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Helvelle lacuneuse

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Helvella lacunosa

Collection de sporophores de H. lacunosa en Norvège.

Helvella lacunosa, l'Helvelle lacuneuse, est une espèce de champignons ascomycètes de la famille des Helvellacées caractérisée par ses teintes sombres, son pied lacuneux et son chapeau lobé plus ou moins en forme de selle ou de mitre.

Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Helvella lacunosa Afzel.[1].

Helvella lacunosa a pour synonymes[1] :

  • Boletus leucophaeus Battarra
  • Costapeda lacunosa (Afzel.) Falck
  • Helvella cinerea (Afzel.) Rea
  • Helvella costata Berk.
  • Helvella crispa var. pallescens Schaeff., 1774
  • Helvella infula var. nuda (Afzel.) Pers.
  • Helvella leucophaea Pers.
  • Helvella manacella Schaeff..
  • Helvella mitra Schaeff.
  • Helvella monacella Schaeff.
  • Helvella pallescens Schaeff.
  • Helvella scutula var. cinerea
  • Helvella subcostata Cooke
  • Helvella sulcata Afzel.
  • Krombholziella leucophaea (Pers.) Imler
  • Lachnea leucophaea (Pers.) P.Karst.
  • Phallus brunneus Batsch

Phylogénie

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Le naturaliste écossais John Lightfoot l'a décrite pour la première dans son ouvrage Flora Scotica, publié en 1777, en l'appelant Helvella mitra[2]. Elle a ensuite été formellement décrite par le botaniste suédois Adam Afzelius en 1783[3].

Carl Von Linné (1737, 1753) a proposé le genre Elvela (= Helvella, orth. var.) pour Elvela mitra (= Helvella crispa ss. Fries (1822)). Fries (1822) a créé la famille des Elvellaceae, qui a ensuite été rebaptisée Helvellaceae (Corda 1842)[4].

Étymologie

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L'épithète spécifique lacunosa, qui vient du latin lăcūnā, qui signifie « cavité » ou « lacune », fait référence aux rainures profondes du pied ou bien de la structure creuse de cette espèce, bien que ces caractéristiques se retrouvent également chez d'autres Helvelles. Helvella est quant à lui un terme ancien qui désignait à l'origine une herbe aromatique[5].

Noms vulgaires et vernaculaires

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Ce taxon porte en français le nom vernaculaire ou normalisé suivant : Helvelle lacuneuse[1],[6].

Elle est également parfois nommé plus familièrement "Bonnet de capelan" ou encore "Morille d'automne" (terme qui peut prêter à confusion car il est de même utilisé pour désigner le Sparassis crépu (Sparassis crispa)), bien qu'en général ces termes soient des noms assez vagues et inexacts s'appliquant à n'importe quelle espèce d'Helvelle, mais néanmoins répandus dans les zones où ces espèces sont connues des locaux et traditionellement consommées.

Noms vernaculaires dans d'autres langues

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Description du sporophore

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Son chapeau mesure 3 à 5,5 cm, il est lobé, formé de trois ou quatre lobes enroulés vers le haut ou vers le bas ressemblant plus ou moins à une selle ou une mitre. L'hyménium est situé sur la face supérieure du chapeau, il est lisse à ondulé et rugueux, surtout dans la partie supérieure, pruineux, de couleur gris, gris noirâtre, gris-brun sombre, brun noirâtre à noir. La face stérile inférieure du chapeau est lisse, gris blanchâtre, gris cendré à gris[7],[8].

Le stipe mesure 3 à 11 cm x 2 à 3 cm, il est cylindrique ou légèrement renflé à la base, couvert de lacunes, sillons profonds soudés entre eux à la manière de côtes, de couleur blanche, grisâtre ou gris foncé[7],[8].

Sa chair est blanche, résistante et élastique, surtout au niveau du pied, plus cassante au niveau du chapeau. Sa saveur est douce et son odeur est faible, peu perceptible, un peu de croûte de pain[8],[7].

