Di shvue

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Texte de "Di Shvue" imprimé pour les funérailles de Marek Edelman.

Di shvue (yiddish : די שבֿועה, Le Serment, également yiddish : די בונדישע שבֿועהLe Serment du Bund et yiddish : די נײַע שבֿועה, Le  Nouveau serment est l'une des plus célèbres chansons du mouvement ouvrier juif et socialiste, et l'hymne de l'Union générale des travailleurs juifs, le Bund[1].

Avec le même nom et le même refrain, mais avec un texte modifié, il est également l'hymne du parti sioniste travailliste Poale Zion[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le texte de la chanson est un appel à l'unité des Juifs, pour s'engager corps et âme pour la défaite du régime tsariste et du capitalisme[3].

Il a été écrit en yiddish, en 1902, à Berne, par un poète, ethnographe et publiciste de l'Empire russe, Shalom Anski[4], pour la cinquième année de la fondation du Bund, et publié à Londres par le journal Der Yidisher arbeter (n° 14/1902). L'origine de l'air n'est pas connue et objet de controverses[3]. Sont évoqués une chanson populaire moldave, une mélodie d'une symphonie du compositeur tchèque Bedrich Smetana, un vieux chant sépharade[3], ou encore des motifs allemands et russes (Puisque notre Seigneur est glorieux à Sion... (ru)). Elle a été harmonisée par le chef d'orchestre G. Beck.

Au moment des célébrations du premier mai 1903, la nouvelle chanson est connue des Bundistes et devient l'hymne du parti[4].

Le texte d'Anski développe une chanson homonyme d'un auteur inconnu[3], dite Le Vieux serment, dont une version a été créée en 1892, lors de la grève des tisseurs de talits de Kolomya. Les ouvriers-tisserands jurent sur la Torah de ne reprendre le travail qu'après la satisfaction de leurs revendications. Par la suite, la chanson dans les différentes variantes devient populaire parmi la population juive. La première exécution attestée de ce chant a lieu dans le village de Krynki, dans l'ouïeszd de Białystok, pendant une grève des tanneurs. La première publication du texte est faite également à Białystok, dans un tract du Bund.

La chanson a été interdite en Pologne jusqu'en 1926. À cette date, son éditeur obtient en appel la levée de l'interdiction de publier son texte dans le recueil des oeuvres d'Anski.

Exécution[modifier | modifier le code]

icône vidéo Vidéo externe
Di shvue

Le Serment a été longtemps chanté dans les rencontres de Juifs socialistes, les réunions des membres du Bund et dans d'autres occasions solennelles[5],[6], comme le centenaire du parti, ou l'enterrement de Marek Edelmann, dernier dirigeant du soulèvement du ghetto de Varsovie.

Elle est également répandue dans les cercles de gauche non-juifs.

Seuls sont maintenants chantés le premier et le dernier couplets et le refrain. Les strophes suivantes, plus radicales, sont omises.

Paroles[modifier | modifier le code]

Yiddish Translittération latine Traduction en français Traduction en anglais
Premier couplet

ברידער און שװעסטער פֿון אַרבעט און נױט
אַלע װאָס זײַנען צעזײט און צעשפּרייט
צוזאַמען, צוזאַמען, די פֿאָן איז גרייט
זי פֿלאַטערט פֿון צאָרן, פֿון בלוט איז זי רויט
אַ שבֿועה, אַ שבֿועה, אויף לעבן און טויט

Brider un shvester fun arbet un noyt
Ale vos zaynen tsezeyt un tseshpreyt,
Tsuzamen, tsuzamen, di fon iz greyt,
Zi flatert fun tsorn, fun blut iz zi royt!
A shvue, a shvue, af lebn un toyt.

Frères et sœurs, tourmentés, révoltés,
De par le monde dispersés,
Rassemblez-vous, la bannière attend.
Elle flotte, furieuse, maculée de sang,
À la vie, à la mort, prêtez serment !

Brothers and sisters in toil and struggle
All who are dispersed far and wide
Come together, the flag is ready
It waves in anger, it is red with blood!
Swear an oath of life and death!

Deuxième couplet

הימל און ערד װעלן אונדז אויסהערן
עדות װעט זײַן די ליכטיקע שטערן
אַ שבֿועה פֿון בלוט און אַ שבֿועה פֿון טרערן
מיר שװערן, מיר שװערן, מיר שװערן

Himl un erd veln undz oyshern
Eydet vet zayn di likhtike shtern
A shvue fun blut un a shvue fun trern,
Mir shvern, mir shvern, mir shvern!

Témoins, Le ciel et la terre entendrons,
Et la lueur des étoiles au firmament.
De larmes et de sang ce serment,
Nous jurons, nous jurons, nous jurons !`

Heaven and earth will hear us,
The light stars will bear witness.
An oath of blood, an oath of tears,
We swear, we swear, we swear!

Troisième couplet

מיר שװערן אַ טרײַהײט אָן גרענעצן צום בונד
נאָר ער קען באַפֿרײַען די שקלאַפֿן אַצינד
זיין פֿאָן, די רויטע, איז הויך און ברייט
זי פֿלאַטערט פֿון צאָרן, פֿון בלוט איז זי רויט
אַ שבֿועה, אַ שבֿועה, אויף לעבן און טויט

Mir shvern a trayhayt on grenetsn tsum bund.
Nor er ken bafrayen di shklafn atsind.
Di fon, di royte, iz hoykh un breyt.
Zi flatert fun tsorn, fun blut iz zi royt!
A shvue, a shvue, af lebn un toyt.

Au Bund, éternelles dévotion et loyauté,
Lui seul pourra nous libérer.
Haut la bannière empourprée,
Flotte, furieuse, maculée de sang.
À la vie, à la mort, prêtez serment!

We swear an endless loyalty to the Bund.
Only it can free the slaves now.
The red flag is high and wide.
It waves in anger, it is red with blood!
Swear an oath of life and death!

Notes et références[modifier | modifier le code]

(ru)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en russe « Ди швуэ » (voir la liste des auteurs) et en anglais « Di Shvue » (voir la liste des auteurs).
  1. (pl) Zofia Borzymińska i Rafał Żebrowski (red.), Polski słownik judaistyczny, Prószyński i S-ka, (ISBN 8372551758)
  2. Shuldiner, David Philip., Of Moses and Marx : folk ideology and folk history in the Jewish labor movement, Bergin & Garvey, (ISBN 0897896173 et 9780897896177, OCLC 40200181, lire en ligne)
  3. a b c et d (en) « Songs and Anthems for Political Causes », sur epyc.yivo.org (consulté le 8 novembre 2018)
  4. a et b (en) « "Di Shvue" (The Oath) », sur web.stanford.edu (consulté le 9 novembre 2018)
  5. (en) « DER YIDDISH-VINKL April 22, 2005 », The Forward,‎ (lire en ligne)
  6. Safran, Gabriella, 1967-, Zipperstein, Steven J., 1950-, Cravens, Craig Stephen, 1965- et Stanford University., The worlds of S. An-sky : a Russian Jewish intellectual at the turn of the century, Stanford University Press, (ISBN 0804745277, 9780804745277 et 080475344X, OCLC 62290517, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]