Maîtrise des outils de gestion de l'environnement pour le développement

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Maîtrise des outils de gestion de l'environnement pour le développement (MOGED)
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Situation
Création 2003
Type Programme de l'Organisation internationale de la Francophonie
Siège 56, rue St-Pierre, 3e étage, Québec (Québec), G1K 4A1 Canada
Langue Français
Organisation
Spécialiste de programmes Emilienne Lionelle Ngo Samnick
Dépend de Institut de la Francophonie pour le développement durable

Site web http://www.moged.ifdd.francophonie.org/

Maîtrise des outils de gestion de l'environnement pour le développement (MOGED) est un programme de développement durable mis en place en 2003 par l'OIF à travers son organe subsidiaire, l'Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) pour renforcer les capacités des pays francophones afin qu'ils mettent en place les conditions nécessaires à une transition vers le développement durable.

Description[modifier | modifier le code]

Le programme MOGED a pour objectifs[1];

  • de développer dans l’espace francophone les capacités humaines, institutionnelles, législatives et matérielles permettant aux pays de mettre en œuvre des programmes de développement économiquement viables, socialement acceptables et respectueux de l’environnement;
  • de développer et diffuser les outils de maîtrise de la gestion de l’environnement et en assurer l’intégration dans les processus décisionnels des États pour l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et stratégies sectorielles dans une perspective de développement durable.

Le programme MOGED met en œuvre des actions de renforcement de capacités visant l’utilisation performante d’outils d’aide à la décision pour une gestion durable des ressources naturelles, tout en soutenant l’innovation participative en faveur du développement durable[2]. Il anime plusieurs plateformes numériques en langue française dédiées aux professionnels de la gestion durable de l’environnement[3]tout en soutenant la production et la diffusion des savoirs et de l’information à travers l’édition de manuels, de guides pédagogiques, de périodiques et de fiches techniques.

Composantes[modifier | modifier le code]

Droit de l'environnement[modifier | modifier le code]

La composante «droit de l'environnement» vise à promouvoir le droit de l'environnement dans l'espace francophone. Son objectif « est d’améliorer la mise en œuvre, l’efficacité et la formation judiciaire du droit de l'environnement dans les pays francophones. Cela se traduit par l'élaboration, la mesure et le suivi des indicateurs juridiques grâce à une méthodologie qui définit un cadre de suivi et d’évaluation de même que le développement et la promotion de l’enseignement du droit de l’environnement[4].

Pour ce faire, trois approches complémentaires sont privilégiées[4].

  • l'analyse et l'évaluation de l’effectivité des législations environnementales.
  • le renforcement des capacités des écoles francophones de magistrature en droit de l'environnement.
  • la promotion de l'enseignement du droit de l'environnement auprès du grand public par le biais des formations en ligne ouvertes à tous.

Économie de l'environnement[modifier | modifier le code]

La composante « économie de l’environnement » vise à soutenir les démarches de transition vers des économies durables, qui respectent aussi bien l’environnement que les aspects économiques et sociaux. Son objectif « est de promouvoir la gestion et l'utilisation durable des ressources naturelles par la prospective, la formation et la mise en œuvre des actions démonstratives de soutien aux filières durables dans les pays francophones ». Cela se traduit par la création d’outils adéquats pour mesurer la performance de l’économie de l’environnement, l’accompagnement à la préparation de mesures politiques orientées vers une gestion durable, la promotion de la recherche dans le domaine de l’économie de l’environnement et l'appui technique pour une valorisation durable du capital naturel[5].

Pour ce faire, deux approches complémentaires sont privilégiées[5].

  • Une approche globale qui permet de proposer une base de données fiables et récentes sur l'économie de l'environnement mais aussi d’organiser des formations dans ce domaine.
  • Une approche plus concrète et pragmatique centrée sur des expériences de gestion durable des ressources naturelles au niveau local stimulées par le partage de connaissances, d’informations et d’expériences et de bonnes pratiques.

Évaluations environnementales et sociale[modifier | modifier le code]

La composante «évaluation environnementale et sociale» vise à fournir des outils d’alertes environnementales préventives et de regrouper et partager les connaissances et les bonnes pratiques pour améliorer l’accompagnement technique des projets de développement. Son objectif est d’encourager l’analyse, la prospective, la réflexion et l’action sur les questions majeures de l’évaluation environnementale et sociale tout en développant une base de données statistiques fiables. Son but est aussi de développer la compréhension des enjeux environnementaux et particulièrement des évaluations environnementales pour qu’elle soit plus accessibles aux cadres de l’administration publique ou privée. Cela se traduit par l’élaboration d’une cartographie analytique de l’évaluation environnementale et sociale dans les États et gouvernements membres de la Francophonie, l’amélioration et la promotion des outils d’évaluation environnementale et le développement des connaissances et des compétences des acteurs francophones dans ce domaine[6].

