Liste des comtes et ducs de Gascogne

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Le duché de Vasconie, qui deviendra la Gascogne vers la fin du XIIe siècle, est une région située entre la l'Aquitaine au nord de la Garonne et les Pyrénées. Peuplé par des Aquitains qui se latinisent progressivement, le duché est dominé politiquement et militairement par les Vascons situés au sud des Pyrénées[1]. Le duché de Vasconie profite au début du Moyen Âge de l'éloignement du pouvoir mérovingien, situé dans le nord de la Loire. Aussi des seigneurs qui n'étaient pas des Mérovingiens s'intitulent duc de Vasconie, jusqu'en 864 puis d'autres comte de Gascogne à partir de Garcia II Sanche, comte de Gascogne dit le Courbé, pour lequel « Aucun document contemporain ne livre les origines au-delà de son père, Sanche, qu’un charte tardive qualifie de roi... Les historiens se partagent quant à son origine. Certains, se bornent à la déclarer inconnue, d’autres en font un prince de Navarre, et d’autres enfin le rattachent fermement aux précédents comtes Gascons. »[2]. Pendant plusieurs siècles, les historiens ont considéré la maison de Gascogne comme issue des Mérovingiens, s'appuyant notamment sur la Charte d'Alaon, reconnue depuis comme un faux[3] [1] L'influence vasconne est beaucoup moindre depuis que ces derniers ont obtenu au sud des Pyrénées le Royaume de Navarre en 824 et une coupure linguistique se fait avec les populations locales qui sont de plus en plus latinisées.

La plus ancienne généalogie est mentionnée par la charte d'Alaon et reprise par Monlesun[4]. Mais cette charte s'est révélée être un faux forgé au XVIIe siècle. Le manque de documents contemporains oblige à recourir aux hypothèses pour dresser la liste des ducs de Vasconie puis des comtes de Gascogne.

Nomenclature[modifier | modifier le code]

Dans la liste ci-dessous, les ducs et les comtes de Gascogne sont énumérés en fonction de leur nom gascon (sur la base de l'orthographe courante en gascon, et non pas de l'orthographe médiévale qui a fluctué).

Afin de bien comprendre la liste des noms des ducs et comtes de Gascogne, certaines explications sont nécessaires. La raison en est que ces noms sont enregistrés dans le cadre d'un nombre déconcertant de variantes, ce qui rend l'identification très difficile. Ces ducs et ces comtes étaient des chefs de clans de Vascons (Pays basque actuel) qui a dominé la Vasconie ou Waskonia (Gasconia à la fin du XIIe siècle) et leurs noms étaient également en basque médiéval. Toutefois, comme le gascon a progressivement remplacé la langue aquitaine, proche du basque, leurs noms ont également été relevés en gascon. En effet, les ducs de Gascogne ont probablement eux-mêmes adoptés le gascon, ce qui se reflète par la baisse de l'utilisation des noms authentiquement basques chez les derniers ducs.[Quand ?]

Dans les documents écrits, leurs noms sont habituellement enregistrés en latin qui était la langue utilisée à l'époque par ceux qui savaient écrire. Aujourd'hui, leurs noms sont souvent trouvés dans leur version française, et aussi parfois dans leur version espagnole. Un exemple: le nom basque Otsoa (qui signifie « le loup ») a été traduit littéralement par Lop en gascon, Lupus en latin, Loup en français et Lobo en espagnol. ainsi, le duc de Vasconie Otsoa II peut être connu par un quelconque de ces noms, qui confond les gens peu habitués à l'aspect linguistique local. En outre, à l'intérieur d'une même langue, il existe de nombreuses variantes, comme c'est le cas pour le nom basque Santxo (du latin sanctus, qui signifie « saint »), que l'on peut trouver dans des documents basques sous la forme Antso, Sanzio, Santio, Sanxo, Sancio, etc.

Habituellement, les ducs et les comtes de Gascogne portaient deux noms, le premier étant leur prénom et le second le prénom de leur père (par exemple, le duc Sans Loup I, qui signifie Duc Sans I, fils de Loup). Cette coutume a généré plus tard les noms de famille espagnols avec l'ajout du suffixe - ez qui signifie "fils de". Juan Sánchez signifiant littéralement « Jean, fils de Sanche ». Pour quelques ducs de Gascogne, le deuxième nom n'est pas le prénom de leur père, mais plutôt un surnom qu'ils ont acquis au fil du temps et qui a remplacé le prénom de leur père, tel que le célèbre duc Sans III Mitarra, où Mitarra n'est pas le nom de son père mais un surnom d'origine arabe.

Bien que, tous les différents noms sous lesquels les ducs de Gascogne sont connus ne sont que des versions différentes d'un même nom dans différentes langues, il convient de noter qu'il y a tout de même un duc de Gascogne connu sous deux noms complètement différents et non pas deux versions du même nom : le duc Séguin, Semen de son nom basque (parfois écrit Semeno, Xemen, Ximen ou Jimeno). Personne ne sait avec certitude si Semen est la version basque du nom biblique Simon ou un nom basque, basé sur le mot seme (qui signifie "fils"). D'autre part, Seguin (en gascon moderne Siguin) est un nom d'origine germanique : sig qui signifie « victoire » (cf. allemand moderne Sieg) et win signifiant « ami ».

