M74

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M74
Messier 74 par le télescope spatial Hubble. (NASA, ESA, Hubble Heritage (STScI/AURA)-ESA/Hubble Collaboration)
Messier 74 par le télescope spatial Hubble. (NASA, ESA, Hubble Heritage (STScI/AURA)-ESA/Hubble Collaboration)
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Poissons
Ascension droite (α) 01h 36m 41,7s[1]
Déclinaison (δ) 15° 47′ 01″
Distance 9,0±0,6 Mpc (∼29,4 millions d' a.l.) [2]
Magnitude apparente (V) 9,1 [3]
9,8 dans la Bande B [3]
Brillance de surface 13,9 mag/as²[3]
Dimensions apparentes (V) 10,5 × 9,5[3]
Redshift +0,002192 ± 0,000003[1]
Angle de position 25°[3]
Vitesse radiale 657 ± 1 km/s[4]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie spirale
Type de galaxie SA(s)c? [5]
Dimensions environ 26,4 kpc (∼86 100 a.l.)x environ 24 kpc (∼78 300 a.l.)[6]
Découverte
Découvreur(s) Pierre Méchain [5]
Date ~fin septembre 1780 [5]
Désignation(s) NGC 628
PGC 5974
UGC 1149
MCG 3-5-11
ZWG 460.14
IRAS01340+1532 [3]
Liste des galaxies spirales

M74 est une galaxie spirale qui est à 9,0±1,1 Mpc (∼29,4 millions d' a.l.) de la Terre. Elle est située dans la constellation des Poissons. Elle a été découverte par l'astronome français Pierre Méchain en 1780, puis observée par Charles Messier qui l'intégra dans son catalogue quelques semaines plus tard.
(en) « M74 » a été utilisé par Gérard de Vaucouleurs comme une galaxie de type morphologique Sa(s)c dans son atlas des galaxies.
Des mesures non basées sur le décalage vers le rouge (redshift) donnent une distance de 9,006±1,140 Mpc (∼29,4 millions d' a.l.) [7] , ce qui est à l'intérieur des distances calculées en employant la valeur du décalage [2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Sa masse n'est que de 1/5 celle de notre galaxie mais son diamètre est tout de même de environ 26 kpc (∼84 800 a.l.) [6]. Les bras spiraux de la galaxie contiennent beaucoup d'étoiles jeunes ou encore en formation. M74 est la composante la plus brillante d'un amas de galaxies qui comprend en outre : NGC 660, UGC 1171, UGC 1175, UGC 1176, UGC 1195 et UGC 1200.

Supernovas[modifier | modifier le code]

Trois supernovas ont été observées dans M74 : SN 2002ap, SN 2003gd (en) et SN 2013ej.

SN 2002ap[modifier | modifier le code]

La supernova SN 2002ap a été découverte le 29 janvier 2002 par l'astronome amateur japonais Yoji Hirose. Sa magnitude apparente était alors égale à 14,5 et elle a augmenté à 13,7 la journée suivante. Cette supernova a été observée par le télescope spatial XMM-Newton le 2 février 2002 alors que sa magnitude continuait d'augmenter. Finalement, sa magnitude a atteint un maximum de 12,3 le 12 février 2002[8]. Son spectre a montré des caractéristiques que cette explosion stellaire était une supernova de type Ic[9]. Il pourrait s'agir d'une hypernova, une explosion stellaire au moins 100 fois plus lumineuse qu'une supernova de type Ia. La supernova SN 2002ap a attiré passablement d'attention, car il s'agit d'une des rares de type Ic à se produire à une distance de moins de 10 Mpc dans les récentes années. Les observations de cette supernova ont été utilisées pour valider les théories de l'origine de ce type de supernova se produisant à des plus grandes distances et aussi les théories des liens entre les supernovas et les sursauts gamma[10],[11].

SN 2003gd[modifier | modifier le code]

SN 2003gd est une supernova de type II-P qui a été découverte par Robert Evans le 12 juin 2003 avec un petit télescope de 31 cm. Sa découverte a été confirmé le 13 janvier à l'observatoire de Siding Spring par R.H. McNaught. La luminosité de ce type de supernova est connue et à peu près la même d'une supernova à l'autre. On peut donc utiliser ces supernovas pour obtenir des valeurs assez précises des distances. La distance obtenue pour M74 en utilisant les mesures de cette supernova est de 9,6±2,8 Mpc (∼31,3 millions d' a.l.) ce qui est en accord avec la valeur obtenue du décalage vers le rouge[2]. On a découvert l'écho lumineux de cette supernova, une réflexion de la lumière qui apparait après la lumière directe de l'explosion. C'est un phénomène rarement observé. Cette réflexion semble provenir de la poussière interstellaire environnante. La lumière de cet écho peut être utilisée pour déterminer la composition de la poussière interstellaire[12],[13]

SN 2013ej[modifier | modifier le code]

SN 2013ej a été découvert le 25 juillet 2013 dans le cadre du programme de recherche de supernovas de l'observatoire Lick. Sa magnitude apparente était alors de 13,5, elle a atteint une valeur de 12,6 deux jours plus tard et sa valeur maximale de 12,4 le 4 aout. SN 2013ej est aussi une supernova de type II-P[14] ou peut-être de type II-L[15]. Plusieurs observations réalisées ont déterminé que cette supernova provient de l'effondrement du coeur d'une supergéante rouge dont la masse varie selon les études entre 8 et 19 fois la masse du Soleil[16],[15],[17],[18]

