Tripodion

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Tripodion est un genre de plantes de la famille des Fabacées, dont l'unique espèce Tripodion tetraphyllum est originaire du bassin méditerranéen.

Description[modifier | modifier le code]

Tripodion tetraphyllum est une plante annuelle prostrée.

Toute la plante porte une pilosité dense et très fine.

Les feuilles, composées, ont quatre ou cinq folioles irréguliers, cette variation de leur nombre expliquant les deux épithètes spécifiques : tetraphyllum (celui de Linné) et pentaphyllum (celui de Bauhin). La taille du foliole terminal est près de trois fois plus importante que celle des autres folioles.

Sa fleur, au calice très renflé, a des étamines diadelphes qui sont caractéristiques du genre.

La gousse a deux graines. Le péricarpe du fruit a un tissu très fin et soyeux.

Tripodion tetraphyllum compte 16 chromosomes[1].

Distribution[modifier | modifier le code]

Le genre est originaire du pourtour méditerranéen : Espagne, France méridionale, Italie.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

La liste des espèces est issue des index IPNI (The International Plant Names Index), du jardin botanique du Missouri (Tropicos) et The Plant List à la date de septembre 2012, avec une recherche bibliographique sur la bibliothèque numérique Biodiversity Heritage Library. L'unique espèce conservée dans le genre et sa sous-espèce sont mises en caractères gras :

  • Tripodion graecum (Boiss.) Lassen (1986) : voir Hammatolobium lotoides Fenzl - synonyme : Hammatolobium graecum Boiss.
  • Tripodion kremerianum (Coss.) Lassen (1986) : voir Hammatolobium kremerianum (Coss.) C.Mueller - synonyme : Ludovicia kremeriana Coss.
  • Tripodion lotoides Medik. (1787) : voir Tripodion tetraphyllum
  • Tripodion tetraphyllum (L.) Fourr. (1868)
    • Tripodion tetraphyllum subsp. purpureum (Maire & Wilczek) Dobignard (2012) - synonyme : Anthyllis tetraphylla var. purpurea Maire & Wilczek

Historique et position taxinomique[modifier | modifier le code]

L'espèce Tripodion tetraphyllum est décrite en 1623 par Gaspard Bauhin sous le nom de Lotus pentaphyllos vesicaria comme quatrième espèce de la subdivision du genre Lotus : Lotus pentaphyllos siliqua convexa[2]. Gaspard Bauhin relève trois autres dénominations à l'époque : Dorycnio similis, Trifolium vesicarium et Trifolium halicacabum sive vesicarium (en 1588 du Hortus Medicus et Philosophicus de Joachim Camerarius le Jeune).

En 1700, Joseph Pitton de Tournefort la place dans le genre Vulneraria : Vulneraria pentaphyllos (en référence à Gaspard Bauhin)[3].

En 1753, Carl von Linné redécrit rapidement l'espèce dans le genre Anthyllis en en faisant l'espèce type : Anthyllis tetraphylla[4].

En 1778, Jean-Baptiste de Lamarck suit Tournefort en la replaçant dans le genre Vulneraria : Vulneraria vesicaria[5].

Le genre Tripodion est décrit en 1787 par Friedrich Kasimir Medikus sur la base de l'espèce Anthyllis tetraphylla L. qu'il renomme Tripodion lotoides Medik., probablement en souvenance de Gaspard Bauhin (qui l'avait placée dans le genre Lotus)[6]. Friedrich Kasimir Medikus emprunte le nom de Tripodion à Dioscoride qui signale ce nom pour le lotier rouge (Lotus tetragonolobus)[7], ce que signale aussi Michel Adanson dans Famille des plantes en 1763.

En 1840, Pierre Edmond Boissier crée un nouveau genre : Physanthyllis sur la base de Anthyllis tetraphylla L. en reproduisant presque la même description que Medikus[8]. Il s'agit de l'unique espèce de ce genre qui est donc synonyme de Tetrapodion.

En 1868, Jules Pierre Fourreau renomme Physanthyllis tetraphylla Boiss. en Tripodion tetraphyllum ce qui en fait l'unique espèce du genre[9].

