L'Homme semence

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L'Homme semence est un court récit, à l'origine incertaine, signé par Violette Ailhaud et paru aux éditions Parole[1], qui raconte un épisode de la vie des femmes d'un village des Basses-Alpes après la répression du soulèvement républicain de 1851 et la déportation de tous les hommes.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le récit se présente comme un texte autobiographique d'une trentaine de pages de Violette Ailhaud, institutrice des Basses-Alpes née en 1835, écrit en 1919, alors que pour la deuxième fois, son village se retrouve "sans homme".

En 1852, Violette a seize ans. Son père, et tous les hommes du village, ont été déportés, dans l'élan de répression très fort qui a suivi le soulèvement républicain dans le sud est de la France, aux lendemains du coup d'État du 2 décembre 1851. Son père, qui était l'un des chefs de l'insurrection, a été envoyé au bagne de Cayenne. Son fiancé, lui, a été assassiné par les troupes de Louis-Napoléon Bonaparte. Dans son village reculé des Basses-Alpes, les femmes se sont retrouvées seules pour faire face au quotidien et au travail des champs. Entre elles, elles s'organisent, et décident que le premier homme qui viendra sera l'homme de toutes, pour ramener la vie au village. Ce premier homme est aussi, pour Violette, un premier amour, et une véritable rencontre.

Ce récit est l'occasion d'aborder tout à la fois les questions de la République, de l'engagement et de la répression, du désir féminin, de l'amour et plus que tout de la Liberté.

Histoire du manuscrit[modifier | modifier le code]

L'origine du manuscrit de L'Homme semence porte une certaine part de mystère[2].

Violette Ailhaud serait née en 1835 et morte en 1925. Le récit de L'Homme semence aurait été écrit en 1919. Le récit commence par une préface de l'auteur : « Le Saule Mort, le 19 juin 1919. J’ai décidé de raconter ce qui s’est passé après l’hiver de 1852 parce que, pour la seconde fois en moins de 70 ans, notre village vient de perdre tous ses hommes sans exception. Le dernier est mort le jour de l’Armistice, le 11 novembre dernier. Pour nous les femmes, il n’y a pas victoire mais vide et je joins mes larmes à celles de toutes les femmes, allemandes ou françaises, qui errent dans leur maison sans hommes. Je pleure ces mains fauchées faites pour nous caresser et tenir la faux pendant des heures. J’avais 16 ans en 1851, 35 ans en 1870 et 84 aujourd’hui. À chaque fois, la République nous a fauché nos hommes comme on fauche les blés. C’était un travail propre. Mais nos ventre, notre terre à nous les femmes, n’ont plus donné de récoltes. A tant faucher les hommes, c’est la semence qui a manqué. »

Un commentaire de l'éditeur précise ensuite : « Le Saule Mort est un hameau du village du Poil dans les Alpes-de-Haute-Provence. Violette Ailhaud y a vécu ses dernières années. Elle y est morte en 1925. Dans sa succession, il y avait une enveloppe qui ne pouvait pas être ouverte par le notaire avant l'été 1952. Après ouverture, la consigne indiquait que son contenu, un manuscrit, devait être confié à l'aîné des descendants de Violette, de sexe féminin exclusivement, ayant entre 15 et 30 ans. Yvelyne, 24 ans, s'est retrouvée en possession du texte de ce livre en juillet 1952. »

Le manuscrit aurait été remis à l'un des éditeurs des éditions Parole par une descendante souhaitant que ce texte vive mais désirant rester en dehors de son cheminement public[3].

Publié en 2006 par la petite maison d'édition située à Artignosc-sur-Verdon, région où est encore vivace la mémoire du soulèvement républicain de 1851, le texte connaît un succès discret et grandissant[4],[5],[6],[7], passant principalement par le bouche à oreille. Cet engouement a donné à de nombreuses compagnies de théâtre, de conte ou de danse, envie de s'en saisir et de l'adapter. Le texte a par ailleurs été traduit en plusieurs langues (allemand, italien[8], espagnol[9],[10] - Chili -, suédois[11]).

D'après une enquête du journaliste Vincent Quivy, de Slate, ce récit serait un pur roman écrit par Maria Borrély (1890-1963)[12]

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Une des versions de l'ouvrage présente une postface de Jean-Marie Guillon[13], historien à l'Université de Provence et membre de l'association 1851[14] pour la mémoire des Résistances républicaines et plus particulièrement de l'insurrection de décembre 1851.

Adaptations[modifier | modifier le code]

L'Homme semence a fait l'objet de plusieurs adaptations illustrées, et de nombreuses adaptations théâtrales.

Versions illustrées[modifier | modifier le code]

  • Bande dessinée illustrée[15] par Laetitia Rouxel[16] et Mandragore[17], coédition éditions Parole et L'Œuf[18].
  • Version illustrée de 8 linogravures originales de Maryline Viard.
  • Version audio dite par Agnès Dumouchel, conteuse.