Pour ce faire, deux approches complémentaires sont privilégiées[6].

  • La réalisation des analyses comparatives des processus, politiques, ressources et opportunités d’évaluation environnementale.
  • le renforcement des capacités des institutions et des acteurs francophones, par la production et diffusion d’outils pertinents et le développement de la formation et de l’expertise francophone en évaluation environnementale.

Participation citoyenne[modifier | modifier le code]

La composante « participation citoyenne » vise à soutenir la mobilisation des acteurs de la société pour aider le développement de solutions citoyennes au service du développement durable. Son objectif est de favoriser la mobilisation des acteurs francophones afin de démultiplier les contributions et les énergies apportées à la mise en œuvre et au suivi d'un programme de développement populaire et inclusif à travers notamment l’initiative « Objectif 2030 ». Cela se traduit par l'appui apporté aux acteurs non étatiques à tous les niveaux par la diffusion d’informations, l’aide au développement d’actions permettant des progrès concrets et inclusifs qui répondent au programme de développement durable à l’horizon 2030[7].

Pour ce faire, trois approches complémentaires sont privilégiées[7].

Réalisations[modifier | modifier le code]

Appui institutionnel[modifier | modifier le code]

Le MOGED soutient les institutions publiques en charge de la gestion durable de l'environnement. Cet appui institutionnel se développe sur trois axes[8]:

  • Le développement d'outils pour l'analyse et l’évaluation des politiques environnementales qui permet de disposer d'une base de données fiables grâce à une analyse comparative des processus, politiques, ressources et opportunités sur la gestion de l’environnement et avec la collaboration des pays membres de la Francophones et des experts francophones. Cette base de données est rendue publique sous forme de profils pays avec des indicateurs et statistiques, des avis qualitatifs, ainsi que les convergences et les similitudes qui existent entre les différents pays notamment en évaluations environnementales, en économie de l'environnement, en droit de l'environnement à partir l’analyse et l’évaluation de l’effectivité des législations environnementales et sur la participation dans les politiques publiques.
  • Le renforcement des capacités nationales en particulier en évaluation environnementale notamment en Haïti. En effet, le Ministère de l’Environnement haïtien a été soutenu pour la création du Bureau national des évaluations environnementales (BNEE), l’élaboration d’un rapport sur l’état des lieux de l’évaluation environnementale en Haïti, la mise en place des outils stratégiques, institutionnels et réglementaires, et la formation des cadres et des formateurs en évaluation environnementale.
  • L'intégration de la formation en droit de l'environnement dans les écoles de magistrature francophones en plus de l'organisation des formations en ligne et cliniques juridiques de l'environnement ouverts au grand public.

Formations[modifier | modifier le code]

Le MOGED met surtout l’accent sur la formation pour renforcer les compétences techniques en gestion durable de l'environnement. Les formations du programme MOGED se sont développées sur trois axes [9] :

  • Les formations sous des formats aussi divers que les écoles d’été, les ateliers de formation et de sensibilisation de même que les séminaires qui ont permis de former plus de 1300 personnes sur des sujets en rapport avec l’évaluation environnementale, le droit de l’environnement ou l’économie et la politique de gestion des ressources naturelles. A ce nombre s’ajoute également plus de 1 500 participants aux colloques internationaux organisés depuis 2009 sur ces thèmes.
  • Le deuxième axe se concentre sur de nouvelles démarches de formation en présentiel pour soutenir l’enseignement judiciaire du droit de l’environnement à travers l'intégration de cette discipline dans les curricula des magistrats mais aussi l'organisation des cliniques juridiques sur l'environnement. Pour la programmation 2018-2022, 5 écoles sont soutenues afin de former 800 élèves-magistrats environ. Le renforcement des actions de la participation citoyenne se fait à travers le soutien aux plateformes multipartites d'appui à la gestion durable et au développement.
  • Le troisième est le développement de formations en ligne depuis 2017 à travers une série de six MOOC. Ces cours en ligne portent sur les enjeux du développement durable, le droit de l'environnement, l'économie de l'environnement, l'évaluation environnementale et sociale, les métiers de l'environnement et les technologies de l'environnement. De 2017 à 2020, plus de 100 000 francophones ont été formées.

Publications[modifier | modifier le code]

En lien avec ses actions d terrain, le MOGED soutient la capitalisation et la diffusion des connaissances en français sur la gestion durable de l’environnement. Plus de 60 ressources ont été publiées sur les quatre thèmes suivants[10] :

  • le droit à l'environnement (11 publications)
  • l'économie de l'environnement (8 publications)
  • l'évaluation environnementale (37 publications)
  • la participation citoyenne (4 publications).

