Fontaine des Trois Grâces

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Fontaine des Trois Grâces
Image illustrative de l'article Fontaine des Trois Grâces
La fontaine des Trois Grâces,
sculptée par Étienne Dantoine.
Période ou style Néoclassique
Architecte Jacques Donnat, maître d'œuvre
Début construction 1777
Propriétaire actuel Commune de Montpellier
Protection Logo monument historique Classé MH (1963, ensemble du monument)
Coordonnées 43° 36′ 31″ nord, 3° 52′ 46″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hérault
Commune Montpellier

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Fontaine des Trois Grâces

La fontaine des Trois Grâces est un monument historique classé situé sur la place de la Comédie, à Montpellier (Hérault).
Emblématique de la ville, cet ensemble sculptural illustre les personnages de la mythologie grecque nommés : Aglaé, Euphrosine et Thalie. Ces trois Charites, filles de Zeus, sont des déesses qui traduisent la séduction, la beauté, la nature, la créativité humaine et la fécondité[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En juin 1770, les édiles montpelliérains prennent la décision d'élever une fontaine place de la Canourgue. L'effet de cette décision n'est pas immédiat puisqu'il faut attendre trois ans avant que le sculpteur Étienne Dantoine, ou d'Antoine, soit choisi.

Le sculpteur fait le voyage jusqu'à la ville de Carrare (Italie) pour sélectionner les blocs de marbres. Le procès-verbal de réception décrit une livraison des Trois Grâces presque totalement achevé, la statue a été sculptée par les marbriers de Carrare[2]. Le travail est terminée dans l'atelier du statuaire situé rue des Étuves mais Étienne Dantoine n'a jamais signé son œuvre[2].

En 1776, l'ensemble du groupe — Grâces et putti dont certains jouent avec une tortue — est achevé et le travail officiellement « reçu ». Le monument n'est cependant pas installé. Un profond différend oppose en effet la municipalité à l'artiste qui invoque le non-respect des engagements quant au poids, la qualité du marbre et la mauvaise exécution de l'œuvre. Lors du procès qui s'ensuit, les experts déclarent le groupe sculpté « digne de compliments » et le tribunal contraint la municipalité à régler à Dantoine le solde de son dû[3].

C'est seulement le 8 mai 1793[4] (19 floréal an V), dix sept ans après son achèvement, que le groupe des Trois Grâces quitte la place de la Canourgue pour la place de la Comédie[5]. Il restera désormais à cet endroit, sur un socle de marbre blanc provenant du piédestal de la statue de Louis XIV, située sur la promenade du Peyrou, abattue durant la révolution en 1792.

En fonction des nombreux, successifs et divers réaménagements de la place, la fontaine effectuera ultérieurement quelques déplacements subreptices.

En 1842, la vasque fissurée est réparée par le marbrier Hortoles. En 1893, la réfection du perron du théâtre amène à déplacer la fontaine de quelques mètres. Le sculpteur Auguste Baussan assure ce travail et dessine, pour servir d'écrin aux Trois Grâces, un grand refuge en forme d'œuf au centre de la place[6].

En 1976, d'importants travaux de voirie ont pour conséquence un nouveau déplacement. En 1989, enfin, le délabrement de la sculpture dû à la pollution atmosphérique entraîne son enlèvement. Elle est remplacée par un moulage en résine. La sculpture d'origine se trouve aujourd'hui dans le hall d'accueil de l'Opéra[7].

C'est en janvier 2003, que la fontaine des Trois Grâces connaît son ultime transformation. Entièrement rénovée, elle présente désormais deux bassins superposés, des margelles de pierre avec rampe métal, des ruissellements et des jets croisés. La nuit, un éclairage bleu signale au passant ce monument historique classé, soulignant sa margelle, ses angelots et son caniveau extérieur[8].

La vasque d'origine, datée de 1797[9], a trouvé refuge au domaine de Vissec, situé près de l'abbaye de Valmagne.

Protection[modifier | modifier le code]

L'intégralité de ce monument fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les 3 Grâces, sur le site toutmontpellier.fr (consulté le 25 mai 2017)
  2. a et b « Trois anecdotes historiques à peine croyables », publié par Nicolas Bonzom, le 10 mai 2015, sur le site 20minutes.fr (consulté le 25 mai 2017)
  3. Dantoine aura fort à faire pour récupérer l'intégralité de ses gages. La municipalité endettée lui proposera une rente viagère qui lui sera versée jusqu'à sa mort en 1809.
  4. a et b Notice no PA00103542, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. L'endroit où est érigée la fontaine se situe à l'emplacement d'un ancien abreuvoir. La pose est assurée par le marbrier Fabre.
  6. C'est à partir de cette époque que la place de la Comédie est surnommée « l'Œuf »
  7. « Statue les 3 grâces », sur le site montpellier-histoire.com (consulté le 25 mai 2017)
  8. Fontaine les Trois-Grâces, sur le site de montpellier.fr (consulté le 25 mai 2017)
  9. Elle avait été remplacée lors des travaux de 1893.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

icône image Image externe
Photographie de la place de la Comédie, vers 1840, issue
du site montpellier-infos.fr (consulté le 25 mai 2017).