Observation[modifier | modifier le code]

M74 se situe à 1,3° au nord-est de l'étoile η des Poissons (voir le schéma ci-dessous). C'est l'un des objets de Messier les plus difficiles à observer. Sa magnitude de 9 le rend invisible à l'œil nu et aux jumelles. Une lunette astronomique ne permet de voir que le noyau qu'il ne faut pas confondre avec une étoile. Pour espérer discerner la structure spirale de la galaxie, un instrument de 250 mm et de bonnes conditions sont nécessaires.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « NASA/IPAC Extragalactic Database », Resultats pour NGC 628 (consulté le 18 mars 2016)
  2. a, b et c On obtient la distance qui nous sépare d'une galaxie à l'aide de la loi de Hubble : v = Hod, où Ho est la constante de Hubble (70±5 (km/s)/Mpc) . L'incertitude relative Δd/d sur la distance est égale à la somme des incertitudes relatives de la vitesse et de Ho.
  3. a, b, c, d, e et f (en) « Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke » (consulté le 18 mars 2016)
  4. On obtient la vitesse de récession d'une galaxie à l'aide de l'équation v = z×c, où z est le décalage vers le rouge (redshift) et c la vitesse de la lumière. L'incertitude relative de la vitesse Δv/v est égale à celle de z étant donné la grande précision de c.
  5. a, b et c (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le 18 mars 2016)
  6. a et b (en) Blanc, Guillermo A.; Weinzirl, Tim; Song, Mimi; Heiderman, Amanda; Gebhardt, Karl; Jogee, Shardha; Evans, Neal J., II; van den Bosch, Remco C. E.; Luo, Rongxin; Drory, Niv; Fabricius, Maximilian; Fisher, David; Hao, Lei; Kaplan, Kyle; Marinova, Irina; Vutisalchavakul, Nalin; Yoachim, Peter, « The VIRUS-P Exploration of Nearby Galaxies (VENGA): Survey Design, Data Processing, and Spectral Analysis Methods », The Astrophysical Journal, vol. 145, no 5,‎ (DOI 10.1088/0004-6256/145/5/138, lire en ligne)
  7. « Your NED Search Results », sur ned.ipac.caltech.edu (consulté le 18 mars 2016)
  8. (en) « Supernova 2002ap in M74 » (consulté le 19 mars 2016)
  9. P.A. Mazzali, J. Deng, K. Maeda et et. al., « The Type Ic Hypernova SN 2002ap », The Astrophysical Journal (Letters),‎ (DOI 10.1016/S0375-9474(03)00855-8, lire en ligne)
  10. S.J. Smartt, E. Vreeswijk, E. Rmirez-Ruiz et et. al., « On the progenitor of the Type Ic supernova 2002ap », Astrophysical Journal, vol. 572 (2),‎ , p. L147-L151 (DOI 10.1086/341747, lire en ligne)
  11. Avishay Gal-Yam, Eran O. Ofek et Ohad Shemmer, « Supernova 2002ap: the first month », MONTHLY NOTICES of the Royal Astronomical Society, vol. 332 (4),‎ , p. L73-L77 (DOI 10.1046/j.1365-8711.2002.05535.x, lire en ligne)
  12. Ben E.K. Sugerman, « Discovery of a Light Echo from SN 2003gd », The Astrophysical Journal Letters, vol. 632 (1),‎ , p. L17-L20 (DOI 10.1086/497578, lire en ligne)
  13. Schuyler D. Van Dyk, Li Weidong et Alexei V. Filippenko, « The Light Echo Around Supernova 2003gd in Messier 74 », Publications of the Astronomical Society of the Pacific, vol. 118 (841),‎ , p. 351-357 (DOI 10.1086/500225, lire en ligne)
  14. (en) « Supernova 2013ej in M74 » (consulté le 19 mars 2016)
  15. a et b Subhash Bose, Firoza Sutaria, Brijesh Kumar et et. al., « SN 2013ej - A type IIL supernova with weak signs of interaction », The Astrophysical Journal, vol. 806 (2),‎ (DOI 10.1088/0004-637X/806/2/160, lire en ligne)
  16. Fang Huang, Xiaofeng Wang, Jujia Zhang et et. al., « SN 2013ej in M74: A Luminous and Fast-declining Type II-P Supernova », The Astrophysical Journal, vol. 807 (1),‎ (DOI 10.1088/0004-637X/807/1/59, lire en ligne)
  17. Morgan Fraser, Justyn R. Maund, Stephen J. Smartt et et. al., « On the progenitor of the Type IIP SN 2013ej in M74 », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society: Letters, vol. 439 (1),‎ , p. L56-L60 (DOI 10.1093/mnrasl/slt179, lire en ligne)
  18. B. Dhungana, R. Kehoe, J. Vinko et et. al., « Extensive Spectroscopy and Photometry of the Type IIP Supernova 2013ej », The Astrophysical Journal,‎ soumis en 2015 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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