Caractéristiques microscopiques

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Ses spores mesurent 17 à 19 x 9 à 11.5 (12.6) µm, elles sont elliptiques, lisses et incolores[8], hyalines, avec une grande guttule centrale. Les asques mesurent 280 à 320 µm x 10 à 16 µm, à 8 spores, unisériées, non amyloïdes, hyalines. Les paraphyses mesurent 3 à 6,5 µm, elles sont cylindriques, septées, avec l'apex renflé ou claviforme, hyalines ou avec un pigment brun grisâtre. L'excipulum ectal forme une palissade d'hyphes plus ou moins parallèles, avec des septa courts, avec des éléments terminaux claviformes pouvant atteindre 15 à 20 µm, avec des parois épaisses, pigmentées de gris ou de brunâtre[7].

Habitat et distribution

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C'est une espèce saprophyte très commune qu'on retrouve du printemps à l'automne[7], on la trouve sous feuillus et conifères[8], en forêt, souvent sur terre nue[9], sur les bords de chemins, le bois en décomposition et parmi les herbes[10]. Elle prospère dans les environnements humides et frais, grâce à sa grande capacité d'adaptation. C'est une espèce synanthrope, capable de coloniser des environnements modifiés par l'homme, tels que les champs cultivés, les parcs urbains et les jardins domestiques. Cependant, elle est tout aussi commune dans les milieux naturels, notamment les clairières, les lisières des sentiers forestiers et les forêts de feuillus ou de conifères[5].

Deux Helvelles lacuneuses poussant sur la pelouse d'une cour extérieure.

Elle préfère les sols sableux ou brûlés, riches en matière organique en décomposition et en débris ligneux. Elle pousse aussi bien en petits groupes qu'en spécimens isolés. La fructification a lieu principalement en automne et peut se poursuivre jusqu'aux premières froides journées d'hiver. Dans certaines régions, cependant, elle peut également apparaître au printemps, démontrant une capacité remarquable à fructifier lorsque les températures sont optimales, comprises entre +12 et +24 °C. Elle se développe particulièrement bien sur des sols bien drainés et légèrement ombragés, où les températures restent modérées. Elle est en revanche moins commune dans les environnements excessivement chauds ou secs, préférant des conditions de fraîcheur et d'humidité constantes, essentielles à son développement[5].

Elle est largement répandue dans les régions tempérées du monde entier. En Europe, elle est présente dans de nombreux pays, des régions nordiques comme la Scandinavie et le Royaume-Uni aux régions méridionales comme l'Italie, la Suisse, la France et l'Espagne. En Italie, on la trouve principalement dans les zones inondables et les plaines fluviales sablonneuses et humides, au sein d'écosystèmes hygrophiles. Elle est souvent associée au peuplier tremble (Populus tremula), au peuplier blanc (Populus alba), au saule blanc (Salix alba) et à l'orme (Ulmus spp.), partageant les habitats typiques des morilles (Morchella spp.), avec lesquelles elle présente des préférences écologiques similaires. En Amérique du Nord, l'espèce est répandue aux États-Unis et au Canada, principalement dans les forêts tempérées, avec un cycle de croissance automnal similaire à celui de l'Europe. En Asie, elle a été signalée dans plusieurs régions, dont le Japon, où le climat tempéré et humide favorise son développement[5].

Comestibilité et toxicité

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La comestibilité officielle de l'Helvelle lacuneuse a fluctué au cours du temps tout comme avec l'Helvelle crépue (Helvella crispa), d'abord consommée traditionnellement dans nombre de pays et de régions, et connue comme toxique crue ou mal cuite, puis rangée par la suite comme toxique tout court ou suspecte et à éviter de par la suspicion de la présence de gyromitrine dans ses composés dans les années 80. Cette suspicion a été démontrée comme infondée par les dernières études mycotoxicologiques, ces deux Helvelles pouvant de nouveau être reconsidérées comestibles, sans pour autant manquer de rappeler qu'une cuisson complète est primordiale pour éliminer des toxines thermolabiles contenuesans ces espèces[11].

