Joseph Vendryes

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Joseph Vendryes
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Joseph Vendryes (1875-1960) est un linguiste et celtiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris (9e arrondissement) le 13 janvier 1875.

Avant lui, son grand-père, Jean-Baptiste Firmin Vendryes (1809-1893) avait fait une carrière universitaire; condisciple à Louis-le-Grand d'Evariste Gallois, il avait fait l'Ecole Normale Supérieure puis mené une carrière qui l'avait vu finir comme inspecteur d'académie. Il avait correspondu avec Michelet.

Élève d'Antoine Meillet, Joseph Vendryes a enseigné à l'École Pratique des Hautes Etudes, où il a occupé la chaire de langues et littératures celtiques. Il a également enseigné la linguistique à la faculté des lettres de l'université de Paris à partir de 1907 ainsi qu'à l'École normale supérieure (1920-1936). Doyen de la Faculté des Lettres de Paris de janvier 1938 à la fin novembre 1944, il fut un administrateur efficace dans des temps difficiles et son absence d'attitude collaborationniste lui valut d'être arrêté quelque temps par l'Occupant, puis, en avril 1944, d'être relevé de ses fonctions par le ministre de Vichy[1].

Vendryes a notamment développé les notions de linguistique idiosynchronique et d'idiolecte. Pour lui, il s'agit de l'étude d'un système de signes, différent selon les groupes sociaux mais propre à chacun de ceux-ci. En prenant en compte l'étude de systèmes linguistiques de groupes de locuteurs, la linguistique s'ancre un peu plus près des pratiques langagières tout en conservant l'idée que la langue en tant que système s'impose à tous comme un héritage culturel et modifiable.

En tant que celtologue, il a publié entre autres une Grammaire du Vieil Irlandais et un Lexique étymologique de l'irlandais ancien qu'il ne put achever. Il s'intéressa en outre à la religion celtique à laquelle il consacra quelques ouvrages.

Joseph Vendryes fut codirecteur de la Revue Celtique avec Émile Ernault et Marie-Louise Sjoestedt quand celle-ci était dirigée par Joseph Loth. Après le décès de ce dernier le 1er avril 1934, Joseph Vendryes fonda la revue Études celtiques.

Il fut membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

En 1925, ses collègues, élèves et amis lui ont offert un volume de Mélanges.

Une partie de sa bibliothèque, léguée à la bibliothèque de linguistique de l'université de Paris, se trouve désormais à la Bibliothèque de sciences humaines et sociales Paris Descartes-CNRS.

Citation[modifier | modifier le code]

« Le langage [...] est un acte physiologique en ce qu'il met en œuvre plusieurs organes du corps humain. C'est un acte psychologique en ce qu'il suppose l'activité volontaire de l'esprit. C'est un acte social en ce qu'il répond à un besoin de communication entre les hommes. Enfin, c'est un fait historique, attesté sous des formes très variées [...]. » Le Langage, introduction linguistique à l'histoire, 1921 (réédition Albin Michel, 1968).

Publications[modifier | modifier le code]

  • La religion des Celtes, Coop Breizh, Spezet, 1997. (ISBN 978-2-909924-91-5)
  • Le Langage, introduction linguistique à l'histoire, Albin Michel. (ISBN 978-2-226-04744-1)
  • Traité de grammaire comparée des langues classiques, Honoré Champion. (ISBN 978-2-85203-059-6)
  • Lexique étymologique de l'irlandais ancien, CNRS éditions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sur Joseph Vendryes comme doyen pendant l’Occupation, voir le témoignage d’un collègue : Georges Mathieu La Sorbonne… 2011 (mais écrit en 1946) passim dont page 98 du livre (sur son arrestation) et page 129 du livre (sur sa suspension de fonctions).