Jean Bolikango

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Jean Bolikango
Jean Bolikango at the Belgo-Congolese Round Table Conference, 1960.jpg
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Vice-premier ministre (d)
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Vice-premier ministre (d)
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Parti politique

Jean Bolikango, né le à Kinshasa, décédé le à Liège, est un enseignant, journaliste, et homme politique congolais. Il entamé une carrière politique à l'époque de l'accession du Congo belge à l'indépendance. Il a contribué à l'obtention de l'indépendance.

Il participa aux gouvernements Iléo, Iléo II et Mulamba.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le , à Léopoldville, d'une famille originaire d'Ubangi, près de Lisala (Équateur), mort le à Liège (Belgique). Fit ses études chez les RR. PP. de Scheut à Léopoldville. Entra dans l'enseignement où il devait faire une carrière de 32 ans. « Moi, dit-il, j'ai passé 32 ans dans les missions à qui je dois mon instruction et mon gagne-pain. J'étais moniteur. Mais croyez-vous qu'en 32 ans on m'ait nommé directeur de la plus petite école ? Jamais. Je suis entré chez les pères en 1919; ce n'est qu'en 1954 qu'ils m'ont fait manger à leur table ! Mais, ajoute-t-il, je n'ai aucune rancœur. Le passé est passé. » En 1958, il prit en charge le service des relations publiques au pavillon des Missions à l'exposition de Bruxelles ; fut ensuite chargé de mission à Inforcongo avant d'être nommé () commissaire général adjoint à l'Information au Gouvernement général à Léopoldville. Durant son séjour en Belgique, a assisté le Prof. Burssens à l'Université de Gand dans ses cours de langues africaines.

Président général de l'Association des anciens élèves des Pères Scheut (ADAPES), M. Bolikango a été un des proches collaborateurs du R. P. de la Kéthulle Ryhove. Fit son premier voyage en Europe pour les obsèques de celui-ci. Moniteur, il a été le professeur de la plupart des jeunes Congolais qui allaient constituer le comité de rédaction de "Conscience africaine" dont le manifeste, publié en 1956 a marqué le départ de l'évolution politique du Congo. Et ses petits frères de la même école : 1.Joseph Malula, 2.José Lobeya, 3.Joseph Ileo, 4.Albert Nkuli, 5.Dominique Zangabie et 6.Antoine Ngwenza qui sont les véritables Fondateurs "Du GROUPE:CONSCIENCE AFRICAINE". Et enfin Mr. Bolikango aussi avait collaboré dans ce Groupe "des Grands Journalistes, de la Conscience Africaine) Parmi ses anciens élèves, on peut citer : MM. Cyrille Adoula, Georges Grenfell, Jacques Massa, Albert Mongita, Emile Nyimi, Arthur Pinzi, etc.

Vice-premier ministre, ministre de l'Information et des Affaires culturelles dans le deuxième gouvernement Iléo (). Ministre de l'Information dans le premier gouvernement Iléo (), fut également chargé de la Défense nationale après la démission de M. Moanda (). Député national (P.U.NA.) Équateur, circonscription Mongala ; élu avec 53121 voix de préférence (). Président du P.U.NA. Président de l'État du Congo Ubangi un des 20 États autonomes reconnus par la Conférence nationale de Coquilhatville (avril-).

Commissaire Général adjoint à l'Information du Gouvernement général à Léopoldville (1959), le poste le plus élevé occupé par un Congolais dans l'administration belge au Congo; M. Bolikango renonça à cette fonction pour participer à la Table Ronde politique (Bruxelles, janvier-) où il siégea comme délégué de l'Assoreco ; fut membre du bureau de la Conférence.

On trouve le nom de M. Bolikango à l'origine de plusieurs initiatives qui ont toutes eu pour ambition l'essor des élites congolaises. C'est ainsi qu'il fut l'un des promoteurs de l'U.N.I.S.C.O., cercle d'études fondé en 1946 par les dirigeants d'associations congolaises d'anciens élèves ; ce fut M. Bolikango qui fit admettre M. Kasa-Vubu à l'U.N.I.S.C.O. M Bolikango prit l'initiative de l'Interfédérale des groupes ethniques, dont il fut d'ailleurs le premier président. Pour lui l'avenir du Congo est dans un regroupement de ses forces; inversement sa perte est dans l'éparpillement.

D'abord président de la Fédération des Bangala "Liboke Ya Bangala", M. Bolikango créa le jour même où s'ouvrirait la Table Ronde politique à Bruxelles () le F.U.B., ou " Front de l'Unité Bangala" qu'il transforma dès le congrès de Lisala () en P.U.NA. (Parti de l'Unité Nationale); toutefois, malgré son titre, le P.U.NA. n'a pas réalisé pleinement son objectif d'unité.

Dans une lettre aux étudiants ruandais de Belgique (), M. Bolikango s'était prononcé pour une unité supra-nationale de l'Afrique.

