vers l'intérieur, on trouve :

  • itagaki (板垣?) ou tamagaki 1 (一の玉垣, ichi no tamagaki?),
  • tamagaki extérieur (外玉垣, sototamagaki?) ou tamagaki 2 (二の玉垣, ni no tamagaki?),
  • tamagaki intérieur (内玉垣, uchitamagaki?) ou tamagaki 3 (三の玉垣, san no tamagaki?),
  • et mizugaki[5],[2].

À Ise, ces clôtures séparent des aires distinctes pour les adorateurs de statut différent. Tous les visiteurs sont autorisés à passer une porte par la clôture la plus extérieure (itagaki), tandis que selon la tradition, seuls les membres de la famille impériale sont autorisés à passer par la deuxième clôture, le tamagaki extérieur. Ce privilège est maintenant accordé à des représentants élus. Les maires et autres membres des assemblées locales pratiquent le culte aux avant-toits intérieur du tamagaki extérieur, les représentants des gouvernements préfectoraux, les fonctionnaires du sanctuaire d'Ise-jingū et les trésors humains vivants se tiennent à mi-chemin entre les tamagaki intérieur et extérieur. Les premiers ministres du Japon, membres des deux Chambres de la diète et autres hauts responsables élus sont autorisés à se tenir juste à l'extérieur du passage vers le tamagaki intérieur. L'entrée au tamagaki intérieur est limitée aux membres de la famille impériale et seuls l'empereur et l'impératrice japonaise sont généralement autorisés à entrer par la clôture la plus intérieure (mizugaki)[6],[5],[1],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tamagaki » (voir la liste des auteurs).

  1. a, b et c (en) Inoue Nobutaka, Tamagaki, Tokyo, Kokugakuin University, (lire en ligne)
  2. a, b et c Manabu Toya, « Visite guidée d’un sanctuaire shintô : Tamagaki », Nippon.com, le 26 septembre 2016
  3. (en) « Tamagaki », JAANUS - Japanese Architecture and Art Net User System (consulté le 1er décembre 2009)
  4. (ja) Masaya Fujita et Shūsaku Koga, Nihon Kenchiku-shi, Shōwa-dō, (ISBN 4-8122-9805-9), p. 31
  5. a et b (en) « Mizugaki », JAANUS - Japanese Architecture and Art Net User System (consulté le 1er décembre 2009)
  6. Une exception est faite pour le prince héritier et la princesse qui, à l'occasion de leur mariage, peuvent entrer dans la zone délimitée par le mizugaki.
  7. (en) William Howard Coaldrake, Architecture and authority in Japan, London, New York, Routledge, , 29–31 p. (ISBN 0-415-05754-X)