Une vie (roman)

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Une Vie
Image illustrative de l'article Une vie (roman)

Auteur Guy de Maupassant
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Ollendorf
Date de parution 1883
Nombre de pages environ 294 (éditions Le Livre de Poche de 1983)

Une vie ou L'Humble Vérité est le premier roman de Guy de Maupassant, paru d'abord en feuilleton en 1883 dans le Gil Blas, puis en livre, la même année, sous le titre L'Humble Vérité. Le roman décrit la vie « d'une femme depuis l'heure où s'éveille son cœur jusqu'à sa mort[1] ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Jeanne, fille du baron Simon-Jacques et de la baronne Adélaïde, est une jeune aristocrate qui, pour ses dix-sept ans, quitte le couvent pour commencer une vraie « vie ». Elle s'en va donc de chez elle avec son père et sa mère qui lui lèguent un château pour y vivre avec son prochain mari. Celui-ci, Julien de Lamare, qu'elle rencontre dans les quelques jours suivants sa sortie du couvent, est un véritable avare et un égoïste, mais elle ne le découvre qu'après leur mariage. Il trompe Jeanne avec sa domestique Rosalie qui tombe enceinte, puis avec une voisine du nom de Gilberte de Fourville qui se disait amie avec Jeanne.

Jeanne accouche prématurément de son premier enfant, Paul, qui connaît quelques problèmes de santé. Son deuxième enfant (une petite fille) est mort-né, le jour même où M. de Fourville tue Julien. Paul part en pension à quinze ans au collège du Havre, où il suit des études que toute sa famille juge minables. Jeanne se retrouve ainsi seule après la mort du baron, de la baronne et de sa tante Lison. Ravagée et tombée dans la dépression à cause de cette solitude, elle retrouve par hasard son ancienne domestique. Elle vend alors le château et emménage ailleurs avec Rosalie. Sans nouvelles de Paul, Jeanne s'enfonce dans sa tristesse chronique. Mais Paul, dans une situation financière délicate, va lui demander de s'occuper de son enfant, qu'il a eu avec une débauchée morte en accouchant. Grâce à l'arrivée de ce nourrisson et la promesse que son fils lui fait de la rejoindre très bientôt, Jeanne retrouve le goût de la vie.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Une Vie

Jeanne Le Perthuis des Vauds[modifier | modifier le code]

Personnage principal, Jeanne est une jeune fille, blonde aux yeux bleus. Ayant reçu une éducation destinée à éveiller en elle l'amour de la nature, elle ne connaît rien des réalités et rêve de l'homme idéal. Elle est persuadée de la beauté et de l'innocence du mariage. Si elle croit le trouver en Julien, elle ne connaîtra comme amour que la bestialité sexuelle de son mari, et son hypocrisie. Elle consacre sa vie à son fils qui part à l'âge de 15 ans. Elle reste en contact avec lui mais il lui manque énormément et elle souffre beaucoup de son absence.

Le personnage de Jeanne est inspiré de Laure de Maupassant, d'Emma Bovary et de Mme Aubain (Un cœur simple).

Les parents de Jeanne[modifier | modifier le code]

Le baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds : le père, qui est fidèle à Rousseau et anticlérical, généreux mais faible : « Sa grande force et sa grande faiblesse, c’était la bonté, une bonté qui n’avait pas assez de bras pour caresser, pour donner, pour étreindre, une bonté de créateur, éparse, sans résistance, comme l’engourdissement d’un nerf de la volonté, une lacune dans l’énergie, presque un vice. »

Il est rousseauiste dans son amour pour la nature. Ce personnage est inspiré des grands-pères paternel et maternel de Maupassant.

La baronne, Adélaïde : la mère, atteinte d'une hypertrophie cardiaque dont elle se plaint souvent. Elle garde en secret des souvenirs d'une aventure à laquelle elle se rattache. Elle se promène souvent dans l'allée du manoir familial, appelée pour cela "l'Allée de petite mère" par Jeanne.

Julien de Lamare[modifier | modifier le code]

Mari de Jeanne. Ils se rencontrent peu de temps après l'arrivée de Jeanne aux Peuples (nom donné à l'imposante bâtisse familiale du baron, qui deviendra la propriété du couple Jeanne/Julien). Ils se marient 3 mois après. Ils partent en voyage de noces en Corse, mais à leur retour, Jeanne découvre que son mari est avare et égoïste. Peu de temps après, elle découvre qu'il a mis enceinte sa servante. Julien veut alors abandonner la servante, mais sa femme s'y oppose et lui trouve un mari. Jeanne tombe enceinte, elle s'éloigne vite de son mari pour s'adonner entièrement à son fils. Mais Julien se désintéresse totalement de celui-ci et se tourne vers une voisine avec laquelle il noue une liaison. Jeanne l'apprend mais ne réagit pas. Mais quand le mari de la voisine est averti de sa liaison avec Julien par l'abbé, il devient fou. Il précipite alors le couple d'une falaise. Après la mort des amants, Jeanne, veuve, ne dit rien, malgré ce qu'elle sait. Elle donne naissance à une fille morte-née le jour de la mort de son mari.