M. Bolikango allait essuyer coup sur coup deux échecs : lors d l'élection aux fonctions de chef de l'État, M. Kas-Vubu allait l'emporter par 159 voix contre 43 à M. Bolikango ; pour la présidence de la Chambre M. Joseph Kasongo fut élu par 74 voix contre 58 à M. Boilkango. Aucun portefeuille ne lui fut offert par M. Lumumba. M. bolikango réclamait la Défense Nationale

Dès , inspiré par la situation qui se développait dans les provinces et peut-être par l'exemple du Katanga et du Sud-Kasï, M. Bolikango se prononce pour "une république de l'Équateur dans un Congo confédéral". C'est l'occasion pour M. Lumumba de tenter de venir à bout du leader le plus actif de l'opposition: le président du P.U.NA. passa le mois d'août à changer de domicile tous les soirs; il est arrêté le à Gemena et inculpé * d'atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l'État", d'incitation à la révolte. Le président du Sénat M. Iléo interviendra pour qu'il soit libéré ; des soldats Bangala assureront sa protection mais il n'est en fait en sécurité qu'avec la révocation de M. Lumumba ().

En fait, les deux hommes n'avaient pas tardé à se heurter de front. Dès , M Bolikango dénonçait les actes « de véritable barbarie » qui marquaient la campagne électorale dans certaines parties du Congo, et aussi les dangers de la surenchère que le slogan d'indépendance a déclenché, "ce mot magique, dit M. Bolikango, exploité par les uns, mal compris par les autres".

Le président du P.U.NA., et d'autres avec lui, devait échouer dans le projet de constituer un cartel post-électoral des modérés qui eût barré la route du pouvoir à M. Lumumba, lequel sut prendre ses adversaires de vitesse et aussi les diviser. Les conflits de personnes au sein des modérés lui facilitèrent la tâche.

Quand (octobre-) M. Lumumba échafauda les combinaisons ministérielles qui devaient, selon lui, le ramener au pouvoir, l'ancien Premier Ministre tenta d'attirer dans son jeu le leader du P.U.NA.

En , alors que le premier gouvernement Iléo dont il fait partie est « neutralisé », M. Blikango conduit en Europe une importante délégation du P.U.NA. C'est la remise en marche du pays qui le préoccupe ; c'est, à ses yeux, une question d'investissements et de techniciens (nous n'avons pas à rougir d'avoir besoin de techniciens étrangers") ; pour que les uns et les autres viennent au Congo, il faut la sécurité. "Tout, confie-t-il, au journal Le Soir, dépend de l'armée ; c'est elle, et confusion qu'on y a mis, qui furent à l'origine de tous nos malheurs. C'est d'elle, et d'une discipline retrouvée celle d'avant le que doit venir notre salut."

M. Bolikango participe à la Conférence de Tananarive (). À la suite de l'accord conclu qui prévoit une constitution fédérale, l'Ubangi se déclare autonome et se donne pour chef M. Bolikango et pour capitale Gemena (). À la Conférence nationale de Coquilhatville (), le Président du P.U.NA. désapprouve le sort qui a été fait à M. Tshombe et à son ministre des Affaires étrangères, député national, M. Kimba. La Conférence de Coquilhatville devait retenir l'idée non d'un État, mais bien de trois États pour le territoire de l'ancienne province de l'Équateur : État mongo (M. Bomboko), État du Congo Ubangi (M. Bolikango), État de l'Ubangi (M. Anekonzapa).

M. Bolikango n'est pas loin de partager l'avis de M. Tshombe lorsque celui-ci dit qu'il faut laisser aux particularismes locaux le temps de « faire leur maladie » et aux regroupements le temps de s'opérer d'eux-mêmes, sans violence ni coercition.

A été chargé de conduire la négociation avec le gouvernement de Stanleyville en vue de la participation des élus de province orientale et du Kivu à la reprise des travaux du parlement (mai-juin). Il avait d'abord été prévu que M. Bolikango se rendrait à Stanleyville avec M. Kamitatu ; ses partisans ont redouté un piège et M. Kamitatu s'est rendu seul auprès de MM. Gizenga et Gbenye mais lorsque le gouvernement de Stanleyville a envoyé des émissaires à Léopoldville (), M. Bolikango a conduit la négociation pour le gouvernement central avec MM: Adoula et Lihau. A refusé la vice-présidence qui lui a été offerte dans le gouvernement Adoula ().

Écrivain, M. Bolikango est l'auteur d'un roman, Mondjeni Mobe (Le hardi), qui fut couronné par les journées d'études internationales africaines de la Foire Internationale de Gand ; journaliste, il a collaboré à La Croix du Congo (devenu ensuite Horizons) et à Conscience africaine. Il a créé () un journal La Nation congolaise.

A été membre suppléant du Conseil de Province pour Léopoldville. Médaille de bronze pour service rendus, médaille de l'ordre Royal du Lion, Bene merenti du Saint-Siège, médaille d'or de l'Association Royale Sportive Congolaise et médaille commémorative du voyage, 1955

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Qui sont les leaders congolais ?, collections "CARREFOURS AFRICAINS" dirigée par Jacques MARRES de Pierre ARTIGUE. Achevé d'imprimer le Éditions EUROPE-AFRIQUE. Distribué par l'Office International de Librairie, 30, avenue Marnix BRUXELLES 5 (Belgique).

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