Fama

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Fama (Juan Bautista, 1732).

Fama est une déesse romaine.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Fille de la Terre pour venger la mort de ses enfants, Fama possède deux trompettes. La courte est consacrée aux ragots, la longue à la renommée.

Faisant toujours circuler les rumeurs, elle fit en sorte que Didon soit mise au courant du départ d'Énée. Vénus se servit d'elle aussi pour communiquer de fausses rumeurs aux femmes de Lemnos ce qui déclencha une bataille entre les hommes et les femmes de Lemnos. Ceci permit à Vénus de se venger car les habitants de cette île avaient délaissé le culte de Vénus depuis que cette dernière avait trompé Vulcain avec Mars.

Par contre Fama, la Renommée, rend immortels les héros en ne faisant jamais mourir leur mémoire. Avec le temps, c'est cet aspect de Fama qui prédominera dans ses représentations.

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

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Dès l'Antiquité, la fama désigne aussi la renommée au sens commun, c'est-à-dire la connaissance collective des faits et la réputation personnelle de l'individu au sein d'un groupe.

Au Moyen Âge, la fama prend une place de plus en plus importante dans la vie sociale[1]. Au cours du Haut Moyen Âge, elle est surtout invoquée par l'Eglise, en relation avec l'obligation faite aux évêques et prêtres d'avoir bonne réputation auprès de la communauté des chrétiens (et avec l'interdiction pour les ecclésiastiques, inversement, d'être en état d'"infamie"). A partir du XIIe siècle, elle joue un rôle majeur dans l'exercice de la justice partout en Occident, et se trouve dès lors très souvent désignée avec les expressions vox et fama communis en latin, "voix et commune renommée" en français.

Le droit lui assigne trois fonctions. Elle sert d'abord d'élément de preuve ou, pour le moins, de présomption, lorsque la vérité d'un fait ne peut être établie avec certitude. Par ailleurs, la bonne fama d'un individu le protège contre la torture s'il est suspecté d'un méfait, tandis qu'une mauvaise fama, au contraire, autorise à le soumettre aux "tourments". Enfin, avec la fixation de la procédure inquisitoire par le pape Innocent III au début du XIIIe siècle, vite reprise par les justices séculières, l'existence de la fama permet au juge d'ouvrir une enquête judiciaire sans qu'une partie accusatrice intervienne (c'est la première forme de ministère public)[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La fama est "omniprésente" dans les sources judiciaires à partir du XIIe siècle ; les sociétés de la fin du Moyen Âge peuvent être définies comme des "sociétés à fama" ; "les références à la commune renommée" connaissent une "prolifération", selon Julien Théry, « fama : L’opinion publique comme preuve. Aperçu sur la révolution médiévale de l'inquisitoire (XIIe-XIVe s.) », dans La preuve en justice de l'Antiquité à nos jours, dir. B. Lemesle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2003, p. 119-147, aux p. 120-121, 146.
  2. Théry, « fama : L’opinion publique comme preuve », op. cit., notamment à la p. 147.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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