Paul[modifier | modifier le code]

Fils légitime de Jeanne surnommé Poulet par Jeanne, Lison -la tante- et le baron. Il vit aux Peuples, la maison familiale. Enfant chéri par sa mère, son grand-père et sa grande-tante, il ne dispose pas d'une très bonne éducation. À 15 ans, il est envoyé au collège au Havre. Il fugue cinq ans plus tard sans laisser de nouvelles. Il voyage entre Londres et Paris à la recherche d'une affaire qui le rendra riche. Malheureusement, il s'endette et n'a plus comme solution que de demander de très grosses sommes à sa mère qui doit vendre ses propriétés pour aider son enfant qu'elle n'a pas vu depuis de nombreuses années. Paul rencontre une fille dans les bas-fonds de Paris qu'il n'épouse que juste avant sa mort pour sauver leur enfant juste née. Malgré tous ses défauts, Paul occupe constamment l'esprit de sa mère, qui voit sa maîtresse (une prostituée rencontrée à Paris) comme une rivale, mais recueillera cependant son enfant dans le dernier chapitre.

Rosalie[modifier | modifier le code]

Servante pendant presque tout le roman. Elle était la sœur de lait de Jeanne, puis elle l'accompagne dans sa vie, malgré le désespoir que vit Jeanne tout le long de sa vie par sa faute. Elle quitte la famille après avoir été mise enceinte par Julien mais revient 24 ans plus tard pour aider sa sœur de lait en difficulté avec son fils. Le fils de Rosalie, Denis Lecoq, est un jeune fermier ; il décide de reprendre la ferme de sa mère et de se marier.

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

  • La tante Lise (Lison)
  • Le chien Massacre
  • La veuve Dentu
  • Les Fourville
  • Les Briseville
  • Le père Lastique
  • L'abbé Tolbiac
  • Les domestiques
  • Les paysans
  • Ludivine
  • Marius
  • L'abbé Picot

Thèmes[modifier | modifier le code]

Adultère, argent, crime, éducation des filles, mariage, religion, enfants, famille, femme, méchanceté humaine, l'amour, la mort sont les principaux thèmes abordés dans le roman de Maupassant.

Une vie peint également divers milieux, notamment l'Église. Tout d'abord à travers les personnages des deux prêtres, Picot puis Tolbiac, l'auteur dépeint deux comportements différents des membres du clergé : Picot est un prêtre débonnaire, qui a renoncé à sermonner ses paroissiens sur de nombreux points, et plus particulièrement les jeunes filles sur le sujet de la sexualité. Il accepte que celles-ci fassent un pèlerinage à ce qu'il appelle Notre-Dame du Gros-Ventre, considérant que cela ne peut lui apporter que de nouveaux paroissiens.

« Les filles ne passent à l'église pour le mariage qu'après avoir fait un pèlerinage à Notre-Dame du Gros-Ventre et la fleur d'oranger ne vaut pas cher dans le pays. »
« Ma foi, quand je vois entrer au prône une fille qui me paraît un peu grasse, je me dis : “C'est un paroissien de plus qu'elle m'amène” »

On peut y voir soit une parfaite illustration du pardon chrétien de la part de ce prêtre, soit au contraire le fait de ne plus tenter de combattre le « péché » de peur de perdre des fidèles, par faiblesse ou hypocrisie.

« L'âge vous calmera, l'abbé, et l'expérience aussi ; vous éloignerez de l'église vos derniers fidèles ; et voilà tout. »

L'abbé Tolbiac est au contraire totalement différent du précédent. Fanatique et exalté, il va jusqu'à piétiner dans une scène assez violente une chienne en gésine, ne supportant pas que des enfants regardent pourtant en toute innocence ce spectacle.

« Ils arrivaient alors auprès du groupe des enfants ; et le curé s'approcha pour voir ce qui les intéressait ainsi. C'était la chienne qui mettait bas. [...] C'était un jeu pour eux, un jeu naturel où rien d'impur n'entrait. Ils contemplaient cette naissance comme ils auraient regardé tomber des pommes.»
« Alors, les mains vides, il monta dessus, la piétinant avec frénésie, la pilant, l'écrasant. Il lui fit mettre au monde un dernier petit qui jaillit sous la pression ; et il acheva, d'un talon forcené, le corps saignant qui remuait encore au milieu des nouveau-nés piaulants, aveugles et lourds, cherchant déjà les mamelles. »

Il n'hésite pas à nommer pendant les offices les jeunes gens qui ont « fauté ». Il dénonce les couples adultères aux époux trompés, sans même se soucier des conséquences. Il est haï pour sa cruauté et son intolérance par l'ensemble de ses ouailles.

À travers ce couple antithétique, l'abbé Picot « gai, vrai prêtre campagnard, tolérant, bavard et brave homme », mais toutefois un peu lâche, et l'abbé Tolbiac, effrayant d'austérité, Maupassant ne peut cacher son rejet de l'Église et de certaines attitudes qu'elle peut avoir et qu'il réprouve.

Influences sur Maupassant[modifier | modifier le code]

et moins connu :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Une vie, chez Victor Havard, 1883
  • Édition sur Wikisource Une vie, P. Ollendorff, Paris, 1901 Fac-similé disponible sur Wikisource Télécharger cette édition au format ePub

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gil Blas, 21 février 1883.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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