Georg Friedrich von Martens

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Georg Friedrich von Martens est un jurisconsulte et diplomate allemand, né à Hambourg le 22 février 1756, mort à Francfort le 21 février 1821.

A vingt-huit ans, il était professeur de droit à l’université de Gœttingue (1784). Il s’était fait un nom dans la science du droit, lorsque les événements vinrent modifier sa carrière. Ruinée par dix ans de guerre, morcelée par la traité de Westphalie, l'Allemagne voyait son territoire envahi par les armées françaises. Les universités étaient fermées et de Martens avait dû quitter Gœttingue. Mais, en dehors de ses leçons, il s’était fait connaître par de remarquables écrits sur le droit diplomatique.

Sa réputation avait franchi les étroites limites de l’université, et quand le nouveau roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte, voulut organiser ce semblant de gouvernement qui devait durer si peu, on lui recommanda de Martens, qu’il nomma conseiller d’État (1808). Ses services le firent élever aux fonctions de président de la section des finances. C’est chez le roi Jérôme que de Martens se lia avec ce que l’époque comptait de diplomates illustres. Ses vastes connaissances en diplomatie, ses beaux écrits sur le droit des gens et le droit international lui donnaient une importance particulière.

En 1814, il fut appelé au congrès de Vienne et fut chargé de rédiger les procès-verbaux des conférences. Le talent qu’il déploya dans ces difficiles fonctions lui valut une haute mission diplomatique. Les souverains alliés, pour récompenser Bernadotte de sa conduite dans la dernière coalition, avaient ajouté à la Suède, qu’il tenait de Napoléon, la Norvège, que revendiquait Christian-Frédéric. Ce prince, cousin du roi de Danemark, avait, au point de vue du droit royal, des droits incontestables sur la Norvège. Sa réclamation était donc très-juste. Et, fort de ses droits, il s’était fait proclamer roi de Norvège et se préparait à soutenir par les armes ses prétentions. Les souverains alliés chargèrent de Martens de se rendre auprès de lui et de négocier sa renonciation à toute prétention sur le trône de Norvège. Cette mission, si délicate, surtout auprès d’un homme du caractère de Christian-Frédéric, de Martens s’en acquitta avec une rare habileté. Sous l’influence de ses conseils, le prince déposa les armes et entra en négociation. Il n'eut pas à se repentir d’avoir cédé aux instances de de Martens, car ce diplomate tint à honneur de faire stipuler d’avantageuses compensations.

De Martens se rendit ensuite auprès du roi de Hanovre, qui le nomma conseiller de cabinet. C’est ce prince qu’il alla représenter deux ans plus tard, en 1816, à la diète de Francfort. De Martens mourut dans cette ville, laissant une réputation méritée de savoir, d’esprit et d’honnêteté.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Parmi les publications de de Martens, nous indiquerons spécialement les suivantes : Précis du droit des gens de l'Europe, Gœtt., 1789, et Paris, 1831; Recueil des principaux traités d’alliance, de paix, de trêve, etc., conclus par les puissances de l’Europe depuis 1761, en français (Gœttingue, 1791-1800, avec suppl., 19 vol. in-8°), ouvrage fait en collaboration avec le célèbre Fr. Saalfeld ; Cours diplomatique ou Tableau des relations extérieures des puissances de l’Europe (Berlin, 1801, 3 vol. in-8°), également en français et terminé par un catalogue considérable d’auteurs qui ont écrit sur la diplomatie ; Éléments de droit commercial, particulièrement du change et des lois maritimes, en allemand (Gœttingue, 1820, 1 vol. in-12).

Source[modifier | modifier le code]

« Georg Friedrich von Martens », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Administration du grand dictionnaire universel, 15 vol., 1863-1890 [détail des éditions].

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