Dix-neuf secondes

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Dix-neuf secondes
Auteur Pierre Charras
Pays Drapeau de la France France
Genre roman
Éditeur Mercure de France
Collection folio
Date de parution 2003
Nombre de pages 146
ISBN 2070314987

Dix-neuf secondes est un roman de Pierre Charras publié en 2003 par l'éditeur Mercure de France.

Résumé[modifier | modifier le code]

Sadrine et Gabriel, les personnages principaux de l'histoire s'aiment toujours au bout de 25 années et n'ont pas décidé de rompre, mais leur amour est devenu trop ordinaire, voilà comment sont nées des difficultés dans leur relation. Les expressions à la page 11 « nous n'étions pas menacés par un orage, mais plutôt par un brouillard, un crachin » et « nous étions au crépuscule de nous-mêmes, mais de tels soirs peuvent s'éterniser », montrent qu'en effet, s'ils avaient des problèmes relationnels, ceux-ci n'étaient pas trop menaçants mais pourtant flous et incertains ; leur relation pourrait probablement ne pas se rompre.

On apprend également que Gabriel donne à Sandrine la possibilité de rompre ou pas (p.12 : « il revenait à Sandrine de refermer la porte que nous avions ouverte entre nous vingt-cinq ans plus tôt »). Il prend cette décision par respect mais aussi par lâcheté, mais ce dernier opte plutôt pour la continuation leur relation. Pour donc savoir où ils en sont et pour déterminer si leur amour est authentique, Gabriel fixe un rendez-vous dans la rame du RER de 17h43 à Nation avec Sandrine. Gabriel viendra sur le quai et guettera Sandrine dans la troisième voiture de la rame. Il lui donne la possibilité de venir, de passer son chemin, ou de ne pas venir : si elle vient, leur amour sera prospère mais si elle ne vient pas, la séparation est prononcée.

Gabriel choisit l'heure correspondant à l'arrivée de la rame portant le code ZEUS, car il se place sous la protection du dieu Zeus et ne veut pas susciter des émotions potentielles en Sandrine, à savoir la jalousie, s'il avait par exemple choisi le nom de code ZARA. Si ZEUS ne lui livre pas Sandrine, Gabriel doit patienter dehors jusqu'au soir, afin que Sandrine puisse remplir ses valises. On apprend p. 20 qu'ils ont « dérivé sans s'en apercevoir de l'amour au raisonnable », mais le jour du rendez-vous, « c'était l'amour qui leur dictait ses conditions ». En attendant la rame, Gabriel se pose des questions au sujet de cette situation entre eux. Enfin, ZEUS arrive, et le compte à rebours (ce compte à rebours a deux fonctions ; comme nous le verrons par la suite, on bascule sans préavis d'une banale affaire de rupture à une tragédie brutale, irréversible) se met à compter à partir de 19 secondes, puisque 19 secondes suffiront pour que la rame quitte le tunnel, émerge dans les lumières du quai, stationne et reprenne sa course. Pierre Charras met en scène une vie normale, quotidienne qui bascule, l'espace d'une seconde, l'espace de la déflagration d'une bombe, dans l'horreur la plus noire, la plus dévastatrice: celle qui brise les destins, celle qui brise les vies qui ne demandaient qu'à s'épanouir, celle qui conduit à la folie. Le compte à rebours prend alors toute sa dimension apocalyptique: le lecteur, en apprenant les faits et gestes des passagers de deuxième voiture de la rame, a fait connaissance avec ces hommes, ces femmes et cette jeune fille pleine de son amour et de sa jeunesse. Il s agit d'une histoire d'amour qui pourrait être transcendé si l'explosion d'un sac de sport n'aurait pas eu lieu.

I ZEUS[modifier | modifier le code]

Dix-neuf secondes…[modifier | modifier le code]

On apprend que Sandrine "est venue pour ne pas venir" (descendre de la rame, elle n'en a jamais eu l'intention, son seul but était d'être là) ; elle se cache dans la deuxième voiture derrière l'épaule d'un grand type afin de ne pas être aperçue par Gabriel, pourtant elle a honte de cette situation. Il y a, en effet, quelqu'un qui est capable de la sauver mais plus de détails ne sont pas évoqués.

Dix-huit secondes…[modifier | modifier le code]

Gabriel nous rend un compte de ses sentiments de soulagement etc. (p.34 et 35) et se fait ensuite des illusions en ce qui concerne l'apparition potentielle de Sandrine.

Dix-sept secondes…[modifier | modifier le code]

Sandrine avoue que Gabriel ne lui a jamais donné du plaisir et qu'il n'a que guère montré des émotions.

