Institut national d'hygiène

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L'Institut national d'hygiène, ou INH, était un institut français de santé publique créé par le gouvernement en 1941 qui préfigura l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) qui lui succéda en 1964. Durant 25 ans cet institut modernisera profondément la recherche médicale française.

Historique[modifier | modifier le code]

Héritier de l'Office national d'hygiène sociale supprimé en 1934[1], l'INH est créé le 30 novembre 1941 par Serge Huard, secrétaire d'État à la santé, sous l'impulsion d'André Chevallier qui en deviendra directeur en février 1942[2] a pour mission d'« effectuer des travaux de laboratoire intéressant la santé publique, coordonner les enquêtes sanitaires menées dans le pays. Celui-ci est chargé de doter le pays de l’appareil de statistiques épidémiologiques qui lui fait défaut, mais également de recherches sur l’utilisation des vitamines pour pallier les pénuries alimentaires du fait de guerre ». Il est alors divisé en quatre sections :

  • Section de la nutrition chargée de l’alimentation infantile
  • Section des maladies sociales attachée à l’étude de la tuberculose, de l’alcoolisme et de la syphilis, mais également du cancer
  • Section d’hygiène, essentiellement chargée des problèmes d’adduction d’eau et de médecine du travail
  • Section d’épidémiologie

En 1946, Robert Debré en prend la présidence, nomme Louis Bugnard directeur de l'INH, et décide de créer des liens puissants entre la clinique et la recherche en créant notamment des structures de recherche qui deviendront les futures unités INSERM et en mettant en place le 18 mai 1946 le premier conseil scientifique de l'INH.

Louis Bugnard décidera d'aligner les statuts des médecins-chercheurs sur ceux du personnel du CNRS et associe étroitement les deux organismes à partir de 1948. Il oriente l'INH vers la physique médicale en créant une étroite collaboration avec le CEA.

Dans les années 1950 marquées par la « révolution thérapeutique » (découverte des antibiotiques et développement des vaccins), viendra l'époque de collaboration et de concurrence avec l'Association Claude Bernard (ACB) fondée par des médecins-chercheurs de l'INH tels que Jean Bernard, Jean Hamburger, René Fauvert, Raoul Kourilsky, Gabriel Richet, pour lesquels l'institut ne peut mener à bien sa mission de recherche médicale avec les moyens alloués[3].

L'âge d'or de l'INH de 1956 à 1962, avec le retour au pouvoir de Charles de Gaulle et l'effort de recherche sans précédent initié dans le pays, conduira à l'ouverture de nombreux centres de recherche de l'ACB. En parallèle sont créés les CHUs en 1958, permettant de créer les conditions favorables à la réorganisation de l'INH au sein d'un plus grand institut adossé à l'hôpital et d'harmoniser les initiatives de l’INH et de l’Association Claude Bernard : ce sera l'acte de naissance de l'INSERM.

Le décret du 18 juillet 1964 fera de l'Institut national d'hygiène, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) dirigé par Eugène Aujaleu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Bernard Wojciechowski, Hygiène mentale et hygiène sociale, Éditions L'Harmattan, , p. 48
  2. [PDF] Biographie d'André Chevallier « Copie archivée » (version du 22 septembre 2013 sur l'Internet Archive) réalisée par l'Inserm.
  3. Bruno Valat, Histoire de la sécurité sociale (1945-1967): l'État, l'institution et la santé, Économica, , p. 200

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]