Ligne de Hajnal

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La ligne rouge celle d'Hajnal. La bleu foncé lignes montre les zones ayant un haut taux de mariage à l'ouest de la ligne Hajnal

La ligne Hajnal est une frontière qui relie Saint-Pétersbourg (Russie) et Trieste (Italie). En 1965, John Hajnal découvre qu'elle divise l'Europe en deux zones caractérisées par différents niveaux de mariage. À l'ouest de la ligne, le taux de mariage et de fécondité est relativement faible, et une minorité de femmes se marient tard ou restent seules. À l'est de la ligne et en Méditerranée et certains points de l'ouest de l'Europe, le mariage précoce était la norme et la forte fécondité était contrée par la mortalité élevée[1],[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

À l'ouest de la ligne, l'âge moyen des mariages pour une femme était 23 ans ou plus[3], 26 pour les hommes, les époux ont un âges relativement proche[4], un grand nombre de femme se mariaient pour la première fois à la trentaine ou la quarantaine et 10 % à 20 % des personnes ne se marient jamais[5],[6],[7]. À l'est de la ligne, la moyenne d'age pour les deux genres est plus basse, l'écart entre d'âge entre les époux est plus dispersée et le mariage plus universel. Des recherches ultérieures ont confirmé la division du continent par la ligne d'Hajnal, et est devenue connue sous le nom de « Western European marriage pattern » (modèle de mariage d'Europe occidentale), bien que des historiens en démographie ont noté des variations notables dans les régions; à l'ouest de la ligne, environ la moitié des femmes entre 15 et 50 ans étaient mariées alors que l'autre moitiés étaient veuves ou célibataires; à l'est de la ligne, 70 % des femmes de cet âge étaient mariées alors que le reste étaient veuves ou religieuses[8]. Le nombre de veuves remariées a aussi gardé l'âge de mariage comparativement élevé[9] ; si les femmes se marient pour la première fois à 21 ans et que 20 % des mariages deviennent veuves et que l'age moyen des remariage était 40 ans alors l'âge moyen de mariage pour les femmes serait 24.8 ans ((21 × 0.8) + (40 × 0.2) = 24.8)[10]. La proportion des mariages remariés (veuf/veuf se remariant) dans la fin des années 1500 était aussi de 30%; cette proportion est tombée à 11 % au début des années 1800[11].

Alors que l'âge moyen du premier mariage a monté à 25 ans pour les femmes et 27 ans pour les hommes en Angleterre et dans la fin du XVIe siècle[12], que le pourcentage de femmes anglaises se mariant a baissé de plus de 90 % à 80 % au cours du XVIIe siècle et que la moyenne de mariage est monté à 26 ans[13], il y a eu toutefois une grande variation à l'intérieur de l'Europe de l'Ouest. Tandis que les Lowlands virent un modèle similaire à l'Angleterre, avec des femmes mariées au milieu de la vingtaine après une période de service domestique, le taux de natalité des Highlands et des Hébrides implique un mariage plus jeune pour la mariée[14]. De manière similaire, en 1620, l'age moyen du premier mariage pour les suédoise était d'environ 20 ans et la proportion de femme seule était de moins de 10 %, cependant à la fin du 18eme siècle, ce chiffre avait grimpé à 26 ans et continua de grimper avec le taux de célibat dû à la chute de la mortalité infantile, du déclin des famines et d'autres facteurs[15].

Effets[modifier | modifier le code]

Le modèle de mariage d'Europe occidentale qui fait que les mariages sont tard et non-universel restreint massivement la fertilité, spécialement lorsque celui-ci est associé à des très faibles naissances hors mariage. La contraception délais surtout le mariage plus que baissant la fertilité à l'intérieur de celui-ci. La phase de fécondité d'une femme depuis la ménarche (atteinte entre 12 ans et 16 ans)[16],[17] jusqu'à la naissance de son premier enfant était exceptionnellement longue, avec une moyenne de dix ans.

