Baud (mesure)

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Le baud (symbole Bd) est une unité de mesure utilisée dans le domaine des télécommunications en général, et dans le domaine informatique en particulier, notamment dans le contexte de communications avec certains périphériques externes (par exemple via un modem). Le baud est l'unité de mesure du nombre de symboles transmissibles par seconde. Dans le cas d'un signal modulé utilisé dans le domaine des télécommunications, le baud est l'unité de mesure de la rapidité de modulation.

Le terme "baud" provient du patronyme d'Émile Baudot, l'inventeur du code Baudot utilisé en télégraphie.

Il ne faut pas confondre le baud avec le bit par seconde (bit/s), ce dernier étant l'unité de mesure du nombre d'informations effectivement transmises par seconde. Il est en effet souvent possible de transmettre plusieurs bits par symbole. La mesure en bits par seconde de la vitesse de transmission est alors supérieure à la mesure en bauds.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1926, en raison de l'existence de deux systèmes de télégraphie (ceux caractérisés par des éléments de transmission de durée égale, et ceux différentiels), la vitesse de transmission fut définie par le nombre d’intervalles élémentaires émis par seconde[1].

Cette définition est donnée en 1929 dans le journal télégraphique de juillet 1929, sous l’appellation vitesse de transmission qui remplace le terme vitesse de transfert ; la même année, le terme baud est proposé en l'hommage d'Emile Baudot[2].

Ceci avait pour but de comparer des appareils dont les différences de caractéristiques techniques conduisaient à des unités de comptage différentes : nombre de révolutions par minute, nombre de trous, longueur de bandes perforées par minute, nombre de mots par minute (indépendamment du nombre de lettres), nombre de lettres par minute[3].

Ainsi, en 1929, pour un téléscripteur fonctionnant à une vitesse de rotation de 210 tours par minute, les vitesses en bauds étaient les suivantes :

Débit (bauds) pour une vitesse de rotation de 210 tours par minute, en 1929
Appareil Contacts Bauds
quadruple Baudot-Picard 20 70
quadruple Baudot duplex 22 77
quadruple Baudot à 23 23  80,5
quadruple Baudot à 24 24 84

En 1931, des transmissions à 50 bauds sont réalisées sur des réseaux fantômes et des réseaux superfantômes sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres[4].

En 1933, des transmissions à 25 bauds sur 58 000 km sont atteintes[5].

En 1934, le système de mesure de la vitesse de transmission a été réorganisé afin de disposer d'une vitesse de transmission qui soit valable pour tous les systèmes télégraphiques, aussi bien Hugues que Baudot[6]. À cette époque, pour une rotation de 120 tours par minute (deux tours par seconde), la vitesse du système Hugues était compté à 56 bauds (2×28 goujons), mais le nouveau système de mesure ne comptait alors plus que 22,4 bauds (en raison d'un ratio de 2,5)[6]. À la même époque, pour une vitesse de 180 tours par minute (trois tours par seconde), le système Baudot quadruple à 25 contacts était mesuré à 75 bauds (3×25) et le système Baudot double, à la moitié[6].

En 1958, aux Etats-Unis, le premier modem commercial pour ordinateur est le Bell 101 qui fonctionne à une vitesse de 110 bauds.

En 1960, en France, une vitesse de 50 bauds reste la vitesse de référence normale pour un service de télégraphie[7].

En 1962, l'Electronic Industries Alliance standardise le port RS-232 utilisé pour des liaisons séries locales.

En 1962, aux États-Unis, la Bell 103 a été le deuxième modem commercial pour ordinateur livré par AT&T Corporation. Il fonctionnait sur des lignes téléphoniques ordinaires, à une vitesse de 300 bauds.

En 1976 apparaissent les standards V10 et V11 fonctionnant à 100 kbauds et 10 Mbauds.

En 1976 est validé/standardisé la protocole V.29 prévoyant des Modems transmettant à une vitesse de 9600 bauds sur circuits loués à quatre fils poste à poste, de type téléphonique.

En 1979, en France, certains systèmes industriels fonctionnaient à une vitesse de 600 bauds[8].

En 1980, le Bell 212A (protocole V.22) transmet à 1200 bauds (ou 600 bauds).

En 1988, l'UIT a approuvé l'un des premiers standards de modems téléphonique grand public, le standard V.23 (utilisé dans les Minitels) qui permet des transferts à 1200 bauds et à 600 bauds et une voie de retour à 75 bauds.

En 1998, des modems 56 kb/s (8000/3429 bauds) (protocole V.90) apparaissent.

Par la suite, les liaisons séries sont plus ou moins tombées en désuétude[réf. nécessaire] au profit d'autres technologies et de protocoles plus complexes qui ne transfèrent pas chaque bit dans un temps fixe (technologies de réseaux, sans fils, DSL, etc).

Lien entre débit et rapidité de modulation[modifier | modifier le code]

Les mesures en bauds et en bits par seconde sont égales lorsque le signal est bivalent (seulement 2 valeurs, 0 ou 1, alors la valence vaut 2). Même si les mesures sont égales, la signification de baud et de bit par seconde est différente. En général, on souhaite parler de la quantité d'information transmise par unité de temps, et le bit par seconde est alors l'unité à préférer.

Bien qu'il soit possible de transmettre un bit par symbole, on utilise habituellement la bande passante de façon plus efficace en transmettant plusieurs bits par symbole. Si les bits sont transmis un à la fois, la rapidité de modulation est égale au débit binaire et s'exprime en bauds. Si les bits sont regroupés en mots de n bits avant d'être transmis, la rapidité de modulation sera divisée par n. Dans ce dernier cas, la rapidité de modulation et le débit binaire n'ont pas la même valeur.

Avec la modulation d'amplitude en quadrature, une technique qui emploie une combinaison de modulation de phase et d'amplitude, il est possible de transmettre plusieurs bits à chaque période du signal. Par exemple, un ETCD (modem) transmettant à 1200 bauds a un débit maximal de :

  • 2400 bit/s, en 4-QAM (2 bits transmis par symbole)
  • 3600 bit/s, en 8-QAM (3 bits transmis par symbole)
  • 4800 bit/s, en 16-QAM (4 bits transmis par symbole)
  • ...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal télégraphique Éditeur : [s.n.] (Berne) Date d'édition : 1934-05 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5660237t/f16.item
  2. Journal télégraphique Éditeur : [s.n.] (Berne) Date d'édition : 1929-07 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5573015h/f6.item
  3. Journal télégraphique Éditeur : [s.n.] (Berne) Date d'édition : 1930-10 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5573081h/f3.item
  4. Journal télégraphique Éditeur : [s.n.] (Berne) Date d'édition : 1931-05 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55726299/f8.item
  5. Journal télégraphique Éditeur : [s.n.] (Berne) Date d'édition : 1933-01 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5572652j/f4.item
  6. a, b et c Journal télégraphique Éditeur : [s.n.] (Berne) Date d'édition : 1934-05 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5660237t/f6.item
  7. Service des télécommunications. Réglementation . [Décret n̊ 60-434 du Ministre des postes et télécommunications, du 2 mai 1960.] Éditeur : Journaux officiels (Paris) Date d'édition : 1960 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6542296q/f83.image
  8. Techniques et sciences municipales Auteur : Association générale des hygiénistes et techniciens municipaux. Auteur du texte. Éditeur : Association générale des hygiénistes et techniciens municipaux (Paris) Date d'édition : 1979-01 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9639054f/f19.item

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]