En 1949, Alfred Rehder fait du genre Tripodion un synonyme du genre Anthyllis[10]. Certains index (Botanique.org par exemple) et études (américaines) continuent de suivre cette position erronée malgré les dernières études phylogénétiques.

Ces études phylogénétiques récentes séparent parfaitement le genre Tripodion du genre Anthyllis et d'autres genres beaucoup plus proches comme Hammatolobium et Cytisopsis et encore Lotus, Coronilla, Hyppocrepis et Scorpiurus[11],[12],[13].

Le genre est classé dans la sous-famille des Faboideae et dans la tribu des Loteae, cette tribu étant remise en cause par les récentes études phylogénétiques.

Tripodion tetraphyllum compte une sous-espèce :

  • Tripodion tetraphyllum subsp. purpureum (Maire & Wilczek) Dobignard

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Décompte de chromosomes sur Tropicos
  2. Gaspard Bauhin - Pinax Theatri Botanici, sen Index in Theoplirasti, Dioscoridis, Plinii, et botanicorum qui a seculo scripserunt opera - Bâle, 1623 - p. 332 - Numérisé par Gallica
  3. Joseph Pitton de Tournefort - Institutiones rei herbariæ - Volume 1 - Paris, 1700 - p. 391
  4. Carl von Linné - Species plantarum - Volume 2 - p. 719
  5. Jean-Baptiste de Lamarck - Flore françoise, ou, Description succincte de toutes les plantes qui croissent naturellement en France : disposée selon une nouvelle méthode d'analyse, & à laquelle on a joint la citation de leurs vertus les moins équivoques en médecine, & de leur utilité dans les arts - Paris, 1778 - p. 650
  6. Friedrich Kasimir Medikus - Versuch einer neuen Lehrart die Pflanzen nach zwei Methoden zugleich, nehmlich nach der künztlichen und natürlichen, zu ordnen, durch ein Beispiel einer natürlichen Familie erdriert - Vorlesungen der Kurpfälzischen physicalisch-ökonomischen Gesellschaft - Mannheim, 1787 - p. 348 Ouvrage numérisé par Gallica
  7. Dioscoride - De materia medica - Volume 4 - chapitre CXI : Lotos emeros
  8. Pierre Edmond Boissier - Voyage botanique dans le midi de l'Espagne - Volume 2 - p. 162 Numérisé par Google
  9. Jules Pierre Fourreau - Catalogue de plantes qui croissent spontanément le long du cours du Rhône - Annales de la Société linnéen de Lyon, Volume 16 - Paris, 1868 - p. 359
  10. Alfred Rehder - Bibliography of cultivated trees and shrubs hardy in the cooler temperate regions of the Northern Hemisphere - Boston, 1949 - p. 367
  11. G. J. Allan et J. Mark Porter - Tribal delimitation and phylogenetic relationships of Loteae and Coronilleae (Faboideae: Fabaceae) with special reference to Lotus: evidence from nuclear ribosomal ITS sequences - American journal of Botany - Volume 87 - 2000 - p. 1871-1881, en particulier les arbres p. 1876, 1877 et 1879 - Texte en ligne - cette étude montre d'ailleurs que Anthyllis tetraphylla (nom conservé par les études américaines après Alfred Rehder) doit former un genre à part entière séparé du genre Anthyllis tout en signalant que le genre Tripodion est absent de l'étude, les auteurs n'ayant pas fait le lien avec l'historique du genre
  12. Galina Degtjareva, Carmen Valiejo-Roman, Tahir Samigullin et Dmitry Sokoloff - On generic rank and phylogenetic relationships of Dorycnopsis Boiss. (Leguminosea, Lotae) - Annales del Jardín Botanicó de Madrid - Volume 63, n° 1 - Madrid, 2006 - p. 41-50, en particulier arbres phylogénétiques p . 46 et 47
  13. L. Nanni, N. Ferradini, F. Taffetani, R. Papa - Molecular Phylogeny of Anthyllis spp. - Plant Biology, Volume 6 - 2008 454–464 - cet article utilise aussi le nom Anthyllis tetraphylla pour conclure de manière identique aux articles précédents sur un clade particulier pour cette espèce

Liens externes[modifier | modifier le code]