Gouvernement Orban

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Gouvernement Orban
(ro) Guvernul Ludovic Orban

Roumanie

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Premier ministre Ludovic Orban, en 2019.
Président Klaus Iohannis
Premier ministre Ludovic Orban
Élection 11 décembre 2016
Législature 8e
Formation
Durée 17 jours
Composition initiale
Parti politique PNL
Ministres 17
Femmes 3
Hommes 14
Représentation
Chambre des députés
69 / 329
Sénat
27 / 136
Drapeau de la Roumanie

Le gouvernement Orban (en roumain : Guvernul Ludovic Orban) est le gouvernement de la Roumanie depuis le 4 novembre 2019, sous la 8e législature de la Chambre des députés et du Sénat.

Il est dirigé par le libéral Ludovic Orban, dont le parti est arrivé deuxième aux élections de 2016. Il succède au gouvernement de la sociale-démocrate Viorica Dăncilă, renversé par une motion de censure initiée par le Parti national libéral.

Historique du mandat[modifier | modifier le code]

Dirigé par le nouveau Premier ministre Ludovic Orban, ancien ministre des Transports, ce gouvernement est constitué du Parti national libéral (PNL). Seul, il dispose de 69 députés sur 329, soit 21 % des sièges de la Chambre des députés, et 27 sénateurs sur 136, soit 19,9 % des sièges du Sénat.

Il est formé à la suite de l'adoption d'une motion de censure par le Parlement le 10 octobre 2019, initiée par les libéraux.

Il succède donc au gouvernement de la sociale-démocrate Viorica Dăncilă, au pouvoir depuis janvier 2018, constitué et soutenu par le seul Parti social-démocrate (PSD). Abandonné par ses alliés de l'Alliance des libéraux et démocrates (ALDE) et l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), l'exécutif est renversé par 238 voix sur 465[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Cinq jours après le renversement de Dăncilă et après avoir entendu les représentants des différents partis représentés au Parlement, le président Klaus Iohannis nomme Ludovic Orban, président du PNL, au poste de Premier ministre. Il dispose alors de dix jours pour constituer le nouveau gouvernement[2]. Le chef de l'État précise alors qu'il est favorable à la tenue d'élections parlementaires anticipées mais qu'il refuse qu'elles se tiennent sous l'autorité intérimaire du gouvernement Dăncilă, d'où la nécessité de constituer un cabinet de plein exercice[3].

Orban indique deux jours plus tard son intention de constituer un gouvernement minoritaire autour du seul PNL, répondant de manière favorable à une demande de l'ALDE. En revanche, le parti Pro Romania annonce qu'il ne votera pas la confiance au nouveau cabinet et l'UDMR estime que le Parlement ne soutiendra pas le nouveau chef de l'exécutif[4]. Après plusieurs jours de discussions, il signe le 22 octobre deux accords avec l'Union sauvez la Roumanie (USR) et l'ALDE, tandis que l'UDMR indique finalement être prête à lui accorder son appui s'il renonce à toute tentative de réformer la justice par décret-loi ; le soutien du Parti Mouvement populaire (PMP) devient cependant hypothétique car en s'alliant avec l'ALDE, Orban confirme la formation d'un gouvernement monocolore, ce qui exclut l'entrée initialement envisagée de ministres issus ou proposés par le PMP[5]. Il obtient finalement le soutien du Parti Mouvement populaire, ainsi que de l'UDMR et des députés représentant les minorités nationales, et bénéficie de l'appui de huit élus de Pro Romania, dont les vice-présidents du parti et anciens ministres Sorin Cîmpeanu et Daniel Constantin[6].

Auditions et investiture[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre désigné présente la composition de son équipe le 24 octobre, qui comprend 17 membres dont une vice-Première ministre[7]. Le 28 octobre, le Parlement fixe la date du vote de confiance au 4 novembre, et celles des auditions des ministres par les commissions parlementaires au 29 et 30 octobre ; un calendrier contraire à celui proposé par Orban, qui suggérait des auditions les 28 et 29 octobre, puis une investiture le 30. L'association des votes du PSD et de Pro Romania a permis le rejet de cette proposition[8].

À l'issue des auditions parlementaires, les ministres des Finances Florin Cîțu, des Travaux publics Ion Ștefan et du Travail Violeta Alexandru sont rejetés par les commissions compétentes des deux chambres. Le Premier ministre désigné dénonce alors un « vote politique » orchestré par les sociaux-démocrates et confirme son intention de se présenter avec son équipe sans changement devant les assemblées. Il bénéficiera à cette occasion du vote favorable d'au moins une députée du PSD, une prise de position qui pourrait entraîner d'autres défections au sein du parti au pouvoir[9].

