Louis-Roger

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Louis-Roger
Louis-Roger.jpg
Louis-Roger en .
Naissance
Décès
Nom de naissance
Roger
Nationalité
Activité
Formation

Louis-Roger (né Louis Roger à Dol-de-Bretagne le et mort le à Guer) est un peintre, dessinateur, graveur et cinéaste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et famille[modifier | modifier le code]

Louis-Roger est né à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine, France) le .

Son père est peintre-décorateur. Son atelier jouxte la maison familiale, et c’est enfant que Louis-Roger va découvrir dans le lieu professionnel paternel les formes et les couleurs qui vont provoquer en lui une véritable fascination. Ce père attentif n’hésite pas à lui octroyer un espace mural et lui confier pinceaux et godets, où dorment les restes des couleurs en fin d’exercice [1].

Architecte de formation, Louis-Roger devient peintre après des études aux Académies des beaux-arts de Rennes puis de Paris. Installé à Montmartre[2], dans le XVIIIe arrondissement parisien, il dirige pendant huit ans une agence d'architecture avant de rejoindre le cinéma.

Une relation intime avec la poésie[modifier | modifier le code]

Alors qu’il est jeune élève des Beaux-arts de Rennes puis de Paris, un médecin de campagne, le Docteur Revert, humaniste, esthète amoureux des poètes, lui présente Théophile Briant[3] et Angèle Vannier [4].

Une amitié sincère le lie à l’écrivain breton Théophile Briant, qui lui confie l’illustration de l’un de ses recueils poétiques : une dizaine de lithographies réalisées dans le prestigieux Atelier Mourlot à Paris[5]. Plus tard, Théophile Briant lui fait rencontrer le poète Charles Le Quintrec[6],[7].

L’artiste et le cinéma[modifier | modifier le code]

En 1966, Louis-Roger rencontre Pierre Braunberger, producteur cinématographique de la « Nouvelle Vague ». Pendant plus de 10 ans, Louis-Roger réalise aux « Films de la Pléiade » une douzaine de documentaires et de courts métrages[8] et obtient 3 distinctions internationales :

  • la Proue d’Or à Milan en 1970 pour son film Vive-Eau,
  • le Chevreuil d’Or à Novi-Sad en ex-Yougoslavie en 1970 pour son film Vive-Eau,
  • le Prix Jean-Vigo en 1969 pour son film Le Deuxième Ciel[9].
La façade du Cinéma du Panthéon, dessinée par Louis-Roger. Paris, 5e arrondissement.

En 1972, il dessine la façade du Cinéma du Panthéon, célèbre salle d’art et essai Parisienne. C’est dans cette salle que furent projetés la première de l’Âge d’or de Luis Buñuel et Zéro de conduite de Jean Vigo.

Dans une lettre du 24 mars 1975, l’écrivain Claude Aveline, Président fondateur du Prix Jean-Vigo, témoigne en ces termes : « Au long de ces vingt-cinq années de recherches et d’interrogations, Le Deuxième Ciel est venu mettre une note singulière de pureté, d’harmonie, de silence, de foi en la nature et en l’homme. Cette singularité risque de moins en moins de devenir banale »[10].

Son premier film,Vive-Eau, est tourné dans la baie du Mont-Saint-Michel en 1967. Interrogation sur la vie solitaire et périlleuse du pêcheur à pieds, aux prises avec l’immensité des marées. Louis-Roger en confie la musique à un tout jeune musicien inconnu alors, Alan Stivell[11],[12]. Lors de la sortie du film en 1967, Henri Agel, professeur au lycée Voltaire à Paris, du cours préparatoire à l’IDHEC (Institut des Hautes Études Cinématographiques), puis de Cinéma aux universités de Montpellier et de Fribourg en Suisse, écrit : « Rarement j’ai retrouvé aussi bien réfracté à travers une sensibilité vivante, mûrie et personnelle le plus noble héritage de Flaherty et des Japonais. La marche de ce pêcheur à travers l'espace, on n'est pas prêt de l'oublier. Non plus que cette teinte étrange et vraiment onirique »[13].

En 1968, son film Vive-Eau est sélectionné au Festival de Tours. En 1970, accompagné de Raymond Sauvaire, chef opérateur de cinéma et scénariste, Louis-Roger rend hommage aux dernières locomotives à vapeur dans un documentaire intitulé Au champs de vapeur[14].

Durant les quinze années d’art cinématographique pratiqué en qualité de réalisateur de courts-métrages aux Films de la Pléiade dirigé par Pierre Braunberger, l’onirisme de l’image a une place prépondérante dans tous ses films. Tout ce travail cinématographique ne l’empêche pas de peindre et de s’exprimer à travers différentes techniques : gouache, huile, gravure, lavis, fresque et le décor de théâtre[15], d'opéra et de cinéma.

Peinture et architecture[modifier | modifier le code]

Fontaine Thoreau Dol-de-Bretagne
La fontaine Thoreau, à Dol-de-Bretagne, Ille-et-Vilaine, France.

