M88

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M88
Image illustrative de l’article M88
La galaxie spirale M88
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Chevelure de Bérénice
Ascension droite (α) 12h 31m 59,1s[1]
Déclinaison (δ) 14° 25′ 13″ [1]
Magnitude apparente (V) 9,6[2]
10,4 dans la Bande B [2]
Brillance de surface 13,10 mag/am2[3]
Dimensions apparentes (V) 6,8 × 3,7[2]
Décalage vers le rouge 0,007609 ± 0,000010[1]
Angle de position 140°[2]

Localisation dans la constellation : Chevelure de Bérénice

(Voir situation dans la constellation : Chevelure de Bérénice)
Coma Berenices IAU.svg
Astrométrie
Vitesse radiale 2 281 ± 3 km/s[4]
Distance 17,984 ± 4,579 Mpc (∼58,7 millions d'a.l.)[5]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie spirale
Type de galaxie SA(rs)b[1],[6] Sb[2],[7]
Dimensions 116 000 a.l.[8]
Découverte
Découvreur(s) Charles Messier[6]
Date [6]
Désignation(s) NGC 4501
PGC 41517
UGC 7675
MCG 3-32-59
CGCG 99-76
VCC 1401 [2]
Liste des galaxies spirales

M88 (NGC 4501) est une galaxie spirale située dans la constellation de la Chevelure de Bérénice à une distance d'environ 59 millions d'années-lumière de la Voie lactée. Elle a été découverte par l'astronome français Charles Messier en 1781.

La classe de luminosité de M88 est II et elle présente une large raie HI. Elle renferme également des régions d'hydrogène ionisé. De plus, c'est une galaxie active de type Seyfert 2[1].

NGC 4501 faisait partie des galaxies étudiées lors du relevé des l'hydrogène neutre de l'amas de la Vierge par le Very Large Array. Les résultats de cette étude sont sur cette page du site du VLA[9].

Distance et mouvement de M88[modifier | modifier le code]

Plus d'une quarantaine de mesures non basées sur le décalage vers le rouge (redshift) donnent une distance de 17,984 ± 4,579 Mpc (∼58,7 millions d'a.l.)[5], ce qui est nettement à l'extérieur des distances calculées en employant la valeur du décalage qui donne ici une valeur de 31,9 ± 2,2 Mpc (∼104 millions d'a.l.)[10].

Cette galaxie, comme plusieurs de l'amas de la Vierge, est relativement rapprochée du Groupe local et on obtient souvent une distance très différente en se basant sur le décalage. Cela est sans doute dû à la faible gravité exercée par le Groupe local ou par l'amas de la Vierge lui-même, certaines galaxies se dirigeant vers le centre de l'amas, qui contrebalance l'expansion de l'Univers et qui rend ainsi la loi de Hubble moins applicable. Selon ces deux mesures, M88 lactée se dirige vers le centre de l'amas en direction opposée de la Voie lactée. La distance de 15,177 Mpc est sans peut-être plus près de la réalité. À cette distance, la taille maximale de la galaxie est de 116 kal.

M88 se déplace en effet sur une orbite très elliptique qui la transporte vers le centre de l'amas occupé par la galaxie elliptique géante M87. La galaxie M88 est présentement entre 300 et 480 kpc du centre de l'amas et elle sera à sa plus courte distance de celui-ci dans environ 200 à 300 millions d'années. Le mouvement de M88 dans le milieu intergalactique crée une pression dynamique sur celle-ci qui enlève l'hydrogène neutre de sa périphérie. On a détecté cet enlèvement le long du côté ouest de M88.[11]

Trou noir supermassif[modifier | modifier le code]

Selon une étude publiée en 2009 et basée sur la vitesse interne de la galaxie mesurée par le télescope spatial Hubble, la masse du trou noir supermassif au centre de M88 serait comprise entre 15 millions et 80 millions de .[12]

Supernova[modifier | modifier le code]

La supernova SN 1999cl a été découverte le 29 mai dans Messier 88 par M. Papenkova, A. V. Filippenko, et R. R. Treffers de l'université de Californie à Berkeley dans le cadre du programme LOSS (Lick Observatory Supernova Search) de l'Observatoire de Lick[13]. Cette supernova était de type Ia[14].

Groupe de M88, de M60 et l'amas de la Vierge[modifier | modifier le code]

M88 est la galaxie la plus grosse et la plus brillante d'un groupe de galaxies qui porte son nom. Le groupe de M88 décrit par A.M. Garcia dans un article publié en 1993 au moins 44 membres, dont 17 apparaissent au New General Catalogue et 18 à l'Index Catalogue.[15]

D'autre part, la plupart des galaxies du New General Catalogue, dont M88, et seulement trois de l'Index Catalogue du groupe de M88 apparaissent dans une liste de 227 galaxies d'un article publié par Abraham Mahtessian en 1998. [16] Cette liste comporte plus de 200 galaxies du New General Catalogue et une quinzaine de galaxies de l'Index Catalogue. On retrouve dans cette liste 11 galaxies du Catalogue de Messier, soit M49, M58, M60, M61, M84, M85, M87, M88, M91, M99 et M100.

