EE-T1 Osório
| EE-T1 Osório | |
Un des prototypes. | |
| Caractéristiques de service | |
|---|---|
| Service | jamais entré en service |
| Utilisateurs | |
| Production | |
| Concepteur | Engesa |
| Année de conception | EE-T1 : 1985
EE-T2 : 1986 |
| Constructeur | Engesa |
| Production | 2 prototypes |
| Unités produites | 2 |
| Variantes | EE-T2 Osório |
| Caractéristiques générales | |
| Équipage | 4 (pilote, tireur, chargeur, chef de char) |
| Longueur | 7,13 m
EE-T1 : (9,99 m avec le canon) |
| Largeur | 3,2 m |
| Hauteur | 2,37 m |
| Masse au combat | 38,9 à 43 t suivant le modèle de tourelle. |
| Blindage (épaisseur/inclinaison) | |
| Blindage | composite en alliage acier/aluminium incluant des céramiques et des fibres de carbone. |
| Armement | |
| Armement principal | EE-T1 : un canon de 105 mm Royal Ordnance L7 (45 obus)
EE-T2 : un canon de 120 mm GIAT G1 à âme lisse (38 obus). |
| Armement secondaire | une mitrailleuse de type chaingun Hughes EX34 de 7.62 mm jumelée au canon (5000 coups) une mitrailleuse Browning M2 (900 coups) ou FN MAG (3000 coups) sur le toit. |
| Mobilité | |
| Moteur | moteur Diesel à 12 cylindres Deutz MWM TBD 234 turbocompressé. |
| Puissance | 1014 ch (745 kW) à 2 300 tr/min |
| Transmission | ZF LSG 3000 |
| Suspension | hydropneumatique de chez Dunlop |
| Vitesse sur route | 70 km/h sur route, 50 km/h en tout-terrain |
| Puissance massique | 26 ch/tonne |
| Réservoir | 1354 ℓ |
| Autonomie | 550 km |
| modifier |
|
L’EE-T1 Osório est un char de combat conçu par la firme brésilienne Engesa au tout début des années 1980. Développé sur les fonds propres d'Engesa sans aucun soutien de l'État, l'Osório remporta en 1987 une compétition organisée en Arabie saoudite, où il sut se démarquer face à l'AMX-40 français, au Challenger 1 britannique et au M1 Abrams américain. Bien que son avenir fût prometteur, il restera au stade de prototype à la suite de l'annulation du contrat d'achat par l'Arabie saoudite, seulement deux exemplaires seront produits avant la faillite de la société qui l'avait conçu.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le développement de l'Osório commença en 1982, et le premier prototype, appelé P.1, fut terminé en 1985[1]. Il avait été conçu pour être vendu à l'Arabie saoudite ; il y fut évalué contre l'AMX-40 français, le M1 Abrams américain et le Challenger 1 britannique.
En , les Saoudiens choisissent le M1 Abrams américain. Ils annoncèrent cette décision peu après le déclenchement de la guerre du Golfe, en 1991. Les deux prototypes furent transférés dans l'armée de terre brésilienne et la firme Engesa fit faillite peu après.
Armement
[modifier | modifier le code]Le prototype P.1 est armé d'un canon L7A3 d'un calibre de 105 mm conçu et fabriqué par la firme britannique Royal Ordnance. Douze obus de 105 mm sont prêts à l'emploi et sont situés dans une soute à l'arrière gauche de la tourelle, derrière le poste du chargeur. Cette soute possède une porte blindée coulissante et un panneau anti-explosion sur sa partie supérieure qui se libère en cas d'explosion des munitions. Trente-trois autres sont logés dans un râtelier dans la caisse, à droite du conducteur.
Le prototype P.2 est armé d'un canon lisse G1 de calibre 120 mm. Ce canon de 120 mm a la particularité de posséder une longueur de recul importante 485 mm afin de limiter son effort de recul à 365 kN lui permettant d'être intégré sur un char de quarante tonnes comme l'AMX-40 ou l'Osório ou encore le T-62. Ce canon ne possède pas de manchon anti-arcure et l'expulsion des fumées résiduelles est assurée par un compresseur installé sur le plancher de la tourelle. Douze obus sont prêts à l'emploi et sont situés dans une soute à l'arrière gauche de la tourelle, derrière le poste du chargeur. Vingt-six sont logés dans un râtelier dans la caisse, à droite du conducteur.
Bien que l'EE-T1 et l'EE-T2 aient chacun un armement principal différent, ils partageaient un armement secondaire identique composé d'une mitrailleuse EX-34 de calibre 7,62 mm de type chain gun actionnée électriquement, montée à gauche de l'armement principal.
Moyens d'observation et conduite de tir
[modifier | modifier le code]La tourelle du P.1 (premier prototype) est équipée d'un viseur périscopique LRS-5 monté au-dessus du coin avant droit de la tourelle. Ce viseur de conçu par la firme belge OIP Optics avait déjà été employé sur l'EE-9 Cascavel, également produit par Engesa. Le LRS-5 offre une voie jour avec un grossissement de × 8 et intègre un télémètre laser couplé à un calculateur balistique. L'observation et le tir de nuit s'effectuent à l'aide d'un amplificateur de lumière résiduelle intégré dans un renvoi coudé (grossissement × 7) faisant partie du viseur LRS-5. Un viseur télescopique de secours Vickers Instruments L30 est monté dans le masque, à droite du canon, il possède un unique grossissement de ×10.
