M80

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M80
Image illustrative de l’article M80
L'amas globulaire Messier 80
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Scorpion
Ascension droite (α) 16h 17m 02,5s[1]
Déclinaison (δ) −22° 58′ 30,4″ [1]
Magnitude apparente (V) 7,3 [2]
Dimensions apparentes (V) 10,0 [2]
Astrométrie
Distance environ 10,0 kpc (∼32 600 a.l.)[3]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Amas globulaire
Classe II [2]
Masse 5,02 × 105 M [3]
Dimensions 95 al[4]
Âge ~ 12,54 × 109 a [5]
Particularité(s) =
Découverte
Découvreur(s) Charles Messier[6]
Date [6]
Désignation(s) NGC 6093
GCL 39
ESO 516-SC11[2]
Liste des amas globulaires

M80 (ou NGC 6093) est un amas globulaire situé dans la constellation du Scorpion à environ 32 600 années-lumière du système solaire. Messier 80 a été découvert par l'astronome français Charles Messier en 1781. Il l'a décrit comme une nébuleuse sans étoiles qui ressemble au noyau d'une petite comète[4]. William Herschel a été le premier à résoudre les étoiles de M80[4] en [6].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

M80 par le télescope spatial Hubble. L'analyse des images de M80 a révélé un nombre élevé d'étoiles traînardes bleues.

M80 est l'un des plus denses des 147 amas globulaires connus dans la Voie lactée[7]. Il contient des centaines de milliers d'étoiles maintenues ensemble par la gravité[4]. Cet amas est particulièrement utile pour l'étude de l'évolution stellaire, car ses étoiles sont presque toutes très âgées, environ 13 milliards d'années, mais leur masse est très différente[7].

En analysant les images captées par Hubble ainsi que celle prises à travers un filtre ultraviolet, les astronomes ont trouvé une population élevée de traînardes bleues au cœur de l'amas. Ces étoiles isolites, massives et jeunes montrent que de fréquentes collisions et fusions stellaires peuvent se produire dans des régions denses comme le noyau de certains amas globulaires[7] comme M80 et aussi NGC 6397.

La métallicité de M80 est estimée à -1,47 [Fe/H][5]. Son âge de 12,54 milliards d'années est comparable à celui des autres amas globulaires de notre galaxie dont les âges vont de 10,24 (NGC 1261 et NGC 3201) à 13,95 (NGC 6171) milliards d'années[5].

Une nova dans M80[modifier | modifier le code]

Le , la nova T Scorpii s'est produite au sein de M80. Elle a atteint la magnitude apparente de 6,8 surclassant temporairement l'ensemble de l'amas. Une nova est une explosion thermonucléaire qui se produit à la surface d'une étoile d'un système binaire par accrétion de la matière de celle-ci aux dépens de sa compagne. Les observations en ultraviolet de Hubble on découvert le reste chaud et peu lumineux l'étoile génitrice de la nova (T Scorpii)[7]. Curieusement, ces mêmes observations n'ont révélé que deux autres étoiles binaires susceptible de produire une nova, bien moins que prévu théoriquement pour le taux de collisions stellaires[7]. Ainsi, les traînardes bleues semblent indiquer qu'il y a beaucoup de collisions stellaires et les novas qu'il y en a peu[7]. Un autre mystère pour les astronomes.

Localisation[modifier | modifier le code]

On peut trouver aisément M80. L'amas est à mi-distance d'Antarès (Alpha Scorpii) et de Beta Scorpii (Graffias), juste sous le parallèle de déclinaison de Delta Scorpii (Dschubba)[4].

Localisation de M80.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Results for object NGC 6093 », NASA/IPAC Extragalactic Database (consulté le )
  2. a b c et d « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke» sur le site ProfWeb, NGC 6000 à 6099 »
  3. a et b J. Boyles, D. R. Lorimer, P. J. Turk, R. Mnatsakanov, S. Lynch, S. M. Ransom, P. C. Freire et K. Belczynski, « YOUNG RADIO PULSARS IN GALACTIC GLOBULAR CLUSTERS », The Astrophysical Journal, vol. 742#1,‎ , p. 12 pages (DOI 10.1088/0004-637X/742/1/51, Bibcode 2011ApJ...742...51B, lire en ligne)
  4. a b c d et e « SEDS Observatoire de Paris, M80 » (consulté le )
  5. a b et c Duncan A. Forbes et Terry Bridges, « Accreted versus in situ Milky Way globular clusters », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 404#3,‎ , p. 1203-1214 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2010.16373.x, Bibcode 2010MNRAS.404.1203F, lire en ligne)
  6. a b et c (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le )
  7. a b c d e et f (en) « Hubble Site, GLOBULAR CLUSTER M80: A SWARM OF ANCIENT STARS IN THE MILKY WAY » (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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