Henry Goüin

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Henry Goüin
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Suzanne du Buit (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Abbaye de Royaumont - Plaques passage-parloir 01.jpg

Plaque commémorative à Royaumont.

Henry Goüin est un industriel, mélomane et mécène français, président-fondateur de la Fondation Royaumont, première fondation privée à but culturel voyant le jour en France et ayant été reconnue d'utilité publique. Il nait à Paris le et meurt le [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Henry Goüin, âgé de sept ans, assis au centre sur les genoux de son oncle Ernest II, entouré de sa famille, sur le perron du palais abbatial de Royaumont.

Henry Goüin est le fils d'Édouard Goüin et de Suzanne du Buit (remariée au comte Louis de Ségur-Lamoignon). Il épouse, en 1931, Isabel Lang, d'une famille fortunée d'industriels alsaciens, sœur du pianiste François Lang et nièce de David David-Weill[2], chef de la Banque Lazard, régent de la Banque de France et grand collectionneur d'art. Henry est le beau-père du marquis Georges de Lastic et de Philippe Daudy.

Il est élève au lycée Carnot, à l'école Bossuet et au lycée Louis-le-Grand, et s’engage en 1918 dans le 32e régiment d'artillerie.

Industriel[modifier | modifier le code]

Il entre en 1922 au conseil d'administration de la Société de construction des Batignolles, auquel il reste jusqu'en 1968. Il prend aussi la direction, puis la présidence des Batignolles-Châtillon, et devient administrateur entre autres de la Société des Hauts-Fourneaux, forges et aciéries du Saut-du-Tarn, de la Banque de l'Union européenne et financière et de la Compagnie des diesels rapides automobiles.

Il s’engage en 1940, est fait prisonnier et est déporté sous l'Occupation. À la Libération, le 24 mai 1945, il est élu à la présidence de la Société de construction des Batignolles[3]. Il y assure l'intérim de son oncle Ernest-Georges Goüin.

Il fonde et préside l'Association des jardins ouvriers des Batignolles (AJOB) à destination des ouvriers des usines nantaises des Batignolles, avec un concours et un prix annuel.

Il soutient financièrement en 1953 la création de L'Express[4],[5], aux côtés d'Antoine Riboud, du comte Charles de Breteuil, de Lucien Rachet, des Gradis[6],[7], qui seront suivis par Jean Riboud et la famille Seydoux[5],[8].

Il est officier de la Légion d'honneur et décoré de la croix de guerre 39-45.

Mélomane et mécène[modifier | modifier le code]

Mélomane, il fait agrandir et construire, par l'architecte Pierre Barbe, un salon de musique dans son hôtel particulier de l'avenue Milleret-de-Brou en 1932[9], et y fait installer un orgue Gonzalez. Son salon de musique devient l'un des plus prisés de Paris[10]. Il est administrateur de La Revue musicale, de la Société internationale pour la musique contemporaine et de la Société des amis du Louvre[11], délégué du Comité de la musique, et, est nommé directeur de l'Association des Concerts de La Revue musicale en 1935, en remplacement d'Henry Prunières. Il est avec sa mère, la comtesse de Ségur-Lamoignon, associé majoritaire de la Société Rapports Culturels Internationaux (Soracin).

Il est membre du comité d'honneur des « Amis de la Jeune France » à sa fondation en 1938, de l'Automobile Club de France et du Cercle de l'Union interalliée.

Royaumont[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Abbaye de Royaumont et Fondation Royaumont.

En 1936, Henry Goüin lance les premiers concerts publics à l'abbaye de Royaumont. Le succès de ceux-ci le pousse à faire de l’ancienne abbaye un centre d’accueil pour artistes : il crée donc en 1938 l'Association du Foyer de l’abbaye de Royaumont. La guerre met un terme à l'initiative.