Un viseur OIP SCS-5 est monté devant la couronne d'épiscopes du chef de char, il est similaire au LRS-5 mais ne possède pas de télémètre laser ni de calculateur balistique. La vision périphérique du chef de char est assurée par cinq épiscopes[2].
L'agencement des viseurs de la tourelle du P.2 (deuxième prototype) reprend une configuration similaire à celle de l'Universal Turret montée sur le prototype de char Valiant développé par Vickers. Le chef de char possède un viseur panoramique VS 580 développé par la SFIM. Ce viseur stabilisé possède deux voies pour l'observation de jour (grossissement ×3 et ×10) et une de nuit à intensificateur de lumière résiduelle. Le chef de char dispose de la fonction de ralliement automatique (Hunter-Killer), permettant à ce dernier de désigner rapidement une cible au tireur en lui transférant les coordonnées exactes pour que le viseur du tireur s'aligne automatiquement sur l'objectif pendant que le chef de char continue son observation du terrain. Le tireur possède un viseur VS 580-19 VICAS qui est identique au VS 580-10 du chef de char à l'exception du fait qu'il n'est pas panoramique et ne possède qu'un seul grossissement (×10). Ces deux viseurs incorporent un télémètre laser utilisant un laser Nd-YAG et sont couplés à une conduite de tir automatisée conçue par Marconi sur base de la conduite de tir automatisée Centaur AFCS[3]. Un viseur thermique Philips UA-9090 est monté sur la partie arrière du toit de la tourelle. Ce viseur panoramique est stabilisé en site et en gisement et possède un grossissement ×7. L'image infrarouge filmée par ce viseur thermique est recopiées sur deux moniteurs TV présents aux postes du tireur et du chef de char.
Le pointage de la tourelle des prototypes P.1 et P.2 de l'Osório est assurée par un système Marconi GCE 628 entièrement électrique par emploi de moteurs électriques de type Metadyne.
Mobilité
[modifier | modifier le code]Motorisation
[modifier | modifier le code]L'Osório est mû par un moteur V12 Diesel MWM TBD 234 de 21,6 l de cylindrée développant 1 040 ch à 2 300 tr/min. Ce moteur est équipé de refroidisseurs d'air de suralimentation (échangeurs air-air) et est basé sur la série de moteurs de bateaux MWM D 234 de (804 ch) mais diffère par l'emploi d'un carter sec. L'Osório atteint la vitesse de 32 km/h en 6 secondes. La poutre de refroidissement intègre deux ventilateurs à flux mixte développé par Airscrew Howden qui permettent à l'Osório d'évoluer dans un environnement très chaud comme l'Arabie Saoudite. Un groupe auxiliaire de puissance Microturbo Gévaudan 9 est monté à gauche du compartiment moteur, dans le déport de caisse au-dessus de la chenille.
Boîte de vitesses et direction
[modifier | modifier le code]Le moteur est accouplé à la boîte de mécanisme ZF LSG 3000, elle intègre une boîte de vitesses automatique à quatre rapports en marche avant et deux en marche-arrière ainsi qu'une direction à double différentiel offrant trois rayons de virage. L'Osório reprend les réducteurs P 25 000 du Léopard 2 qui sont également conçus par ZF.
Train de roulement
[modifier | modifier le code]L'Osório possède une suspension oléopneumatique conçue par Dunlop. Chaque élément de suspension monocylindre possède un débattement vertical en compression de 330 mm et de 70 mm en détente. L'Osório possède des chenilles à connecteurs Diehl 234 larges de 570 mm.
Protection
[modifier | modifier le code]La pointe avant du glacis et l'avant de la tourelle renferme un blindage composite développé par Engesa qui était conçu pour résister à tous les types de projectile à charge creuse de l'époque[4]. Le char est équipé d'un système de détection et d'extinction automatique d'incendie Graviner Crewbay. Un détecteur d'alerte laser Racal Saviour peut déclencher automatiquement le tir de grenades fumigènes d'une des deux batteries de six lance-pots fumigènes de calibre 66 mm. La protection contre les menaces CBRN est assurée par un système de filtration et de surpression Airscrew Howden.
Versions
[modifier | modifier le code]- P.1 : premier prototype de l'Osório fabriquée en .
- P.2 : deuxième prototype assemblé en .
- EE-T1 Osório : version proposée à l'armée de terre brésilienne sur base du prototype P.1 et armée d'un canon rayé de 105 mm.
- EE-T2 Al-Fahd : version pour l'exportation vers l'Arabie Saoudite, développée sur la base du prototype P.2 avec, entre autres équipements, un canon lisse de 120 mm et des viseurs panoramiques avec fonction chasseur-tueur.
Annexes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Marsh Gelbart, Tanks main battle and light tanks, Brassey’s UK Ltd, , 160 p. (ISBN 1-85753-168-X), p. 13–14
- ↑ (en) Richard Ogorkiewicz, « Engensa's Osorio main battle tank », International Defense Review, vol. 21, , p. 651
- ↑ (en) Richard Ogorkiewicz, « Engensa's Osorio main battle tank », International Defense Review, vol. 21, , p. 652
- ↑ (en) Fabio Prado, « EE-T1 Osório Main Battle Tank »
, sur id3486.securedata.net (consulté le )
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « EE-T1 Osório » (voir la liste des auteurs).