Henri Arondel

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Henri Arondel
Arondel Henri Joseph Charles 1827-1900 self portrait.jpg

Autoportrait vers 1870

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
Saint-MaloVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Henri Joseph Charles Arondel ( - )[1] est un artiste-peintre français du XIXe siècle. Il est né, a vécu et est mort à Saint-Malo dont il a été conseiller-municipal. C’était un personnage pittoresque de sa ville, dont le musée recèle encore deux œuvres, deux autres ayant brulé dans l’incendie de l’hôtel de ville en 1944, où étaient stockées les collections.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né le 13 juin 1827, d’un père cordonnier et d’une mère couturière, premier d’une famille de six enfants. Son parcours particulier le voit suivre une succession étonnante de métiers et de charges électorales peu courante pour une seule vie. Bottier jusqu'après 1870, conseiller municipal de 1881 à son décès, artiste peintre dès avant 1864, puis professeur de dessin peu avant 1894 il exercera toutes ces fonctions dans sa ville natale[2].

Il siège à la « Commission des beaux-arts » de la ville, commission qui veille aux acquisitions artistiques de sa commune pendant son mandat électoral[3]. Dans le même temps cette commission se porte acquéreur de plusieurs de ses toiles. Même si les relevés des décisions du conseil municipal de l’époque précisent qu’il se lève de table au moment de telles délibérations, le procédé porte maintenant à sourire. Mais cela laisse plus l’impression d’un tempérament de paysan madré que de franches malversations[4].

En 1891 un de ses fils épouse la fille d'un autre artiste breton Paul Guibé (1841-1922).

Il meurt le 10 avril 1900, doyen du conseil municipal et laissant derrière lui une famille de six enfants. Le maire de l’époque, Charles Jouanjan, lui dédiera un long et vibrant hommage funèbre, intégralement publié dans le journal local, vantant « la loyauté de son caractère, son talent (artistique) justement apprécié » et le fait qu’il soit un « républicain sincère » et « un patriote ardent ». Le journal précise encore que ses obsèques ont été suivies «  d’un immense cortège »[5].

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Calfatage d'un navire. Huile sur toile vers 1880

Ce peintre autodidacte a laissé une profusion singulière de toiles à la postérité, dont beaucoup montrent de réelles qualités. Ses paysages montrent des ciels remarquablement exécutés, d’une facture le rapprochant de l’école romantique. On lui connaît quelques portraits de membres de sa famille et, au moins un autoportrait. Il produira également une longue suite de natures mortes.

Si on retrouve parfois ses œuvres sur le marché de l’art[6], il ne faut toutefois pas le confondre avec son homonyme et contemporain, également marchand et peintre, mais dont le prénom est Antoine Jean Marie et qui est parisien.

Une dernière citation des délibérations de la Commission des beaux-arts de la ville donne une image truculente du personnage :

« M. Arondel, maître cordonnier à Saint-Malo, a toutes les aspirations d'un véritable artiste, et en a aussi le talent. (...) M. Arondel, au lieu d'employer en amusements futiles, en folles dissipations les journées de repos que lui laissent les travaux ordinaires, parcoure (sic) les campagnes, son chevalet sur le dos, s'arrête devant chaque point de vue qui le frappe et rapporte chez lui le fruit de ses études. Le tableau que nous vous proposons d'acheter représente une vue de l'étang de Marville[7]. »

Ce tableau fut effectivement acheté, mais est perdu aujourd'hui.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dans les collections du Musée de Saint-Malo[8]
  • Voiliers dans la baie près du Phare du Jardin, huile sur toile, 1868
  • La Tour Solidor, pastel. Non daté.
  • La prise du Château par les Malouins en 1590, détruite en 1944
  • L’étang de Marville, détruite en 1944
Œuvres choisies dans des collections particulières

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://gw1.geneanet.org/histogendol?lang=fr;p=henri+joseph+charles;n=arondel
  2. Relevés d'actes d'état civil. Archives départementales des Côtes d'Armor
  3. Saint Malo, 2000 ans d'histoire ; Gilles Fourqueron, p64
  4. Relevé des délibérations du conseil municipal de Saint-Brieuc
  5. Hebdomadaire La République 14 avril 1900
  6. Ouest France 1er novembre 2008
  7. PV conseil municipal SMD27 2MI81 1864
  8. Correspondance entre le conservateur des Musées de Saint Malo et la famille du peintre vers 2000

Lien externe[modifier | modifier le code]