Seize secondes…[modifier | modifier le code]

On apprend les sentiments et pensées (p.ex. p 40: "Tu vois bien que je ne rate pas tout, papa, tu le vois bien, maintenant, dis!") d'un homme habillé en blouson jaune qui se trouve dans la rame.

Quinze secondes…[modifier | modifier le code]

Sophie se hâte à attraper encore la rame pour ne pas devoir attendre dix minutes et pour pouvoir voir Ludo, puisque ce dernier n'es pas informé de son arrivée. En effet, Ludo est dans l'armée. Le père de Sophie s'oppose à l'amour entre elle et Ludo et voulait même dénoncer Ludo pour détournement de mineure ce qui pousse Sophie à haïr son père ("papa, c'est un gros con" p. 44).

Quatorze secondes…[modifier | modifier le code]

Un homme regarde le trou d'une porte.

Treize secondes…[modifier | modifier le code]

La rame n'a démarré que lorsqu'une jeune file est entrée et qu'un homme en blouson jaune est sorti. Gabriel affirme qu'à cause de l'âge un peu trop élevé de Sandrine, ils n'ont pas eu un enfant.

Douze secondes…[modifier | modifier le code]

Sophie est plutôt contente, tandis qu'une dame, plus tellement jeune, regrette d'être là et/ou a peur d'être reconnue. Cette dame était belle pour son âge, en outre, Sophie croit que son mari l'a laissé tomber. Emmanuel n'arrive pas bien à classer les adolescents entre 14 et 19 ans. En outre, il enseigne le français à la faculté de Vincennes et est homosexuel. "Emmanuel ne hait personne. Cela ne veut pas dire qu'il a de la sympathie pour tout le monde, mais enfin, il y a de quoi s'inquiéter", il est donc très tolérant (p. 53).

Onze secondes…[modifier | modifier le code]

Sophie adore Paris et prend même parfois un bus pour "éprouver la sensation de sillonner les rues" (p.55). Elle se sent bien, puisque bientôt, elle va revoir Ludo.

Dix secondes…[modifier | modifier le code]

On nous renseigne sur la relation entre Gilbert et les femmes qui est relativement pervers et s'intéresse à Vanessa.

Neuf secondes…[modifier | modifier le code]

"La rame s'enfonçait dans le tunnel, à gauche, comme une lame dans son fourreau. Ou dans un corps. Dans mon cœur." (p.62) Ces phrases montrent que Sandrine n'est pas venue au rendez-vous ce qui rend Gabriel déprimé. Jacqueline s'est portée volontaire à accueillir Sandrine lorsque cette dernière quittera la demeure de Gabriel. Gabriel estime que Sandrine a été sa dernière campagne.

Huit secondes…[modifier | modifier le code]

Après avoir réfléchi consciencieusement au sujet de leur amour, et après n'avoir rien pu reprocher à Gabriel, Sandrine se résout à descendre à Gare-de-Lyon et à revenir à Nation pour enfin tomber dans les bras de son amant. En outre, elle observe les voyageurs et perçoit un sac de sport dont nous apprenons encore davantage au cours des prochains chapitres...

Sept secondes...[modifier | modifier le code]

On raconte la relation entre Christelle, Francis et Gérard. En effet, Francis est homme brutal qui lève la main contre Christelle quand il a bu, sans la frapper ensuite. En outre, Francis est devenu un peintre célèbre. Depuis que l'amour pour Francis s'est éteint, elle a commencé à aimer Gérard.

Six secondes...[modifier | modifier le code]

On parle au sujet d'Emmanuel.

Cinq secondes...[modifier | modifier le code]

Sophie observe les voyageurs et aperçoit une belle fille qui a une tache de vin qui la rappelle à la cicatrice de Ludo qu'elle aime.

Quatre secondes...[modifier | modifier le code]

Emmanuel se rend chez un médecin, puisque son corps endormi sécrète un liquide. Dans la rame, il aperçoit un type au blouson jaune qu'il décrit comme s'étant retiré entièrement en lui-même. Enfin, Emmanuel pense (à juste titre), que le sac de cet homme contient une bombe, pourtant il n'en a informé personne, car il ne voulait pas se ridiculiser au cas où le sac ne contiendrait pas de bombe. Ensuite, Emmanuel est d'avis que cet homme a tout simplement oublié son sac de sport et décide donc de l'ouvrir pour éventuellement trouver une adresse ou un nom à l'intérieur afin de le lui ramener à la maison.

Trois secondes...[modifier | modifier le code]

Sandrine estime qu'ils n'ont pas perdu l'amour, mais qu'ils ont laissé filer l'enfance et ils ont trop pris la vie au sérieux. Il leur faudra donc recommencer au début, ils doivent se relancer dans une autre vie.

