Ralentisseur (route)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Ralentisseur)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ralentisseur (automobile) et Dos d'âne (homonymie).
vue en couleurs d'une surélévation de la chaussée.
Un ralentisseur de type dos-d'âne, accompagné d'un passage pour piétons, aux abords d'une école.

Le terme ralentisseur peut désigner un « dos-d’âne »[1], un ralentisseur trapézoïdal[2], un coussin berlinois ou tout passage surélevé (souvent limité à 30 km/h).

Bande sonore en Australie
Un ralentisseur de type bande sonore en Australie.

Description[modifier | modifier le code]

Les ralentisseur sont souvent des surélévations de chaussée d'environ 10 cm, qui occupent, la plupart du temps, la largeur totale de la chaussée et font de quelques centimètres à plusieurs mètres de long. D’autres aménagements sont utilisés pour modérer la vitesse : soit des surélévations de chaussée (plateaux et coussins), soit des bandes transversales (bandes rugueuses ou sonores, vibreurs), soit des déviations de trajectoire (chicanes) ou des rétrécissements de chaussée (écluses).

Les ralentisseurs et les autres aménagements similaires sont placés aux endroits où la circulation des véhicules à plus de 30 km/h présenterait un danger pour les autres usagers, surtout pour les piétons, par exemple aux abords des écoles ou dans les centres des villes où la vie locale est prépondérante. Leur largeur dépend de celle de la chaussée (certains sont situés avant les passages piétons), leur longueur varie de quelques centimètres (pour les bandes sonores) jusqu’à quelques mètres pour les dos d’âne, voire des dizaines pour les « plateaux surélevés ». Ils sont toutefois des obstacles sur la chaussée et peuvent eux-mêmes être source d'accidents graves pour des véhicules avec des amortisseurs en mauvais état[3] ou s'ils sont abordés à vitesse trop élevée.

Sur les autoroutes, on peut rencontrer des bandes sonores juste avant les péages mais aucun autre type de ralentisseur, sauf en cas de travaux, pour des raisons de sécurité.

Types de ralentisseurs[modifier | modifier le code]

Coussin berlinois
Coussin berlinois en caoutchouc vulcanisé.
Plateau ralentisseur en France
Plateau ralentisseur en France, caractérisé par le changement de couleur de la chaussée.

Dos d’âne[modifier | modifier le code]

Le ralentisseur de type dos d’âne (hauteur 10 cm, longueur 4 m) est le plus ancien des ralentisseurs, il est parfois appelé gendarme couché dans le langage populaire.

En France, il est interdit de mettre en place un passage pour piétons sur ceux de type dos d'âne, alors que ceux de type trapézoïdal en comportent obligatoirement au moins un[D 1]. Mais il n’est pas interdit de mettre un passage pour piétons après le dos d'âne, par exemple 20 m après. Le plateau est également surélevé, de 10 cm ou un peu plus, la longueur est variable (minimum 15 mètres).

Coussin[modifier | modifier le code]

Le coussin (ou coussin berlinois) est assez récent et est une forme spéciale du dos d’âne : c’est une plaque carrée surélevée (hauteur 6 à 7 cm, largeur 1,80 m environ), (souvent blanche pour être repérée) posée sur 1 voie à la fois (si la route est à double-sens, il y en a deux, etc.) avec 4 bords obliques. Elle oblige le conducteur d’un véhicule léger à ralentir à 30 km/h car les roues de droite ou de gauche doivent monter sur le coussin. Le conducteur d’un véhicule lourd ou d’un car peut en revanche éviter la montée sur le coussin en passant les roues juste de part et d'autre du coussin, mais pour bien viser le conducteur doit ralentir fortement, à 30 km/h également.

Ce type de ralentisseur est réputé dangereux par les conducteurs de deux-roues, surtout par temps de pluie car le risque de glisser est présent. Ce risque est renforcé lorsque le matériel n’est pas homologué, comme les matériels en caoutchouc vulcanisés, non visés par la norme régissant ces matériels[4].

Bande sonore[modifier | modifier le code]

La bande sonore, comme son nom l’indique, est une bande perpendiculaire à la voie comme le dos d’âne mais beaucoup plus fine et moins haute (hauteur 1 cm environ, largeur 50 cm environ). Sa particularité est d’émettre un bruit sourd à chaque passage d’un essieu de voiture (d’où leur qualification). Elles sont en groupes successifs de 3 à 6 pour pouvoir faire effet dans l’esprit du conducteur.

Créneau, chicane et écluse[modifier | modifier le code]

Le créneau 
Déformation courte mais volontaire du tracé de la route. Une voie en ligne droite est remplacée surtout aux abords des écoles par un créneau d’une cinquantaine de mètres environ. Il oblige à ralentir du fait des deux tournants serrés, et ceux d'autant plus que le gabarit du véhicule est important (et donc réputé dangereux), ce qui permet d’augmenter la sécurité sans inconfort notoire pour les usagers.
La chicane 
Variante du créneau, formée par des avancées de trottoir alternativement à droite et à gauche, distantes de 40 m environ.
L’écluse 
Réduction de la largeur de la chaussée (à 3,50 m par exemple) par la création d’avancées du trottoir de chaque côté, de sorte qu’un seul véhicule peut passer, l’autre venant du sens opposé devant attendre. L’écluse est parfois dotée de pistes latérales, de chaque côté, pour éviter aux cyclistes d’emprunter la chaussée centrale.

Autres types[modifier | modifier le code]

Mini rond-point en France
Mini rond-point en France.