Il a été suggéré que certains noms apparemment basques ne sont que des corruptions d'anciens noms germaniques. Par exemple, Garsinde conduisant à Garsean[5], Gendolf ou Centulf à Centule, Aginald ou Hunnald à Eneko (en Flandres et en frison demeure encore une forme raccourcie des deux premiers noms francs), Aginard à Aznar, Belasgytta ou Wallagotha à Velasquita, Belasgutho à Velasco, Arnoald à Arnaud, Theuda à Toda, Theudahilda à Dadildis ou Dedadils. Peut-être que l'intermariage d'Hispano-gothiques avec des magnats de la population basque a conduit à la modification des noms gothiques en des variantes basques.

Liste des comtes[modifier | modifier le code]

L'entité politique précédente est la Novempopulanie. Les chroniqueurs de l'époque mérovingienne donne le nom de « Wasconia[6] » au duché d'Aquitaine de Félix à Waïfre[7].

Ducs de Vasconie (vassaux des Francs)[modifier | modifier le code]

Ducs d'Aquitaine et de Vasconie (indépendance de facto)[modifier | modifier le code]

Ducs de Vasconie[modifier | modifier le code]

vassaux des Francs

  • 768-770 : Loup II († 778), duc de Vasconie, descendant probable de Loup Ier[9].
  • 801-812 : Sanche (Ier) Loup († 816), ‘’princeps’’ des Vascons, fils de Loup II[10].

vassaux des Vascons

vassaux des Francs

Maison des comtes de Gascogne (vassaux des Francs)[modifier | modifier le code]

  • 886-920 : Garcia (II) Sanche, dit le Courbé, comte de Gascogne, fils d’un Sanche, qui est peut être fils de Sanche Sanche [2]. Pendant plusieurs siècles, les historiens ont considéré la maison de Gascogne comme issue des Mérovingiens, s'appuyant notamment sur la Charte d'Alaon, reconnue depuis comme un faux[3]. ,[15].
marié à Amuna d'Angoulême.
marié à Urraque de Navarre († 1041).

Maison de Poitiers (1032)[modifier | modifier le code]

Maison d'Armagnac[modifier | modifier le code]

1039-1052 : Bernard II Tumapaler[16] († 1090), comte d’Armagnac et de Gascogne, fils de Géraud Ierd'Armagnac, comte d’Armagnac, et d’Adalaïs d'Aquitaine (sœur d’Eudes de Poitiers).

marié à Ermengarde

Maison de Poitiers (1052)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des ducs d'Aquitaine.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f de Jaurgain 1898
  2. a et b Christian Settipani « La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Acquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne » UPR, 2004, page 81 à 82.
  3. a et b Christian Settipani "La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Acquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècles, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne", UPR 2004, page 73.
  4. Jean-Justin Monlezun, Histoire de Gascogne, Auch,
  5. Le lien entre Garsinde et García est peu vraisemblable, les prénoms en -sinde, comme ceux en -hilde et en -garde, étant féminins. L'origine germanique de Toda et Dadildis l'est beaucoup plus, et celle d'Arnaud est certaine.
  6. Le chroniqueur franc, Grégoire de Tours, parle en 587 de la « Wasconia » avec un « W ». Grâce à ses écrits, on sait que ce territoire subira sa troisième grande invasion, après celles des Romains et des Wisigoths, c'est-à-dire celle des « Franks ».
  7. Revue de l'Agenais et des anciennes provinces du Sud-Ouest, Académie des sciences, lettres et arts (Agen), Volume 18, 1891
  8. a, b, c, d, e, f, g et h Jean-Louis Davant (préf. Lorea Uribe Etxebarria), Histoire du peuple basque, Bayonne, Elkar argitaletxea, (1re éd. 1970), 352 p. (ISBN 978-84-9783-548-0)
  9. Christian Settipani, La Noblesse du Midi Carolingien, Oxford, Linacre College, Unit for Prosopographical Research, coll. « Occasional Publications / 5 », , 388 p. (ISBN 1-900934-04-3), p. 77-78
  10. Christian Settipani, Ibid, page 78.
  11. Centulle est parfois considéré comme petit-fils de Loup II, mais cette hypothèse pose quelques problèmes d'ordre chronologiques. Christian Settipani, Ibid, page 78-79.
  12. Christian Settipani, Ibid, page 79 et 81.
  13. Christian Settipani, Ibid, page 79-81.
  14. Christian Settipani, Ibid, page 80-81.
  15. a, b, c, d, e, f, g et h Généalogie de Garcia sur le site Medieval Lands
  16. Généalogie de Bernard Tumpaler sur le site Medieval Lands

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean de Jaurgain, La Vasconie : étude historique et critique sur les origines du royaume de Navarre, du duché de Gascogne, des comtés de Comminges, d'Aragon, de Foix, de Bigorre, d'Alava & de Biscaye, de la vicomté de Béarn et des grands fiefs du duché de Gascogne, t. 1, PyréMonde (Ed.Régionalismes), , 447 p. (ISBN 2846181446 et 9782846181846, OCLC 492934726, lire en ligne)