Massacre de Chatou

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Massacre de Chatou
Image illustrative de l’article Massacre de Chatou
Hommage aux 27 martyrs de Chatou.

Date
Lieu Chatou (Seine-et-Oise)
Victimes Civils français
Morts 27
Auteurs Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Participants 2. Fallschirmjäger-Division
Guerre Seconde Guerre mondiale

Le massacre de Chatou désigne un massacre de la Seconde Guerre mondiale perpétré le à Chatou (Seine-et-Oise) par les troupes du allemandes. Pour commémorer la mémoire des victimes une rue de Chatou a été renommée « avenue des Vingt-Sept-Martyrs ».

Le contexte[modifier | modifier le code]

Les Forces françaises de l'intérieur (FFI) reprennent temporairement le château de la Pièce d'Eau, le , puis la mairie, le [1]. Lors l'attaque, les résistants font une quarantaine de prisonniers dans le camp adverse, vingt-trois Allemands, dont deux grièvement blessés, ainsi qu'une vingtaine de miliciens et de femmes. Ces prisonniers sont transférés à la villa Lambert le [2].

L’unité mobile no 62800 du 2. Fallschirmjäger-Division sous la direction de l’Oberstleutnant Werner Klein[2] ayant échappé à l'encerclement de Brest et se repliant vers l'est affrontent le groupe de résistants.

Le siège du château[modifier | modifier le code]

Photo du château de la Pièce d'Eau de Chatou.

Informé par un collaborateur l'unité allemande se lance à l'assaut du château et y capture une soixantaine de FFI dont le commandant Torset[2].

À la fin du siège, les Allemands insistent pour que leur soient remis les prisonniers des FFI. Le commandant Torset les conduit alors à la villa Lambert. Une fusillade éclate devant la villa, le commandant est abattu et les résistants sont contraints de se replier[2].

Un massacre[modifier | modifier le code]

Les prisonniers libérés désignent une douzaine de FFI qui sont passés par les armes devant le château. Une autre douzaine de prisonniers est alors massacrée sur place[2] :

« La grande porte du garage du château de Chatou porte encore les traces de la tuerie du . Le sang a giclé jusqu'en haut de la porte et les trous faits par les balles de mitrailleuses se voient encore. Autour de cet emplacement, nous avons retrouvé des doigts. La fosse est à trois mètres de là. Vingt-sept corps sont entassés dans un trou d'un mètre de profondeur. Le plus jeune, un gosse de 16 ans, employé de la gare, est chargé de transporter ses camarades dans leur sépulture. Arrivé au vingt-sixième, c'est son tour. « J'ai retrouvé mon fils dans cette fosse, il avait 23 ans. Le pauvre enfant était nu, un bras cassé, les yeux arrachés, des doigts en moins. Ils ont été enterrés vivants. On les a retrouvés la bouche pleine de terre, les mains crispées dans le sol. Des drapeaux français, lacérés, déchirés, étaient enterrés avec eux. » […] Mais le cynisme des assassins ne s'était pas arrêté là. Après le massacre du parc du château, ils sabrèrent le champagne. Sur la fosse, ils avaient déposé des mines, afin que personne ne puisse approcher[3]. »

La nouvelle de l'apparition de troupes américaines à proximité mais fin aux exactions, le château est incendié et les Allemands se replient.

Les victimes[modifier | modifier le code]

Le nom des 27 martyrs de Chatou : lieutenant Torset, lieutenant Lecaron, Martial Fleury, Robert Alexis, Roger Lemoine, Raymond Acquart, Georges Blaizot, André Couespel, Henri Fisseux, Louis Gaudillet, Joseph Grand, Pierre Jallu, Eugène Jeffrault, Lucien Jeffrault, Victor Kurtz, Adrien Laurent, Pierre Le Bihan, Eugène Le Tyrant, Yves Louis, Jean Mauchaussat, Gabriel Morel, Jacques Mouchard, Robert Noë, Henri Painchaud, Robert Rateau, Henri Richaume, Jean Ramain[4].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Le , l’avenue de la Pièce-d’Eau reçoit le nom d’avenue des Vingt-Sept-Martyrs[3].

Procès[modifier | modifier le code]

En 1946 un procès est intenté aux six collaborateurs et, par contumace, à une Allemande[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Histoire de Carrieres (A.H.S.V.C.) - Louis Gandillet, l'un des 27 martyrs de Chatou », sur www.elisabeth-saunier.fr (consulté le 30 mars 2017)
  2. a b c d et e Fabrice Bourrée, « Chatou (Yvelines), Château de la Pièce d’Eau, 25 août 1944 », sur Maitron en ligne, (consulté le 10 décembre 2019).
  3. a et b « L'AFFAIRE DES 27 MARTYRS DE CHATOU LE 25 AOUT 1944 », sur chatounotreville.hautetfort.com (consulté le 30 mars 2017)
  4. « Musée de la résistance en ligne », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le 30 mars 2017)
  5. « Les dénonciateurs de Chatou devant la Cour de Justice de Seine-et-Oise », Combat, no 602,‎ (lire en ligne, consulté le 10 décembre 2019).