Pacte de Bordeaux

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Le pacte de Bordeaux est l'affirmation par Adolphe Thiers le 10 mars 1871 d'un statu quo institutionnel entre les monarchistes et les républicains dans les débuts de la Troisième République.

Après le règlement du conflit avec la Prusse (Paix de Francfort, signée le ), la question de la nature du nouveau régime, après la chute de l'Empire, est posée. L'Assemblée qui comprend majoritairement des monarchistes nomme alors Adolphe Thiers à la tête de l'exécutif (il a affirmé son autorité notamment par l'écrasement de la Commune).

Les monarchistes, divisés entre les légitimistes (minoritaires, 182 sièges à l'assemblée) et les orléanistes (majoritaires, 214 sièges) espèrent alors encore la Restauration, tandis que les Républicains, minoritaires à l'Assemblée, veulent ancrer la République. Adolphe Thiers préfère ne pas trancher et affirme alors qu'aucun des deux camps ne sera déçu : c'est le pacte de Bordeaux (le gouvernement est alors réfugié à Bordeaux après l'invasion de la Prusse). L'accord s'effectue entre Adolphe Thiers et l'Assemblée nationale, qui siège au Grand Théâtre.

Malgré le pacte, le régime prend rapidement une tournure parlementaire et Adolphe Thiers entre en conflit avec l'Assemblée car il prend la direction d'une République conservatrice. Paradoxalement, le conflit et l'échec de la Restauration renforcent la tendance républicaine du régime : la loi Rivet () nomme Adolphe Thiers premier Président de la IIIe République.