Abri Lefebvre

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L'abri Lefebvre est un abri antiatomique, situé à Paris dans le 15e arrondissement, au 58 boulevard Lefebvre.

Construction[modifier | modifier le code]

Initialement abri de défense passive, il a été édifié de à pour le compte du ministère des Travaux publics et des transports sous le bâtiment du laboratoire central des ponts et chaussées, dans un vide de carrière par 26 mètres de profondeur[1]. Il totalise à l'époque 650 m2 environs de salles avec une capacité d'accueil de 90 personnes environ[2].

En , la gestion de l'abri est transféré au secrétariat général de l'aviation civile qui le converti en abri antiatomique. Durant les quatre à six mois de travaux, la structure souterraine est profondément remaniée, sa surface étant portée à 950 m2, elle sera aussi équipée d'un système de ventilation actionné par des vélos et d'un remarquable accès par un escalier à double révolution[2].

Équipements[modifier | modifier le code]

L'abri Lefebvre avait une capacité d'hébergement d'environ 300 personnes pendant plusieurs mois et comprenait les équipements suivants[2] :

  • un système électrique avec un groupe électrogène diesel ;
  • nombreuses portes anti-souffles en béton armé ;
  • un système de ventilation et chauffage électrique en circuit fermé, avec absorbeur de dioxyde de carbone et générateur d'oxygène ;
  • une dizaine de sanitaires et deux douches alimentées par un puisage dans la nappe phréatique ;
  • un puits d'eau potable de 40 mètres de profondeur, équipé de pompes, mais qui ne figure pas sur les plans officiels. Il a été découvert lors des travaux de transformation de l'abri en centre de données ;
  • un central téléphonique autonome relié aux autres abris anti-atomiques parisiens.

L'abri Lefebvre de nos jours[modifier | modifier le code]

Lieu resté longtemps mythique des catacombes de Paris, l'abri a été maintenu opérationnel et entretenu jusqu'en 1991. Laissé à l'abandon pendant de nombreuses années et rendu accessible depuis les carrières, il a subi de fortes dégradations et de nombreuses intrusions. Il est alors question au début des années , dans le cadre d'une opération immobilière pour Paris Habitat, de le démanteler et de le combler intégralement.

En , Online fait l'acquisition du bâtiment et de l'abri[3] pour y construire un centre de données nommé « DC4 »[4]. Les travaux démarrent en . En , l'entreprise indique que l'abri Lefebvre est destiné à recevoir les données de son produit d'archivage informatique longue durée C14[5].

Entre-temps, en , l'agence WATO organise un évènement festif dans l'abri[6]. En , une exposition éphémère d'art numérique est organisée[7].

Les travaux d'aménagement en centre de données sont finalisés en .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Henry Muller, « Abri bunker Lefebvre du ministère des Transports Paris 15ème », sur boreally.org, (consulté le 21 avril 2018).
  2. a b et c (en) Edouard Bonlieu, « C14 story - Part 1 Meet Our Nuclear Fallout Shelter », sur blog.online.net, (consulté le 21 avril 2018).
  3. Jacques-Olivier Martin, « Xavier Niel rénove un abri antiatomique », sur Le Figaro, (consulté le 4 juillet 2016).
  4. « Le datacenter Iliad DC4 » (version du 2 septembre 2016 sur l'Internet Archive).
  5. « Service d'archivage C14 », sur online.net (consulté le 21 avril 2018).
  6. « Soirée Libération de Paris dans un bunker » (consulté le 21 avril 2018).
  7. « accueil », sur expodatacenter.fr (consulté le 21 avril 2018).