Confusions possibles

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  • Helvella juniperi
    Helvella juniperi, mais qui vient sous Cistes et Genévrier en région méditerranéenne sur les sols sablonneux derrière les dunes, elle a le pied grisâtre en haut et blanchâtre en bas, est un peu plus petite et a des spores plus longues (18–24,5 x 9,5–14 µm). On peut la trouver à la fin de l'automne mais c'est une espèce principalement printanière[12],[10],[13],[14].
  • Helvella nigra, mais qui a un stipe gris noir à noir, a un hyménium plus ou moins ridé-veiné[15] et possède des paraphyses pliées en forme de "battes de golf". À la dessication, son hyménium devient encore plus sombre alors que celui de H. lacunosa reste clair, contrastant avec la surface inférieure du chapeau et le stipe[4].
  • Helvella semiobruta
    Helvella semiobruta, mais qui est minuscule (1-4 cm), au chapeau plus ou moins convexe un peu en selle, au stipe court et qui vient sous les Cistes en région méditerranéenne de décembre à mars[12].
  • Helvella neopallescens
    Helvella neopallescens, mais qui est plus petite, a un chapeau bien en forme de selle et un pied blanc à gris clair, avec des spores un peu moins longues (16.1–16.8 × 9.2–9.6 µm), de plus les côtes longitudinales de son pied ne forment généralement pas de "trous". Un recours à l'ADN semble cependant nécessaire pour la séparer avec sûreté de H. lacunosa[12],[13].
  • Helvella fuscolacunosa, mais qui est plus petite, a de légères teintes brunes sur son chapeau gris à noir et a un pied blanchâtre. Comparée à d'autres espèces, ses spores sont plus petites et plus larges que celles de H. fusca et H. neopallescens. Un recours à l'ADN semble cependant nécessaire pour la séparer avec sûreté de H. lacunosa[12].
  • Helvella iberica, qui est très semblable morphologiquement à H. juniperi ci-dessus et est plutôt printannière comme elle, mais sa marge du chapeau ne fusionne à aucun endroit avec le pied et ses spores sont un peu moins longues (18,2–21,8 x 10,8–13,8 µm). Un recours à l'ADN semble cependant nécessaire pour la séparer avec sûreté de H. lacunosa[12].
  • Helvella hispanica, très semblable mais dont la marge du chapeau ne fusionne généralement à aucun endroit avec le pied. Un recours à l'ADN semble cependant nécessaire pour la séparer avec sûreté de H. lacunosa[16].
  • Helvella inexpectata, très semblable mais qui a un chapeau plus ou moins convexe, un pied plus court blanc grisâtre avec des lacunes parallèles et des rainures profondes entre elles. Un recours à l'ADN semble cependant nécessaire pour la séparer avec sûreté de H. lacunosa[12].
  • Helvella sulcata, qui est très semblable mais qui un chapeau selliforme plus régulier, un pied sillonné peu fistuleux[17] et des spores un peu moins longues (14.8–16.8 × 10.5–13.2 µm). Un recours à l'ADN semble cependant nécessaire pour la séparer avec sûreté de H. lacunosa[4],[12].
  • Helvella palustris, qui a un stipe grêle et élancé et qui pousse le long des ruisseaux et dans les tapis de mousse épais des tourbières riches et minérales des zones subalpines[4],[12].
  • Helvella terricola, très semblable à H. palustris mais qui pousse dans les sols nus et humides et non pas dans les marais contrairement à cette dernière[4].
  • Helvella fusca, qui a un chapeau moins irrégulier, plus en forme de selle, plutôt brun ochracé et qui pousse au printemps sous les peupliers[8].

