La Guardia Committee
Le Rapport La Guardia (La Guardia Committee) a été la première étude détaillée sur les effets de la consommation de marijuana commandé en 1939 par le maire de New York, Fiorello LaGuardia, à l'académie des sciences de New York. Il contredit systématiquement les allégations formulées par le Département du Trésor américain.
Conclusions
[modifier | modifier le code]Après plus de cinq ans de recherche les membres du comité a rédigé un catalogue de 13 points saillants[1]:
- La marijuana est utilisée intensivement dans le district de Manhattan mais le problème n’est pas aussi important que ce qu’il en est rapporté dans d’autres parties des États-Unis.
- L’usage de la marijuana est récent ici comparé à d’autres villes.
- Le coût de la marijuana est faible, elle est donc accessible à la plupart des personnes.
- La distribution et l’usage de la marijuana est centré à Harlem.
- La majorité des fumeurs de marijuana sont noirs et latino-américains.
- Le consensus entre les fumeurs de marijuana est que l’usage de la drogue crée un grand sentiment d’acceptation.
- La pratique de fumer de la marijuana ne conduit pas à la dépendance, dans le sens médical du terme.
- La vente et le contrôle de la marijuana ne sont pas sous l’emprise d’un seul groupe organisé.
- L’utilisation de la marijuana ne conduit pas à la dépendance à la morphine, à l'héroïne, ou cocaïne, et il n’y a pas de tentative de créer un marché pour ces drogues par la stimulation de la consommation de marijuana.
- La marijuana n’est pas un facteur déterminant pour les crimes majeurs.
- La consommation de marijuana n’est pas courante chez les écoliers.
- La délinquance juvénile n’est pas associée avec la consommation de marijuana
- La communication sur les effets catastrophiques de la consommation de marijuana dans la ville de New York est infondée.
Selon le Rapport La Guardia, par conséquent, la Gateway drug theory (en) est sans fondement (points 7 et 9). Par ailleurs, Washington entame une doctrine de lutte anti-drogue teintée de répression de certaines minorités, hispaniques d'abord, afro-américaines ensuite[2],[3]. L'application des lois fédérales sur les narcotiques reviennent à un organe dépendant du Trésor Américain: le Federal Bureau of Narcotics (FBN). Le fer de lance de cette doctrine anti-drogue prônant la "protection de la civilisation américaine" est Harry Ansliger (premier commissaire du FBN, 1930-1962). Il s'appuiera sur les mass-médias pour faire accepter à l'opinion publique américaine une guerre contre "l'herbe qui rend fou"[4].
Conséquences
[modifier | modifier le code]Publié en 1944, le rapport était à cette date le seul rapport scientifique apportant un résultat contraire à l'idée de prohibition.
Celui-ci différait du discours habituel du "tout-répressif", et apportait pour la première fois l'idée de traiter les consommateurs comme des personnes malades et non comme des délinquants ou criminels.
Une fois la prohibition américaine sur l'alcool, les énormes moyens du Trésor furent transférés au FBN, et certaines méthodes verront même Anslinger être mis sur la sellette pour "insurbodination", après une tentative de blocage des publications du Pr. Alfred Lindsmith[5] (Université de l'Indiana).
Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ The LaGuardia Report - Conclusions.
- ↑ « Wayback Machine » [archive du ], sur www.bu.edu (consulté le )
- ↑ (en) Stephanie Smith, « An Unwinnable War:
Harry J. Anslinger and the Origin of the War on Drugs », Article universitaire (Grand View University), disponible sur le site web de l' University of Omaha, (lire en ligne
[PDF])
- ↑ Simon Piel (Journaliste) et Thomas Saintourens (Journaliste), « Contre « l’herbe qui rend fou », Washington lance dans les années 1930 une guerre sans merci à la marijuana », Journal "Le Monde", vol. Le roman du cannabis (2/6), (lire en ligne
[html])
- ↑ (en) Carlos Caro (Scholar - University of Texas Rio Grande Valley), « A historical analysis of the reasoning and rationale behind the federal prohibition of marijuana »
, sur University of Texas Rio Grande, (consulté le )