Fort de Suarlée

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Fort de Suarlée
Image illustrative de l'article Fort de Suarlée

Lieu À proximité immédiate du zoning industriel de Rhisnes
Fait partie de Position fortifiée de Namur
Type d’ouvrage Fortification
Construction 1892
Utilisation Défense de Namur
Utilisation actuelle Abandonné
Ouvert au public  Non
Appartient à armée Belge
Contrôlé par Coats of arms of Belgium Military Forces.svg Armée belge
Événement Première Guerre mondiale
Deuxième Guerre mondiale
Coordonnées 50° 29′ 10″ nord, 4° 48′ 04″ est

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Fort de Suarlée

Le fort de Suarlée est l'un des 9 forts construit entre 1888 et 1891 autour de Namur en Belgique conjointement à ceux de Liège afin de défendre la neutralité du pays contre les velléités françaises ou allemandes qui étaient susceptibles d'emprunter la vallée de la Meuse pour s'envahir. Tous ces forts ont été conçus par le général Henri Alexis Brialmont et mettent en œuvre un béton non armé, matériau assez novateur à l'époque, et pas totalement maitrisé (présentant notamment des défauts de continuité entre les couches successives de béton). Il est positionné au nord-ouest de la ville, entre les entités de Suarlée, Rhisnes et Saint-Servais (beau vallon).

Les forts de Brialmont adoptaient tous une forme polygonale élémentaire afin de simplifier la défense de leurs fossés (contrairement aux sites bastillonnés du style Vauban). Suarlée a donc une forme triangulaire à base concave. Il est l'un des plus grands ouvrages en superficie, notamment parce qu'il était l'ouvrage-école du Régiment de Forteresse de Namur.

Situation[modifier | modifier le code]

Obusier Autrichien Škoda de 305 mm. Photo prise au musée militaire de Belgrade.
Obusier allemand Krupp de 420 mm type M "Grosse Bertha" en action. Document d'époque, à la localisation inconnue.

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Orienté à l'ouest, le fort n'était pas en première ligne face à la progression allemande. En 1914, l'armée allemande avait appris du siège de Liège qu'assaillir les forts Belges était couteux en vies alors que l'artillerie de gros calibre pouvait aisément bombarder les ouvrages en étant hors de portée de leur armement. Le fort est donc bombardé du 20 au 25 aout, avec l'entrée en piste le 23/08 des obusiers de 420mm type M "grosse bertha" et des obusiers austro-hongrois Škoda de 305mm. Le fort fut sommairement réparés et réarmé par l'occupant qui y installa notamment l'électricité.

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Parmi les 9 forts entourant Namur, 7 furent réarmés dans les années 1930 parmi lesquels Suarlée. Les travaux consistèrent à améliorer la viabilité de la garnison et à mettre à niveau l'armement et le blindage, soit...

  • la construction d'une prise d'air au sommet d'une tour située à 900 mètres en arrière du fort. Cette tour devait permettre de prélever de l'air sain au-dessus des éventuelles nappes de gaz de combat et était associée à de puissants ventilateurs capables d'assurer une mise en surpression du fort (afin d'éviter l'infiltration de gaz nocifs). Elle constituait aussi un poste d'observation et un point d'accès secondaire pour les troupes (le conduit de ventilation était à taille humaine et comportait plusieurs niches défensives permettant de combattre une intrusion ennemie). Très visible, cette tour était construite en béton armé et défendue par plusieurs mitrailleuses et lance grenades situées en hauteur ainsi qu'à la porte d'accès.
  • l'amélioration de la résistance du bâti par un armement en tôles galvanisées ondulées (des entreprises Jowa) et des renforcements en béton armé
  • L'enfouissement des magasins à poudre et du local de rassemblement (dit quadrilatère) par creusement sous l'édifice original et comblement des locaux rendu inutiles (à Suarlée l’enfouissent fut limité à une dizaine de mètres en raison de la forte humidité du terrain).
  • le déplacement dans le massif central (escarpe) de commodités indispensables à la tenue d'un siège (boulangerie, sanitaires...) qui s'étaient trouvées difficiles d'accès durant le siège de 1914.

Plus spécifiquement, le fort fut doté de batteries anti-aériennes.

  • Le Fort de Suarlée, en mai 1940, était commandé par le capitaine-commandant Tislair avec environ 250 hommes. Le fort a été attaqué par les airs les 10, 11 et 12. L'attaque aérienne a repris le 15, avec le tir des canons antichars allemands. Le 16, Suarlée soutenait le fort de Marchovelette avec des tirs d'artillerie. La tour de ventilation de Suarlée a été attaquée par l'infanterie les 16 et 17. Le fort principal fut attaqué par l'infanterie dans la nuit du 17. Le 18, il ya eu une autre attaque aérienne, frappant quatre canons de 75mm et la tourelle de mitrailleuse. Plus de bombardements suivirent le 19, et après une défense héroïque le fort se rendit.
Vue d'ensemble de la position fortifiée de Namur

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Comme l'ensemble des forts de Namur, sauf celui de St Héribert, il ne fait pas l'objet d'une mise en valeur muséale. Boisé, il a été un temps utilisé comme terrain de chasse et a fait l'objet d'essai d'explosifs par le Génie de Jambes qui l'ont considérablement dégradé, de même que le démontage de nombreux équipements métalliques. Les deux fossés de tête (Saillants II et III) seront comblés avec du tout venant pour des motifs ambigus. Isolé et dépourvu de sécurisation de ses accès, il a subi le vandalisme et le passage régulier de groupuscules d'extrême droite.

En 2011, les terres agricoles avoisinantes ont été converties en vue de l'extension du zoning Ecolys de Rhisnes. Malgré l'état du fort, ces nouvelles infrastructures contournent le périmètre de l'ouvrage.

À l'été 2016, de gros travaux d'élagage et de dépollution ont été entrepris. Début novembre, le chemin entourant le fort a été élargi et une clôture de sécurité entoure désormais l'ensemble (marqué "Propriété privée - Défense d'entrer"). Les extérieurs du fort sont en effet utilisés comme piste d'essai de véhicules 4x4. Des rampes ont été notamment aménagées en divers endroits pour passer des fossés au terre plein central.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Bragard, J. Chainiaux (sous dir.), V. Bruch, D. Francois, A. Furnemont, J. Marchal, Namur face aux « Grosses Bertha » - Le siège de la position fortifiée en août 1914, Les Amis de la Citadelle de Namur, Bouge, 2006 (ISBN 2-9600661-0-3 et 978-2-9600661-0-4)
  • D. Dessy, Namur militaire - La Citadelle, les forts, Namur, 1976.
  • C. Donnel, The Forts of the Meuse in World War I, Osprey Publishing, Oxford, 2007.
  • C. Faque, Henri-Alexis Brialmont. Les Forts de la Meuse 1887-1891, Bouge, 1987.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]