Toutes les galaxies de la liste de Mahtessian ne constituent pas réellement un groupe de galaxies. Ce sont plutôt plusieurs groupes de galaxies qui font tous partie d'un amas galactique, l'amas de la Vierge. Pour éviter la confusion avec l'amas de la Vierge, on peut donner le nom de groupe de M60 à cet ensemble de galaxies, car c'est l'une des plus brillantes de la liste. L'amas de la Vierge est en effet beaucoup plus vaste et compterait environ 1300 galaxies, et possiblement plus de 2000[17], situées au coeur du superamas de la Vierge, dont fait partie le Groupe local.[18],[19]

De nombreuses galaxies de la liste de Mahtessian se retrouvent dans dix groupes décrits dans l'article d'A.M. Garcia [15], soit le groupe de NGC 4123 (7 galaxies), le groupe de NGC 4235 (29 galaxies), le groupe de NGC 4261 (13 galaxies), le groupe de M61 (32 galaxies, M61 = NGC 4303), le groupe de NGC 4442 (13 galaxies), le groupe de NGC 4461 (9 galaxies), le groupe de M49 (127 galaxies, M49 = NGC 4472), le groupe de M87 (96 galaxies, M87 = NGC 4486), le groupe de M88 (44 galaxies, M88 = NGC 4501) et le groupe de NGC 4535 (14 galaxies). Ces dix groupes font partie de l'amas de la Vierge et ils renferment 387 galaxies. Certaines galaxies de la liste de Mahtessian ne figurent cependant dans aucun des groupes de Garcia et vice versa.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) « NASA/IPAC Extragalactic Database », Resultats pour NGC 4501 (consulté le 15 août 2020)
  2. a b c d e et f « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke» sur le site ProfWeb, NGC 4500 à 4599 »
  3. La brillance de surface (S) se calcule à partir de la magnitude apparente (m) et de la surface de la galaxie selon l'équation
  4. On obtient la vitesse de récession d'une galaxie à l'aide de l'équation v = z×c, où z est le décalage vers le rouge (redshift) et c la vitesse de la lumière. L'incertitude relative de la vitesse Δv/v est égale à celle de z étant donné la grande précision de c.
  5. a et b « Your NED Search Results », sur ned.ipac.caltech.edu (consulté le 15 août 2020)
  6. a b et c (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le 15 août 2020)
  7. (en) « NGC 4501 sur HyperLeda » (consulté le 15 août 2020)
  8. On obtient le diamètre d'une galaxie par le produit de la distance qui nous en sépare et de l'angle, exprimé en radian, de sa plus grande dimension.
  9. (en) « VLA Imaging of Virgo in Atomic Gas, NGC 4501 » (consulté le 4 septembre 2020)
  10. On obtient la distance qui nous sépare d'une galaxie à l'aide de la loi de Hubble : v = Hod, où Ho est la constante de Hubble (70±5 (km/s)/Mpc) . L'incertitude relative Δd/d sur la distance est égale à la somme des incertitudes relatives de la vitesse et de Ho
  11. B. Vollmer, M. Soida, A. Chung, J. H. van Gorkom, K. Otmianowska-Mazur, R. Beck, M. Urbanik et J. D. P. Kenney, « Pre-peak ram pressure stripping in the Virgo cluster spiral galaxy NGC 4501 », Astronomy and Astrophysics, vol. 483#1,‎ , p. 89-106 (DOI 10.1051/0004-6361:20078139, Bibcode 2008A&A...483...89V, lire en ligne)
  12. A. Beifiori, M. Sarzi, E.M. Corsini, E. Dalla Bontà, A. Pizzella, L. Coccato et F. Bertola, « UPPER LIMITS ON THE MASSES OF 105 SUPERMASSIVE BLACK HOLES FROM HUBBLE SPACE TELESCOPE/SPACE TELESCOPE IMAGING SPECTROGRAPH ARCHIVAL DATA », The Astrophysical Journal, vol. 692#1,‎ , p. 856-868 (DOI 10.1088/0004-637X/692/1/856, lire en ligne)
  13. (en) « IAUC 7185: 1999cl; V382 Vel; 1998S, 1999Z, 1999aa, 1999ac, 1999an, 1999be » (consulté le 15 août 2020)
  14. (en) « Bright Supernovae - 1999 » (consulté le 15 août 2020)
  15. a et b A.M. Garcia, « General study of group membership. II - Determination of nearby groups », Astronomy and Astrophysics Supplement Series, vol. 100 #1,‎ , p. 47-90 (Bibcode 1993A&AS..100...47G)
  16. Abraham Mahtessian, « Groups of galaxies. III. Some empirical characteristics », Astrophysics, vol. 41 #3,‎ , p. 308-321 (DOI 10.1007/BF03036100, lire en ligne, consulté le 21 septembre 2018)
  17. (en) « Cosmos, Virgo Cluster » (consulté le 22 avril 2020)
  18. (en) P. Fouque, E. Gourgoulhon, P. Chamaraux, G. Paturel, « Groups of galaxies within 80 Mpc. II - The catalogue of groups and group members », Astronomy and Astrophysics Supplement, vol. 93,‎ , p. 211-233 (Bibcode 1992A&AS...93..211F, lire en ligne)
  19. (en) Tully, R.B., « The Local Supercluster », Astrophysical Journal, vol. 257,‎ , p. 389-422 (DOI 10.1086/159999, Bibcode 1982ApJ...257..389T, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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