Montagnes des Alaouites

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Jabal Ansariya
Extrait d'une carte de la Syrie montrant le massif.
Extrait d'une carte de la Syrie montrant le massif.
Géographie
Altitude 1 562 m, Nabi Yunis
Massif Vallée du grand rift
Longueur 70 km
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Gouvernorats Lattaquié, Tartous, Hama

Le Jabâl Ansariya[1], Jabâl an-Nusayrîa[2], Jiabal al-`Alawīyin[3] ou encore Jabâl Bahrâ'[4] est un massif montagneux de Syrie constituant le prolongement septentrional du mont Liban.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les montagnes des Alaouites sont désignés sous le nom « Bargylus mons » dans une œuvre de Pline l'Ancien en latin[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation, topographie[modifier | modifier le code]

Sommet dans la région de Slinfah.

Le massif (djébel) s'étend sur environ 70 kilomètres entre la côte syrienne et la basse vallée de l'Oronte. Il culmine à 1 562 mètres au Nabi Yunis situé dans sa partie septentrionale.

Le massif présente un relief asymétrique : son versant oriental est constitué d'un abrupt de plus de 1 000 mètres alors que sa partie occidentale s'incline en pente douce vers la mer Méditerranée[6].

Géologie[modifier | modifier le code]

La structure géologique du massif est également calquée sur cette asymétrie : l'est est constitué d'un calcaire jurassique dur, tandis que l'ouest est un empilement de strates marneuses datant du Crétacé supérieur[6].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La montagne alaouite est, à l'inverse de sa voisine, la montagne libanaise, moins bien lotie en termes de ressources hydriques alors même qu'elle reçoit sensiblement la même quantité de précipitations[7]. Ce particularisme tient essentiellement à sa structure géologique : l'absence d'horizon imperméable à l'est limite profondément la capacité de stockage du sol. Ipso facto, dès la fin des précipitations, le sol s’assèche et les sources se tarissent[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Xe au XIIIe siècle, le sud du massif est le repère des Nizârites (Assassins) constituant le « territoire des Assassins ». Tout le massif fourmille de dizaines de forteresses ayant un rôle plus ou moins important pendant la période des croisades. Après l'arrivée des Mongols dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, les Nizârites sont supplantés par les Nusayirîs (terme devenu aujourd'hui péjoratif pour qualifier les Alaouites) qui demeurent toujours dans la région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jabâl / Djebel, (al-)Ansariya / (al-)Ansariyah / (al-)Ansariyeh, en arabe : jabāl al-ʾanṣarīya, جبال الأنصارية, « les montagnes des partisans »
  2. Jabâl / Djebel, an-Nusayrîa / Nusayrîah / Nusayrîeh, en arabe : jabāl an-nuṣayrīya, جبال النصيرية, « les montagnes des Nusayris »
  3. Jabal / Djebel al-`Alawīyin, en arabe : jabal al-ʿalawīyin, جبل العلويين, « montagne des Alaouites »
  4. Jabâl / Djebel Bahrâ', en arabe : jabāl baḥrāʾ, « montagnes côtières (de la mer) »
  5. Louis Jalabert et René Mouterde, p. 16.
  6. a et b Frédéric Balanche, Les Alaouites, l’espace et le pouvoir dans la région côtière syrienne : une intégration nationale ambiguë, Paris, HAL, 748 p., p. 48
  7. a et b Frédéric Balanche, Les Alaouites, l’espace et le pouvoir dans la région côtière syrienne : une intégration nationale ambiguë, Paris, HAL, 748 p., p. 65

Bibliographie[modifier | modifier le code]