Économie[modifier | modifier le code]

Les différences de classes ont joué un grand rôle dans quand un couple pourrait se marier. Plus un couple serait riche, plus il serait enclin à se marier tôt. Les femmes nobles se marièrent plus tôt mais était une petite minorité[18]. Un millier d'acte de mariage délivrés par le Diocèse de Canterbury entre 1619 et 1660 montre que seulement une seule femme était âgée de 30 ans, quatre de 15 ans, douze de 16 ans et dix-sept de 17ans, le reste des 966 mariées étaient âgées de 19 ans ou plus lorsqu'elles se marièrent pour la première fois. L'église stipulait que les mariés devaient être âgés d'au moins 21 ans pour se marier sans le consentement de la famille. L'âge médian était 22.8 ans pour les femmes et presque 25.5 ans pour les hommes tandis que la moyenne se situait plutôt autour des 24 ans pour les femmes et 28 ans pour les hommes. Les femmes les plus jeunes provenaient de la noblesse[19].

Les taux modérés de fertilité, de mortalité et de mariage au sein d'une région étaient liés à son économie; lorsque les temps étaient meilleurs, plus de gens pouvaient se permettre de se marier plus tôt et ainsi d'avoir plus d'enfants et inversement plus de gens retardaient leur mariages (ou restaient non mariés) et avaient moins d'enfant lorsque les temps étaient mauvais. Ce contraste avec les sociétés en dehors de cette région où le mariage précoce était presque universel et une grande fertilité était contré par une grande mortalité[20]. Pendant le XVe siècle, une femme Toscane de 21 ans était vue comme ayant passé son âge de mariage, la limite étant 19 ans, et facilement 97 % des femmes florentines étaient marié à 25 ans alors que 21 ans était l'âge typique d'une femme anglaise[21].

Références[modifier | modifier le code]

  1. John Hajnal, Population in History, London, Arnold, , « European marriage pattern in historical perspective »
  2. David I. Kertzer et Marzio Barbagli, The history of the European family, New Haven, Yale University Press, , xiv
  3. David Levine, Family Formation in an Age of Nascent Capitalism, Academic Press, (ISBN 978-0-12-445050-9), p. 152
  4. Peter Laslett, The World We Have Lost, New York, New York, Charles Scribner's Sons, , p. 82
  5. John Hajnal, Population in History, London, Arnold, , 101–143 p., « European marriage pattern in historical perspective »
  6. Stephanie Coontz, Marriage, a History: From Obedience to Intimacy, or How Love Conquered Marriage, New York, New York, Viking Press, Penguin Group, , 125–129 p. (ISBN 978-0-670-03407-9)
  7. Tine De Moor et Jan Luiten van Zanden, « Girl power: the European marriage pattern and labour markets in the North Sea region in the late medieval and early modern period », The Economic History Review, vol. 63, no 1,‎ , p. 1–33 [p. 17] (DOI 10.1111/j.1468-0289.2009.00483.x)
  8. Kertzer 2001; 224–225
  9. Bill Bryson, At Home: A Short History of Private Life, Anchor Press, (ISBN 978-0-552-77735-3), p. 337
  10. Hajnal, 1965. pp. 108–109
  11. E.A. Wrigley et R.S. Schofield, The population history of England, 1541–1871: a reconstruction, Cambridge, Mass., Harvard Univ. Press., , 258–259 p. (ISBN 978-0-674-69007-3)
  12. De Moor, 2009; 17
  13. David Cressy, Birth, Marriage, and Death : Ritual, Religion, and the Life-Cycle in Tudor and Stuart England, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-820168-7), p. 285
  14. A. Lawrence, A Companion to Tudor Britain, Oxford, Blackwell John Wiley & Sons, (ISBN 978-1-4051-3740-9), « Women in the British Isles in the sixteenth century », p. 384
  15. Lennart Palm et Raphaëlle Schott, « Le changement caché du système démographique suédois à "l'Époque de la Grandeur" », Annales de Démographie Historique, vol. 2, no 102,‎ , p. 141–172 (lire en ligne)
  16. « Menarche », sur Mum.org
  17. John Hajnal, Population in History, London, Arnold, , « European marriage pattern in historical perspective », p. 123
  18. Coontz, Stephanie. 2005. pp. 125–129.
  19. Laslett, Peter. 1965. p. 82
  20. Kertzer, David I and Marzio Barbagli. 2001. p. xxii
  21. De Moor, Tine and Jan Luiten van Zanden. 2009. pp. 17–18