Vivant en région nantaise depuis 1980, Louis-Roger ne cesse de peindre. Sa décision est prise, celle de s’y consacrer complètement. En 1981, il expose à Nantes à la Galerie Bourlaouen quelques peintures à l’huile, mais surtout des lavis. Cette exposition est très remarquée par l’écrivain et poète Jean-Pierre Fouché, lequel tient la chronique artistique hebdomadaire du journal Nantes-Poche.

En 1992, Louis-Roger prend la direction artistique des ateliers du Centre de la Fresque[16] au Château de Blain (formations de fresquistes au processus « a fresco » traditionnel). En 1994, l’artiste expose dans la tour du château Focales, une vingtaine d’œuvres en regard du cinéma. Cette même année, l’architecte-urbaniste Jean-François Revert, lauréat du Grand prix de l'urbanisme en 1990, le sollicite en vue de la réédification, à Dol-de-Bretagne, de la fontaine Thoreau détruite en 1793. Son projet adopté, l’ensemble monumental en granite est inauguré le 18 juin 1994, au centre de la Grande rue des Stuart.

Sollicité par une communauté orthodoxe, il réalise en compagnie de l’iconographe ukrainienne Ludmila Titchenkova, la fresque d’une église à Nantes. Suivent plusieurs chantiers d’application avec ses étudiants du Centre de la Fresque de Blain, dans trois chapelles environnantes (St Roch, St Germain et Ste Anne) qui se visitent aujourd’hui. En 1996, il réalise la fresque monumentale de l’église St Laurent de Blain (loire-Atlantique, France).

Renouant avec l’espace architectural en 2015, Louis-Roger est lauréat d’un concours en vue de l’édification d’une œuvre d’art au cœur du Parc d’activités du Val Coric à Guer (Morbihan), œuvre qui interroge par sa symbolique et son esthétisme, intitulée Entreprendre [17].

En décembre 2018, la ville de Rennes accueille l'artiste au sein d'une exposition de peintures et de gravures, intitulée Contre-courant[18].

La période d’envol[modifier | modifier le code]

À dater des années 2000, une transformation s’opère totalement dans la production artistique de Louis-Roger. Libéré de toute forme académique, pour lui, c’est sa période d’éveil. Sans renier sa précédente production, il considère celle-ci comme une lente maturation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Citation de Louis-Roger Association les Amis de Louis-Roger, janvier 2018.
  2. Artistes ayant vécu ou travaillé à Montmartre Louis-Roger (Roger Louis dit) Peintre, Graveur, Cinéaste, Architecte.
  3. Louis-Roger, cité dans "Robert Surcouf: le corsaire invincible", de Théophile Briant, Éditions Fernand Lanore, 2002 - 206 pages.
  4. Angèle Vannier, la Traversée ardente de la nuit, par Dominique Bodin et Françoise Coty, 310 p. - 15,5 × 24 cm - (ISBN 9782844211279). Tirage de tête avec une estampe de Louis-Roger signée et numérotée.
  5. Vingt-cinq poèmes de la Tour du Vent, de Théophile Briant, avec lithographies originales de Louis-Roger, Éditions Les Exemplaires, Paris, 1955.
  6. Louis-Roger Des matins dans les ronces, de Charles Le Quintrec, Albin Michel, 2 novembre 2012 - 288 pages.
  7. Louis-Roger, cité p. 199 et p. 440 de Les grandes heures littéraires de Bretagne, de Charles Le Quintrec, Ouest France, 1978 - 442 pages.
  8. Liste des films primés réalisés par Louis-Roger Les Films du jeudi
  9. Louis-Roger, sur le site du Prix Jean Vigo Lauréat Court métrage 1969 - Le Deuxième Ciel.
  10. Critique cinématographique de Claude Aveline, Prix Jean Vigo 1951 à 1991, Éditions RAMSAY, juin 1991.
  11. Ouest-France, « L'exposition Louis-Roger est ouverte au centre culturel », Ouest-France, groupe SIPA - Ouest-France,‎ , article no 1852450 (ISSN 0999-2138, lire en ligne, consulté le 10 janvier 2019).
  12. Sur la route des plus belles légendes celtes, Alan Stivell, Thierry Jolif - Arthaud Poche, 2017
  13. Le Deuxième Ciel, présentation du film et du cinéaste Louis-Roger, Prix Jean Vigo 1951 à 1991, Éditions RAMSAY, juin 1991.
  14. Au Champ de Vapeur Documentaire de Louis-Roger, couleurs, 1969, 14 minutes, Visa n° 35 384. Production : Les Films de la Pléiade
  15. « Le Théâtre de la Rivière », un théâtre itinérant sur les canaux bretons Site officiel de la danseuse Danièle Auray
  16. Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires - Association bretonne et union régionaliste bretonne, Volume 128 Google Livres - Presse bretonne, Saint Brieuc (2002)
  17. L'œuvre de Louis-Roger a été inaugurée au parc du Val-Coric Ouest-France, 13 septembre 2015.
  18. Exposition de peintures et de gravures de Louis-Roger à Rennes, Ille-et-Vilaine Ouest-France, 24-25 novembre 2018.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]