Le 2 novembre, la Première ministre sortante annonce que le PSD ne participera pas à la séance du vote de confiance au Parlement, une attitude qualifiée de « boycott honteux » par Orban, qui affirme par ailleurs qu'il dépassera la majorité absolue en obtenant — selon ses propres estimations — entre 237 et 243 voix favorables. Le président de Pro Romania Victor Ponta indique le lendemain que ses députés et sénateurs seront également absents, à moins que le Premier ministre désigné ne change les trois ministres ayant reçu un avis négatif des commissions parlementaires[10],[11],[12].

Il reçoit l'investiture des députés et sénateurs par 240 voix favorables lors de la session commune des chambres. Comptant parmi les gouvernements les plus restreints depuis la chute du communisme, il sera assermenté le soir même au palais Cotroceni par le chef de l'État et se réunira pour son premier conseil des ministres le 5 novembre[13]. Une première réunion informelle se tient après l'assermentation en présence du président Iohannis, tandis que le premier conseil des ministres est décalé au 6 novembre afin de permettre un certain nombre de passations de pouvoir entre les anciens et les nouveaux ministres ; Orban annonce que cette première réunion formelle de son cabinet aura notamment pour but d'engager la dépolitisation de l'administration, de lancer un audit dans chaque ministère et entité subalterne, et d'adopter un décret-loi pour restructurer les départements ministériels conformément au nouvel organigramme exécutif[14].

Composition[modifier | modifier le code]

Poste Titulaire Parti
Premier ministre Ludovic Orban PNL
Vice-Première ministre Raluca Turcan PNL
Ministre des Finances publiques Florin Cîțu PNL
Ministre des Affaires intérieures Ion Marcel Vela PNL
Ministre des Affaires étrangères Bogdan Aurescu Sans
Ministre de la Justice Cătălin Predoiu PNL
Ministre des Travaux publics, du Développement et de l'Administration Ion Ștefan PNL
Ministre de la Défense Nicolae Ciucă Sans
Ministre de la Santé Victor Costache PNL
Ministre de l'Éducation et de la Recherche Monica Anisie PNL
Ministre de l'Économie, de l'Énergie et du Milieu des affaires Virgil Popescu PNL
Ministre du Travail et de la Protection sociale Violeta Alexandru PNL
Ministre de l'Environnement, des Eaux et des Forêts Costel Alexe PNL
Ministre des Transports, des Infrastructures et des Communications Lucian Bode PNL
Ministre de l'Agriculture et du Développement rural Adrian Oroș PNL
Ministre des Fonds européens Marcel Boloș Sans
Ministre de la Culture Bogdan Gheorghiu PNL
Ministre de la Jeunesse et des Sports Ionuț-Marian Stroe PNL

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mirel Bran, « En Roumanie, le gouvernement social-démocrate renversé par le Parlement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  2. « Le libéral Ludovic Orban chargé de former un nouveau gouvernement », La Liberté,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  3. (en) « Romania’s president names Liberal leader to form the Government », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  4. (en) « Romania’s PM-designate: Our option is for a single-party government », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  5. (en) « Opposition parties slowly rally behind new liberal Govt. in Romania, but vote remains uncertain », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  6. (en) « Romania’s Parliament to vote new Government today », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2019).
  7. (en) « Romania’s PM-designate announces his list of ministers », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2019).
  8. (ro) « Calendarul propus de Orban a fost respins. Votul pentru învestirea Guvernului se va da în ultima săptămână de campanie electorală », Hotnews,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2019).
  9. (en) « RO PM-designate will not replace candidates rejected by Parliament’s committees », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 1er novembre 2019).
  10. (ro) « Dăncilă, despre ”trădătorii” din PSD: Dacă se se duc la vot luni, a doua zi ”să meargă în partidul-foarfece” », Hotnews.ro,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  11. (ro) « Ludovic Orban, despre ultimele calcule privind învestirea Guvernului: „Putem obține între 237 și 243 de voturi” », Hotnews.ro,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  12. (ro) « Ponta îi cere lui Orban să schimbe miniştrii care au primit aviz negativ, ca să participe la votul de învestire », Hotnews.ro,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  13. (en) « Romania’s Parliament votes new Government led by liberal PM Ludovic Orban », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2019).
  14. (ro) « Guvernul Ludovic Orban are miercuri prima ședință oficială. Pe ordinea de zi, restructurarea Executivului », Hotnews.ro,‎ (lire en ligne, consulté le 6 novembre 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]