La courbe serrée, simple mais efficace, est une autre déformation volontaire de la route, aux abords des carrefours par exemple pour obliger l'automobiliste à ralentir pour éviter de subir la force centrifuge.

Enfin, le carrefour giratoire, appelé rond-point en langage populaire, où la mise en place d’un îlot central à un endroit précis permet de réduire la vitesse des véhicules arrivant. Dans certains cas, le giratoire constitué d’une calotte bombée franchissable, il est appelé dans ce cas « mini-giratoire » : il est donc possible de le chevaucher ou de le franchir complètement (notamment les poids lourds).

Homologation et normes en France[modifier | modifier le code]

  • Le décret no 94-447 du 27 mai 1994[5] (NOR : EQUS9400480D) décrit de façon très précise les normes à respecter pour certains dispositifs de type ralentisseur.
  • La norme NF P 98-300 de juin 1994 s’applique pour les ralentisseurs routiers de type dos d’âne ou de type trapézoïdal.
  • Le « Guide des coussins et plateaux » de juillet 2010 (remplaçant celui de novembre 2000) réalisé et édité par le CERTU qui donne les recommandations techniques pour la conception et l’implantation des plateaux et coussins est l’ouvrage de référence pour ce type d'aménagement. À noter que le CERTU met également sur son site internet à disposition gratuitement de nombreuses fiches techniques sur les ralentisseurs :
  • Savoir de base en sécurité routière CERTU - Fiche no 3 de décembre 2008 : « Maitrise des vitesses par l’aménagement »[6] : Reprend les recommandations techniques des chicanes, mini-giratoire, ralentisseurs dos d'âne et trapézoïdal, coussin et plateau ;
  • Petits aménagements de sécurité CERTU - Fiche no X 04 de novembre 2003 : « Plateau surélevé »[7] ;
  • Petits aménagements de sécurité CERTU - Fiche no VI 03 de septembre 2006 : « Aménagement des abords d’une école » (plateau)[8] ;
  • Petits aménagements de sécurité CERTU - Fiche no VI 01 de décembre 2009 : « Chicanes pour la sécurité des piétons et des écoles »[9].

Les ralentisseurs ne peuvent être placés qu’en agglomération, sur des sections dont la vitesse est limitée à 30 km/h[D 2] ou en zones 30. L’implantation d’un ralentisseur (dos d’âne ou trapézoïdaux) est interdite à proximité des virages et des ouvrages d’art[D 3], elle est autorisée si le trafic ne dépasse pas 3 000 véhicules par jour en moyenne annuelle[D 3] et sur les voies dont la déclivité ne dépasse pas 4 %[D 3]. Les dispositifs de type « coussin berlinois » sont utilisés jusqu’à un trafic de 6 000 véhicules par jour[10]. Les plateaux surélevés (qui sont des rehaussements ponctuels de la chaussée) peuvent être utilisés quel que soit le volume de trafic. Ils peuvent être aménagés aussi bien sur voies limitées à 50 km/h avec limitation ponctuelle à 30 km/h que dans les zones 30[11].

De façon plus générale, il appartient à la commune de vérifier l’homologation du dispositif qu’elle souhaite installer et vérifier sa conformité aux normes pour le choix de son implantation, et lors de la construction[D 4]. En effet, la responsabilité du maire pourrait être recherchée en cas d’accident provoqué par un dispositif ne respectant pas la réglementation en vigueur[12]. En France, de nombreux ralentisseurs ne respecteraient pas la législation, entre 65 et 90% suivant les estimations[13].

Signalisation horizontale[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] page 7 : Article 28. Cassis ou dos-d’âne, sur le site developpement-durable.gouv.fr
  2. Ralentisseurs : Les différents types, sur le site sinoconcept.fr, consulté le 4 février 2016.
  3. La coccinelle s'était envolée sur un ralentisseur - Comparution du conducteur d'une « Cox » de 1956, responsable d'un grave accident., sur ladepeche.fr du 14 juin 2008, consulté le 10 février 2017
  4. Question écrite no 55273 posée le 14 juillet 2009, réponse du Ministre des Transports le 8 décembre 2009.
  5. Décret no 94-447 du 27 mai 1994 relatif aux caractéristiques et aux conditions de réalisation des ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal sur legifrance.gouv.fr
  6. [PDF]Décret n°2008754 du Code de la route : Mise en conformité des aires piétonnes et zones 30 existantes, sur securite-routiere.gouv.fr de aout 2009, consulté le 11 février 2017
  7. [PDF]Plateu surélevé, sur wir-people.com, consulté le 20 août 2017
  8. Accès à un établissement scolaire, sur wir-people.com, consulté le 20 août 2017
  9. Petits aménagements de sécurité, toutes les fiches de la collection, sur cerema.fr, consulté le 20 août 2017
  10. « coussins berlinois », sur technicites.fr, (consulté le 4 août 2011).
  11. Guide des coussins et plateaux, sur yvelines.fr, consulté le 20 août 2017
  12. Question écrite no 20309 de M. Henri de Raincourt publiée dans le JO Sénat du 6 février 1997 - page 334
  13. Thomas Drouart, « Ralentisseurs illégaux : quel recours face aux maires autophobes ? - Palais-de-la-Voiture.com », Palais-de-la-Voiture.com,‎ (lire en ligne)

Références au décret 94-447 (D)

  1. Annexe Article 5
  2. Annexe Article 2
  3. a, b et c Annexe Article 3
  4. Annexe Article 7

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]