Les publications majeures sont:

  • IFDD, 2019, Atlas francophone de l'économie de l'environnement [Sous la direction de Tamanini, J. et E.L. Ngo-Samnick]. IFDD, Québec, Canada, 224 p.[11]
  • IFDD, 2019, Cartographie de l'évaluation environnementale et sociale dans la Francophonie [Sous la direction de Reveret, J-P. et E.L. Ngo-Samnick]. IFDD, Québec, Canada, 224 p.[12]
  • IFDD et Université Senghor, 2019, Évaluations environnementales des politiques et projets de développement [Sous la direction de Yelkouni, M. et E.L. Ngo-Samnick].IFDD, Québec, Canada, 272 p.[13]
  • IFDD et Université Senghor, 2019, Économie et gestion de l'environnement et des ressources naturelles [Sous la direction de Reveret, J-P. et M. Yelkouni]. IFDD, Québec, Canada, 266 p[14].

Appui aux actions de terrain[modifier | modifier le code]

Bien que le programme MOGED met davantage l'accent sur le partage des connaissances sur la gestion de l’environnement, il apporte également un appui technqiue et financier aux actions concrètes de terrain par le biais de trois initiatives majeures[15]:

  • L'initiative Objectif 2030 par le mentorat technique et financier de projets concrets qui allient inclusion sociale, progrès économique et protection de la planète, ainsi que la création de communautés de pratiques et la réplication de ces expériences. En 2020, plus de 2800 projets avaient été soumis sur la plateforme Objectif 2030, 90 de ces projets bénéficiaient de la visibilité numérique de l’outil participatif et plus de 20 de ces projets avaient obtenu un financement de l’IFDD[15].
  • L'initiative sur le genre et la gestion durable des forêts du Bassin du Congo concrétisée par un appel régional à projets destiné à valoriser et à promouvoir le leadership féminin en matière de développement durable. En 2020, 3 projets de gestion de gestion durable des forêts et d’autonomisation des femmes au Cameroun, en RDC et au Rwanda ont été financés[15].
  • L'initiative de soutien aux démarches nationales de gestion durable de l’environnement dont la première action a porté sur la pêche durable au Sénégal au regard du rôle social et économique central de la pêche pour la région côtière du Sine-Saloum. Par ailleurs, en soutien aux démarches nationales de gestion durable de l'environnement, le MOGED a conçu des programmes nationaux sur la gestion durable de l'environnement et des ressources naturelles dans 3 pays d'Afrique de l'Ouest[15].

Communication[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jérémie MBAIRAMADJI, « Étude d’impact social et environnemental de l’exploitation forestière dans la concession de la compagnie forestière (C.F.C.) du Cameroun », Fiches techniques MOGED,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  2. « Maîtrise des outils de gestion de l’environnement pour le développement », sur ifdd.francophonie.org, (consulté le 27 avril 2019)
  3. Mediaterre, « Ensemble, agissons pour l'environnement et l'humanité », sur mediaterre.org, (consulté le 27 avril 2019)
  4. a et b Maelle Nys, « Le droit de l'environnement, une composante du programme MOGED », sur mediaterre.org (consulté le 23 juillet 2020)
  5. a et b Maelle Nys, « L'économie de l'environnement, une composante du programme MOGED », sur mediaterre.org (consulté le 21 juillet 2020)
  6. a et b Maelle Nys, « L'évaluation de l'environnement, une composante du programme MOGED », sur mediaterre.org (consulté le 27 juillet 2020)
  7. a et b Maelle Nys, « La participation citoyenne, une composante du programme MOGED », sur mediaterre.org (consulté le 28 juillet 2020)
  8. Maelle Nys, « MOGED : un programme qui soutient les institutions pour la gestion de l'environnement », sur mediaterre.org,
  9. Maelle Nys, « MOGED : un programme qui soutient la formation en gestion de l'environnement et sur le développement durable », sur mediaterre.org, (consulté le 27 août 2020)
  10. Maelle Nys, « MOGED : un programme qui soutient la diffusion des connaissances en français sur les outils de gestion de l'environnement et du développement durable », sur mediaterre.org, (consulté le 21 mars 2020)
  11. IFDD, Atlas francophone de l'économie de l'environnement, Quebec, IFDD, , 224 p. (ISBN 978-2-89481-288-4, lire en ligne)
  12. IFDD, Cartographie de l'évaluation environnementale et sociale dans la Francophonie, Québec, IFDD, , 224 p. (ISBN 978-2-89481-290-7, lire en ligne)
  13. IFDD et Université Senghor, Évaluations environnementales des politiques et projets de développement, Quebec, IFDD, , 272 p. (ISBN 978-2-89481-286-0, lire en ligne)
  14. IFDD et Université Senghor, Économie et gestion de l'environnement et des ressources naturelles, Québec, IFDD, , 266 p. (ISBN 978-2-89481-298-3, lire en ligne)
  15. a b c et d Maelle Nys, « MOGED : un programme qui soutient les actions concrètes de terrain pour le développement durable », sur mediaterre.org (consulté le 30 juillet 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]