Bibliographie

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  • Régis Courtecuisse et Bernard Duhem, Guide des champignons de France et d'Europe, Paris, Delachaux et Niestlé, , 480 p. (ISBN 2-603-00953-2)
  • Marcel Bon: Champignons de France et d’Europe occidentale (Flammarion, 2004)
  • Dr Ewaldt Gerhardt: Guide Vigot des champignons (Vigot, 1999) - (ISBN 2-7114-1413-2)
  • Roger Phillips: Les champignons (Solar, 1981) - (ISBN 2-263-00640-0)
  • Thomas Laessoe, Anna Del Conte: L’Encyclopédie des champignons (Bordas, 1996) - (ISBN 2-04-027177-5)
  • Peter Jordan, Steven Wheeler: Larousse saveurs - Les champignons (Larousse, 1996) - (ISBN 2-03-516003-0)
  • G. Becker, Dr L. Giacomoni, J Nicot, S. Pautot, G. Redeuihl, G. Branchu, D. Hartog, A. Herubel, H. Marxmuller, U. Millot et C. Schaeffner: Le guide des champignons (Reader’s Digest, 1982) - (ISBN 2-7098-0031-4)
  • Henri Romagnesi: Petit atlas des champignons (Bordas, 1970) - (ISBN 2-04-007940-8)
  • Larousse des champignons édition 2004 sous la direction de Guy Redeuilh - (ISBN 2-03-560338-2)
  • Guillaume Eyssartier & Pierre Roux : Guide des champignons – France et Europe – 4ᵉ édition, Belin, 2017.
  • Régis Courtecuisse & Bernard Duhem : Champignons de France et d'Europe, Delachaux, 2013.
  • Thomas Læssøe & Jens H. Petersen : Les champignons d’Europe tempérée, volume 1 et 2, Biotope, 2020.
  • Jean-Claude Gerber & Nicolas Schwab : Champignons, guide de terrain : 2ᵉ édition revue et augmentée, Rossolis, 2023.

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. a b et c GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 15 décembre 2024.
  2. Lightfoot, John. Flora Scotica: or, a systematic arrangement, in the Linnaean method, of the native plants of Scotland and the Hebrides. Vol. 2. London: B. White. p. 1047.
  3. Afzelius, Adam (1783). "Helvella lacunosa". Kungl. Svenska Vetenskapsakademiens Handlingar. 2 (Suédois). 4: 304.
  4. a b c d et e I. Skrede, T. Carlsen et T. Schumacher, « A synopsis of the saddle fungi (Helvella: Ascomycota) in Europe - species delimitation, taxonomy and typification », Persoonia, vol. 39,‎ , p. 201–253 (ISSN 0031-5850, PMID 29503476, PMCID 5832953, DOI 10.3767/persoonia.2017.39.09, lire en ligne, consulté le )
  5. a b c d et e (it) « Helvella lacunosa, l'imbucata mimetica tra le Trombette da Morto - Funghi Magazine », (consulté le )
  6. MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le 15 décembre 2024.
  7. a b c d et e (es) jose-micologica, « Helvella lacunosa », sur Sociedad Micológica Barakaldo, (consulté le )
  8. a b c d e et f Guillaume Eyssartier & Pierre Roux, Guide des champignons – France et Europe – 5e édition, Belin, 2024.
  9. « MycoDB : Fiche de Helvella lacunosa », sur www.mycodb.fr (consulté le )
  10. a et b Patrice TANCHAUD, « Helvella lacunosa » Accès libre [PDF], sur mycocharentes.fr,
  11. italien, « GUIDA RAGIONATA ALLA COMMESTIBILITÀ DEI FUNGHI »
  12. a b c d e f g et h I. Skrede, L. Ballester Gonzalvo, C. Mathiesen et T. Schumacher, « The genera Helvella and Dissingia (Ascomycota: Pezizomycetes) in Europe - Notes on species from Spain », Fungal Systematics and Evolution, vol. 6,‎ , p. 65–93 (ISSN 2589-3831, PMID 32904128, PMCID 7452155, DOI 10.3114/fuse.2020.06.05, lire en ligne, consulté le )
  13. a et b (it) « Helvella juniperi M. Filippa & Baiano 1999 », sur AMINT - Funghi in Italia - Fiori in Italia - Forum Micologia e Botanica, (consulté le )
  14. (es) jose-micologica, « Helvella juniperi », sur Sociedad Micológica Barakaldo, (consulté le )
  15. Les Champignons d’Europe tempérée, Les champignons d'Europe tempérée, biotope éditions, , 1715 p. (ISBN 978-2-36662-330-7)
  16. (es) Demetrio Merino Alcantara, « Helvella hispanica » Accès libre [PDF], sur micobotanicajaen.com
  17. « [ Le printemps des helvelles, suite 1 : Groupe des sulcipèdes - SMMA Argenson ] », sur smma.argenson.free.fr (consulté le )