Cabinet du roi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le cabinet du roi (ou cabinet du roy, selon les orthographes et selon les époques) est, à Paris, en France, le cabinet de curiosités qui en 1633 fut installé dans le château d'une propriété acquise par Louis XIII pour placer pour la première fois dans cette propriété le Jardin royal des plantes médicinales. Ce « Jardin royal des plantes médicinales », institution de recherche en herboristerie, en médecine et en histoire naturelle, devint plus tard, en 1793, l'actuel Muséum national d'histoire naturelle avec pour siège le jardin lui-même, qui depuis cette date est plus simplement appelé le « Jardin des plantes ».

Depuis sa création en 1633 le cabinet du roi a traversé le temps et les régimes politiques. Avec l'exécution de Louis XVI en 1793 il a perdu son appellation de « cabinet du roi » mais il l'a récupérée avec l'avènement des périodes dites de la Restauration (1815-1830) et de la monarchie de Juillet (1830-1848). Depuis sa création, et jusqu'au milieu du XXe siècle, le bâtiment a été modifié, agrandi, démoli et reconstruit pour finalement être à nouveau démoli en 1959. À sa place, en 1963, fut inauguré un tout nouveau bâtiment : la réserve de la bibliothèque centrale du Muséum[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1626, influencé par deux de ses principaux médecins (Guy de La Brosse et Jean Héroard), et avec l'appui de Richelieu, Louis XIII signe des « lettres patentes » donnant ainsi sa parole de roi qu'un jardin médécinale serait créé quelque part sur les terrains de l'un des faubourgs de la ville de Paris. En février 1633, et en donnant suite à cette initiative, le roi acquière des héritiers du magistrat Daniel Voysin une grande propriété aux portes sud-est de Paris, dans le faubourg Saint-Victor (ainsi nommé d'après l'abbaye Saint-Victor)[2]. Cette « Terre d'Alez » où un apothicaire, Nicolas Houël, avait déjà dispensé à la fin du XVIe siècle des cours d'herboristerie, est alors traversée par la Bièvre. La propriété comprend un château, encore visible sur une aquarelle peinte par le graveur Frédéric Scalberge en 1636, et c'est là que les médecins du roi décidèrent de placer aussi bien le cabinet du roi que le droguier royal (ce dernier contenait des collections de plantes médicinales et de minéraux destinés à la recherche médicale et à la pharmacopée). Un édit de Louis XIII, de 1635, rend officielle la création du Jardin et les savants commencent alors à faire vivre l'institution, en constituant, en enrichissant et en conservant les collections du cabinet et du droguier. En 1640 le Jardin ouvre ses portes au public.

Collections[modifier | modifier le code]

En tant que cabinet de curiosités, le cabinet du roi comprenait de vastes collections d'insectes, de plantes, de fossiles, de concrétions, squelettes de monstres, habits de plumes à l'usage des sauvages ou des « Amériquains ». L'origine de toutes ces pièces est diverse : cadeaux faits au Roi de France comme gage d'alliance de la part des peuples rencontrés, dons de collections entières comme celle de Joseph Pitton de Tournefort ou René-Antoine Ferchault de Réaumur, de botanistes, de naturalistes et de voyageurs, qui viennent enrichir, sous Louis XIV et Louis XV les collections du cabinet.

Ces collections deviendront la base des collections actuelles du Muséum national d'histoire naturelle et du musée de l'Homme, à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabrielle Duprat, « La nouvelle bibliothèque du Muséum national d'histoire naturelle », Bulletin des bibliothèques de France, 1965, no 1.
  2. « Cabinet d'histoire du Jardin des plantes », Muséum national d'histoire naturelle,‎ (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]