Deux secondes...[modifier | modifier le code]

Emmanuel tente d'ouvrir le sac en racontant une anecdote d'un beau garçon exhibitionniste.

Une seconde...[modifier | modifier le code]

Sophie parle tout le temps de Ludo...

II STYX[modifier | modifier le code]

La rame s'est immobilisé à la suite d'une explosion trivialement causée par la bombe se trouvant dans le sac de cet homme. En effet, il y eut quelques survivants et cinq ou six morts, pourtant dans toute la rame régnait un silence étrange. Sophie, pétrifiée, se trouvant par terre, constate la perte de sa jambe droite et estime que Ludo n'en voudra plus d'elle ; il n'aurait que pitié d'elle ce qui semble fatal à Sophie. Cette dernière meurt, écrasée par une grande vague blanche. Il y a deux types de gens, ceux dont la curiosité l'emporte sur la peur et ceux qui s'enfuient après la détonation. Entre-temps, le terroriste a retourné son blouson jaune et porte désormais un blouson sombre pour ne pas être soupçonné. Ce dernier, en émergeant du lieu du crime, se sent euphorique et fort et est fier de son action, ceci a été pour lui un grand succès "Alors, qu'est-ce que tu dis de ça, papa? (p. 105)" après tant d'échecs qu'il a subis. Paul, l'instructeur du terroriste lui bande les yeux et le transporte dans un lieu secret où il lui coupe le cou avec un rasoir, avec un coupe-chou.

III HADÈS[modifier | modifier le code]

Un agent de police convoque Gabriel comme témoin, mais ce dernier n'a rien vu du tout. Gabriel s'obstine à parler avec Sandrine et estime que leur rendez-vous est la raison de ce malheur. Après avoir recherché en vain Sandrine, Gabriel apprend sa mort et celle de quatre autres personnes dont deux autres femmes et deux hommes. Lorsque deux policiers lui rendent visite pour lui apprendre la mort de Sandrine et pour l'interroger s'il a remarqué un homme qui se comportait étrangement, il a nié avoir remarqué quelqu'un, quoiqu'il ait vu cet homme au blouson jaune, mais affirmer ceci n'aurait servi a rien, puisque maintenant il porte un blouson sombre. En effet, Gabriel ne savait pas que Sandrine se trouvait dans la deuxième voiture, voilà pourquoi il lui semble impossible qu'elle soit morte, car il pensait qu'elle n'était même pas venue au rendez-vous, puisqu'il ne l'a pas vue. Gabriel n'éprouve pas vraiment du chagrin, mais il s'est mis en colère contre lui-même à cause de cette idée idiote et contre la séduction du dieu Zeus (c.f. la rame ZEUS). Gabriel se résout à se rendre à la gare pour attraper le terroriste et pour le tuer, pourtant, dans sa colère, il a poursuivi et tué le mauvais homme (il a trouvé un CV par lequel il a appris que cet homme ne se trouvait même pas en France le jour de l'attentat…), en le jetant par la fenêtre de la demeure de ce dernier, puisqu'à trois heures du matin il a dû quitter l'immeuble afin de en pas être aperçu. Enfin, Gabriel aperçoit à la gare un autre homme qui pourrait être le terroriste et décide de le jeter sous la rame et de se jeter lui-même aussi sous la rame pour rejoindre Sandrine…

Interprétation[modifier | modifier le code]

En fait, à la fin de la lecture, nous faisons face à un puits qui semble rempli par des millions de questions qui suggèrent une interprétation à plusieurs niveaux. En premier lieu, nous pouvons centrer notre objectif d'interprétation sur la société qui vit en ville et qui est caractérisée par une indifférence qui affecte au bout du compte tous les individus qui vivent ensemble en ville, mais retombe dans leur solitude. Ils construisent un mur autour d'eux-mêmes qui ne les protège pas des forces d'une bombe. L'attentat est d'une telle ampleur qu'il est capable de rompre la vie ordinaire à Paris qui est marquée par l'agitation quotidienne. Par contre, le lecteur va bientôt remarquer que ceci n'est que de courte durée: Après avoir pris conscience de l'événement qui vient d'avoir lieu, les citoyens vont devenir récidivistes et continuer leur vie isolée. Tout ce phénomène est renforcé par le fait, que l'auteur porte l'accent du récit sur la description du "rendez-vous" (qui n'a pas eu lieu) entre Sandrine et Gabriel et non pas sur l'attentat. L'attentat, un événement touchant une bonne partie de la société n'est pas traité de façon équivalente à un rendez-vous simple entre deux individus ordinaires, avec un amour trop ordinaire. Pour prouver l'égoïsme d'un individu, le lecteur est renseigné sur l'ignorance que les habitants ont envers leur société.