Anomalie branchiale

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Les anomalies branchiales sont des anomalies congénitales rares correspondant à une persistance des restes de l'appareil branchial qui auraient du être totalement résorbés lors de l'embryogenèse et du développement du fœtus[1]. C'est l'une des « Pathologie malformative des parties molles du cou »[2], notamment étudiées chez l'être humain par trois thèses de médecine dans la seconde partie du XIXe siècle, par Marie-Constant-Théodore Gass (1867[3]), par S Guzman en 1886[4] et Emile-Eugéne-Fernand Gorron (1888)[5], sur la base des données alors apportées par les anatomistes, y compris à partir de l'étude des branchies et de vestiges de branchies chez l'animal[6].

Elles sont situées à proximité du sternocleidomastoidien (SCM) et du pôle supérieur de la loge amygdalienne ipsilatérale, et donc associés aux principaux éléments neuro-vasculaires du cou.

On les découvre généralement lors de l'accouchement ou après la naissance à l'occasion d'une visite médicale pédiatrique (dans les 5 premières années de vie dans 80 % des cas). Elles sont parfois confondues avec un abcès ou avec un kyste.

Une ouverture antérieure dans le cou peut être visible (entre l'os hyoïde et la fossette suprasternale).

Pathologies associées[modifier | modifier le code]

Couramment la fistule excrète un mucus (devenant purulent en cas d'infection aiguë ou associée à l'infection des voies respiratoires supérieures).

La fistule peut être associée à un syndrome branchio-oto-rénal et à une surdité dite « génétique »[7],[8].

Traitement[modifier | modifier le code]

L'excision chirurgicale complète est le traitement le plus courant[9], en veillant à conserver les structures neuro-vasculaires proches et à obtenir un résultat esthétiquement acceptable. Les fistules complètes détectées chez un adulte sont rares (diagnostic parfois délicat, nécessitant éventuellement un scanner et/ou IRM du cou.

Types[modifier | modifier le code]

On parle de fistule incomplète ou « totale »[10] ou « complète »[11] (et alors à ouverture interne ou à ouverture externe), ainsi que de :

Références[modifier | modifier le code]

  1. KEOGH, I., KHOO, S., WAHEED, K., & TIMON, C. (2007). Fistule branchiale complète: aspects diagnostic et chirurgical. Revue de laryngologie, d'otologie et de rhinologie, 128(1-2), 73-76. (résumé)
  2. Devred, P., Gorincour, G., & Bourlière-Najean, B. Pathologie malformative des parties molles du cou. EPU de radiopédiatrie: http://www. sfipradiopediatrie. org.
  3. Marie-Constant-Théodore Gass. (1867). Essai sur les fistules branchiales.(Cand. Marie Constant Théodore Gass) (Doctoral dissertation).
  4. Guzman, S. (1886). Des fistules congénitales du cou (fistules branchiales): étude anatomo-pathologique, clinique et thérapeutique ; Thèse pour le doctorat en médecine. (Doctoral dissertation, A. Parent).
  5. Emile-Eugéne-Fernand Gorron. (1888). Des fistules branchiales: étude embryologique et pathologique (Doctoral dissertation)
  6. Cusset D.J (1877). Étude sur l'appareil branchial des vertébrés et quelques affections qui en dérivent chez l'homme, fistules branchiales, kystes branchiaux, kystes dermoïdes. Par Jean Cusset... Masson.
  7. Lina-Granade, G., Morlé, L., Alloisio, N., Edery, P., Plauchu, H., Truy, E., ... & Collet, L. (2001). Les surdités génétiques: première cause de surdité de perception de l’enfant. Archives de pédiatrie, 8(3), 308-312.(résumé)
  8. Denoyelle, F. (2011). Surdités génétiques: quand y penser et comment les explorer.
  9. Miller P.D, Corcoran M & Hobsley M (1984) Surgical excision of first cleft branchial fistulae. British journal of surgery, 71(9), 696-697.
  10. AUBIN. (1949, January). FISTULE BRANCHIALE CERVICALE TOTALE. In PRESSE MEDICALE (Vol. 57, No. 33, pp. 448-448). 120 BLVD SAINT-GERMAIN, 75280 PARIS 06, FRANCE: MASSON EDITEUR.
  11. AUBIN, & JOUBLIN. (1945, January). DUNE FISTULE BRANCHIALE LATERALE COMPLETE-UNE OBSERVATION QUI COMPTE 2 PARTICULARITES REMARQUABLES. In PRESSE MEDICALE (Vol. 53, No. 11, pp. 139-139). 120 BLVD SAINT-GERMAIN, 75280 PARIS 06, FRANCE: MASSON EDITEUR.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bailey H (1933) The clinical aspects of branchial fistulae. British Journal of Surgery, 21(82), 173-182 (résumé).
  • Buscarlet F (1893). Contribution à l'étude des fistules branchiales : fistules du canal de Bochdalek (Doctoral dissertation, University of Geneva).
  • Howie, A. J., & Proops, D. W. (1982). The definition of branchial cysts, sinuses and fistulae. Clinical Otolaryngology & Allied Sciences, 7(1), 51-57 (résumé).
  • KEOGH I, KHOO S, WAHEED K & TIMON C (2007). Fistule branchiale complète: aspects diagnostic et chirurgical. Revue de laryngologie, d'otologie et de rhinologie, 128(1-2), 73-76 (résumé).
  • Lee S. & Krishnan M. (1991). Branchial fistula ; a review. Singapore Med J, 32, 50-2.
  • Mc PHAIL N & Mustard R.A (1966). Branchial cleft anomalies: a review of 87 cases treated at the Toronto General Hospital. Canadian Medical Association Journal, 94(4), 174.
  • Paget J (1878) Cases of branchial fistulae in the external ears. Medico-chirurgical transactions, 61, 41 (résumé).
  • Passebecq, J., Blanchet, C., Garrel, R., & Mondain, M. (2014). Vécu subjectif des parents et des enfants dans la chirurgie des kystes et fistules congénitaux du cou. Annales françaises d'Oto-rhino-laryngologie et de Pathologie Cervico-faciale, 131(4), A34 (résumé).
  • Taylor P.H & Bicknell P.G (1977) Stripping of branchial fistulae. The Journal of Laryngology & Otology, 91(02), 141-150.
  • Yolmo, D., Madana, J., Kalaiarasi, R., Gopalakrishnan, S., Shankar, M. K., & Krishnapriya, S. (2012). Retrospective case review of pyriform sinus fistulae of third branchial arch origin commonly presenting as acute suppurative thyroiditis in children. The Journal of Laryngology & Otology, 126(07), 737-742 (résumé).