Adaptations théâtrales[modifier | modifier le code]

L'Homme semence a fait l'objet d'un grand nombre d'adaptations de théâtre, danse et conte, notamment :

  • Base Art compagnie[19]
  • Compagnie L'arbre à mots, Agnès Dumouchel[8]
  • Compagnie L'Étoile du sud, adaptation et mise en scène d'Estelle Guihard[20],[21]
  • Adaptation de Régine Grand'Hay[22]
  • Compagnie du Simorgh[23]
  • Compagnie du Théâtre de l'arbre à plume[24].

Festival[modifier | modifier le code]

Les 31 mai, 1er et 2 juin 2013, un festival a été organisé[25] sur sept communes des Alpes-de-Haute-Provence (Clumanc, Barrème, Mézel, Estoublon, Montfort, Le Poil, Digne-les-Bains) où de nombreux artistes ont interprété L'Homme semence. Ces trois jours ont été l'occasion de montrer 19 spectacles de théâtre, conte, danse, lecture, des expositions et des conférences, des ateliers dans les écoles, et se sont terminées par un pique-nique-rencontre au village du Poil, village abandonné où Violette Ailhaud est censée avoir fini sa vie, autour de l'acteur Rufus.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Livre audio[modifier | modifier le code]

Il existe une version audio du livre disponible à la Bibliothèque sonore de Hyères.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’homme semence édition spéciale | éditions parole », sur www.editions-parole.net (consulté le 25 septembre 2018)
  2. « https://www.editions-parole.net/siteinteractifparoleeditions/wp-content/uploads/2013/02/CAUSETTE-fevrier-2013.pdf »
  3. Mandragore, L'homme semence, Artignosc sur Verdon, Coéditions Parole / L'Œuf, , 149 p. (ISBN 978-2917141571)
  4. « Toutes les femmes se jettent sur « L’Homme semence » », sur Rue89 (consulté le 7 avril 2016)
  5. « L’homme semence, de Violette Ailhaud : une pépite de lumière, loin du tumulte de la rentrée littéraire », sur Les 8 Plumes (consulté le 7 avril 2016)
  6. « «L'Homme semence», une création singulière | Le Club de Mediapart », sur Club de Mediapart (consulté le 7 avril 2016)
  7. https://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/LHomme-semence-Valentine-Goby-2016-11-03-1200800433
  8. a et b « Playground Libri - Pagina iniziale », sur playgroundlibri.it (consulté le 7 avril 2016)
  9. (es) « Un pueblo sin hombres - Revista Qué Pasa », sur Revista Qué Pasa (consulté le 7 avril 2016)
  10. « El hombre semen | », sur www.edicolaed.com (consulté le 7 avril 2016)
  11. « Såningsmannen - Elisabeth Grate Bokförlag », sur elisabethgrate.se (consulté le 7 avril 2016)
  12. Vincent Quivy, « On a retrouvé la trace de la véritable auteure de «L'Homme semence» », Slate.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2017)
  13. « Décembre 1851 : une insurrection pour la République », sur telemme.mmsh.univ-aix.fr (consulté le 7 avril 2016)
  14. « Association – Association 1851 », sur 1851.fr (consulté le 7 avril 2016)
  15. oursebibliophile, « L’homme semence, livre de Violette Ailhaud (1919) et BD de Mandragore et Laëtitia Rouxel (2013) », sur L'ourse bibliophile (consulté le 7 avril 2016)
  16. « Laëtitia Rouxel, illustratrice : Ultra-book », sur titiarouxel.ultra-book.com (consulté le 7 avril 2016)
  17. « Mandragore », sur Pré en Bulles, Festival de BD à Bédée (consulté le 7 avril 2016)
  18. « éditions L'Œuf », sur Editions L'Œuf (consulté le 7 avril 2016)
  19. « L’Homme Semence », sur base-art-cie.fr (consulté le 7 avril 2016)
  20. Association C.R.I.S, « Présentation - L'Homme Semence - Estelle Guihard - mise en scène Estelle Guihard, - theatre-contemporain.net », sur www.theatre-contemporain.net (consulté le 7 avril 2016)
  21. Estelle .Guihard, « Homme Semence - Interview des interpretes/ of Director and actors », (consulté le 7 avril 2016)
  22. BoultareauOrsini, « "L'homme Semence" de Violette Ailhaud par Régine Grand'Hay », (consulté le 7 avril 2016)
  23. « L’homme semence | Les Riches-Claires », sur lesrichesclaires.be (consulté le 7 avril 2016)
  24. Centre France, « Le Théâtre de l'arbre à plumes présente L'homme-semence », sur www.lechorepublicain.fr (consulté le 7 avril 2016)
  25. TheTv83, « Parole aux interprètes de l'Homme Semence », (consulté le 7 avril 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]