Royaumont accueille dans l’immédiat après-guerre des artistes et intellectuels revenus de détention ou de déportation. En 1947, Henry Goüin fait renaître l’ancien Foyer de Royaumont sous l’appellation de Centre international de Royaumont, puis en 1953[12], de Cercle culturel de Royaumont (sous la direction de Gilbert Gadoffre). II prend le relais des Décades de Pontigny[13] et rachète en 1949 la bibliothèque de Paul Desjardins. Le cercle culturel de Royaumont reçoit le diplôme Prestige de la France de Louis Armand, membre de l'Institut.

En 1964, il crée, avec l'appui d'André Malraux, la Fondation Royaumont (Goüin-Lang) pour le progrès des Sciences de l’Homme, première fondation privée à but culturel voyant le jour en France et qui devient la première Fondation reconnue d’utilité publique (18 janvier 1964) créée en France. Il fait don de l'abbaye de Royaumont[14] et d'un capital à la nouvelle fondation. Il met en place également un système de mécénat collectif pour subvenir aux besoins de la Fondation[15],[16], aujourd'hui le Comité Henry Goüin[17].

En parlant de Royaumont, il disait : c'est ma danseuse, mon yacht et mes chevaux de course tout à la fois[18].

Postérité[modifier | modifier le code]

En décembre 2003, Jérôme Chartier relance le cycle des Entretiens de Royaumont qui avait disparu au début des années 1960, pour en faire le rendez-vous annuel de la réflexion politique française.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • « Abbaye de Royaumont : histoire et guide » (1917)
  • « L'Abbaye de Royaumont: par Henry Goüin. Ouvrage illustré de 41 gravures et 1 plan » (1932)
  • « L'abbaye de Royaumont » (1964, 1967, 1985)
  • « Royaumont : Mons Regalis » (1990)

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Mort de M. Henri Goüin, créateur de la Fondation Royaumont », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. Entreprises et histoire, Numéros 11 à 13, Institut d'histoire de l'industrie, Centre national des lettres, 1996.
  3. « Entreprises et histoire, Numéros 11 à 13 », Editions ESKA, 1996
  4. Yann Moncomble, Quand la presse est aux ordres de la finance, .
  5. a et b Gabriel Milési, Les dynasties du pouvoir de l'argent, Éditions Michel de Maule, , p. 289.
  6. Jean Paulhan, Chroniques de Jean Guérin : 1953-1964, Éditions des Cendres, , p. 112.
  7. Défense de l'Occident, Numéros 20 à 29, 1955.
  8. Françoise Giroud, On ne peut pas être heureux tout le temps, Fayard, .
  9. "Hôtel particulier de Henri Goüin, avenue Milleret-de-Brou, Paris 16e. 1932-1962" (archiwebture.citechaillot.fr)
  10. Jean Roger-Ducasse et Jacques Depaulis, Lettres à Nadia Boulanger, Éditions Mardaga, .
  11. « Connaissance des arts, Numéros 303 à 306 », Société Française de Promotion Artistique., 1977
  12. « La vie universitaire », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. Discipliner les sciences sociales. Les usages sociaux des frontières scientifiques, Editions L'Harmattan, .
  14. « M. Goüin va donner l'abbaye de Royaumont à une Fondation culturelle », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. « Un appel au mécénat collectif pour soutenir le cercle culturel de Royaumont », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  16. « Un "mécénat collectif" permettra le fonctionnement de la Fondation Royaumont », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  17. « Le Comité Henry Goüin célèbre 20 ans de mécénat collectif ».
  18. « Le mécénat à l'heure des managers », Le Monde,‎ (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nathalie Le Gonidec, Des Batignolles à Royaumont, .
  • Jean-François Belhoste, Royaumont au XIXe siècle
  • Anne Burnel, La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin, Librairie Droz, (ISBN 2600000941, lire en ligne) (extraits en ligne).
  • A. Crespelle, « Henry Goüin 1900-1977 », dans Encyclopædia Universalis, Universalia, .
  • Jean Monville et Xavier Bezançon, Naître et renaître, une histoire de SPIE, (réimpr. 2011).
  • « L'Express, Numéros 759 à 764 ; Numéros 766 à 770 », Presse-Union (1966)
  • « Demain, premier concert à l'Abbaye de Royaumont : Un entretien avec M. Henry Goüin », Le Figaro,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]