Crâne d'Hofmeyr

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Crâne d'Hofmeyr
Image illustrative de l’article Crâne d'Hofmeyr
Crâne d'Hofmeyr
Coordonnées 31° 34′ sud, 25° 58′ est
Pays Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
Localité voisine près de Hofmeyr
Daté de 36 000 ans
Période géologique Pléistocène supérieur
Époque géologique Paléolithique supérieur
Découvert le 1952
Découvreur(s) C. Hattingh
Identifiant Homeyr 1[1]
Âge adulte
Identifié à Homo sapiens
Géolocalisation sur la carte : Afrique du Sud
(Voir situation sur carte : Afrique du Sud)
localisation

Le crâne d'Hofmeyr est le crâne d'un Homo sapiens daté de 36 000 ans découvert en 1952 près d'Hofmeyr, en Afrique du Sud. Son importance tient en partie au fait qu'il est contemporain de migrations d'Hommes modernes de cette région, alors que les fossiles d'Hommes modernes sont quasi inexistants en Afrique subsaharienne pour cette période cruciale du Pléistocène supérieur ; les crânes africains d'Hommes anatomiquement modernes connus sont soit plus anciens, vieux de plus de 100 000 ans, soit plus récents[2].

Le fossile est conservé au East London Museum (en) en Afrique du Sud[1].

Découverte et datation[modifier | modifier le code]

Le crâne a été trouvé près d'Hofmeyr, une petite ville du Cap-Oriental, en Afrique du Sud. dans un canal sec de la rivière Vlekpoort, en 1952[3],[4],[5]. Aucun autre os ou artefact archéologique ne lui était associé à ce moment. Quelques années plus tard, le canal s'est rempli de limon en raison de travaux, de sorte qu'il n'était plus envisageable de dater les sédiments environnants, ni même d'identifier le lieu de la découverte[4].

Il n'a pas été possible de dater le crâne à l'aide de la méthode traditionnelle de datation par le carbone 14 parce que le collagène restant dans les os était trop mal conservé[6]. La cavité endocrânienne était remplie de sédiments (une matrice indurée) qui ont pu être datés grâce aux méthodes de datation par l'uranium-thorium et de luminescence stimulée optiquement. Plusieurs éléments ont permis de supposer que le crâne a le même âge que la matrice, notamment le bon état de conservation du crâne, qui suggère qu'il est resté protégé jusqu'à sa découverte, sans nouveau dépôt de sédiments ; et le fait que plusieurs échantillons de la matrice indiquent le même âge ce qui autorise à penser que le crâne n'a été rempli qu'une seule fois[7]. L'âge du crâne a ainsi été estimé à 36 200 ± 3 300 ans[4].

Description[modifier | modifier le code]

«Le crâne est morphologiquement moderne dans l'ensemble mais présente des caractéristiques archaïques»[4].

Il est plus grand que celui des Hommes modernes actuels[8]. Les structures de la région supraorbitaire sont proéminentes. Le visage est robuste. La taille du visage est souvent considérée comme un critère de modernité anatomique, un visage verticalement court faisant partie des principaux traits distinctifs des Hommes modernes ; l'Homme d'Hofmeyr a le visage long par rapport à la taille globale du crâne[8]. Il présente un prognathisme alvéolaire marqué[1]. Par sa morphologie, le crâne d’Hofmeyr est plus proche des crânes des Européens du Paléolithique supérieur que de ceux des Hommes plus récents, Sud-Africains ou Européens[6],[1].

La suture coronale oblitérée et les troisièmes molaires fortement usées, suggèrent que le spécimen a atteint l'âge adulte. L'individu avait été blessé à l'œil gauche ; la blessure avait partiellement guéri avant la mort. Le sexe est inconnu, mais la morphologie et la grande dimension du crâne font supposer qu'il s'agit d'un individu de sexe masculin[1].

Les dommages les plus graves infligés au crâne ont été causés par sa «mauvaise manipulation» après sa découverte en 1950. Un os perdu est documenté sur des photos de 1968 et 1998[4].

Implications[modifier | modifier le code]

Le crâne d'Hofmeyr ayant une affinité étroite avec des crânes du Paléolithique supérieur d'Europe, certains scientifiques considèrent que cette relation corrobore la théorie Out-of-Africa selon laquelle les Eurasiens du Paléolithique supérieur descendent d'Hommes modernes qui ont émigré de l'Afrique subsaharienne au Pléistocène supérieur[4] ; cette théorie implique qu'au moins certains groupes humains du Paléolithique supérieur en Afrique et en Eurasie devraient se ressembler morphologiquement[9].

La population d’Afrique sub-saharienne à laquelle appartient le spécimen d'Hofmeyr avait un ancêtre commun avec les Européens du Paléolithique ; se fondant sur cette analyse, des scientifiques estiment que la migration de l’Homme moderne hors d’Afrique a pu se produire il y a 60.000 ans environ[6].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) Bernard Wood, Wiley-Blackwell Encyclopedia of Human Evolution, John Wiley & Sons, (ISBN 978-1-4443-4247-5, lire en ligne)
  2. (en) John G. Fleagle, Primate Adaptation and Evolution, Academic Press, (ISBN 978-0-12-378633-3, lire en ligne), p. 386
  3. « Archived copy » [archive du ] (consulté le 11 août 2009)
  4. a b c d e et f (en) F. E. Grine, R. M. Bailey, K. Harvati et R. P. Nathan, « Late Pleistocene Human Skull from Hofmeyr, South Africa, and Modern Human Origins », Science, vol. 315, no 5809,‎ , p. 226–229 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 17218524, DOI 10.1126/science.1136294, lire en ligne, consulté le 15 septembre 2020)
  5. « pdf » [archive du ] (consulté le 11 août 2009)
  6. a b et c « Sur les pas des premiers hommes modernes », sur Sciences et Avenir (consulté le 15 septembre 2020)
  7. The length of time between death and incorporation of the sediment within the skull is expected to be short: Grine 2007
  8. a et b (en) G. P. Rightmire, « Middle and later Pleistocene hominins in Africa and Southwest Asia », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 106, no 38,‎ , p. 16046–16050 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, DOI 10.1073/pnas.0903930106, lire en ligne, consulté le 15 septembre 2020)
  9. Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, « Late Pleistocene Human Skull from Hofmeyr, South Africa, and Modern Human Origins », American Association for the Advancement of Science,‎ (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2019)

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) F. E. Grine, R. M. Bailey, K. Harvati et R. P. Nathan, « Late Pleistocene Human Skull from Hofmeyr, South Africa, and Modern Human Origins », Science, vol. 315, no 5809,‎ , p. 226–229 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 17218524, DOI 10.1126/science.1136294, lire en ligne, consulté le 15 septembre 2020)
  • (en) I. Crevecoeur, H. Rougier, G. Fredrick, et al, « Modern human cranial diversity in the Late Pleistocene of Africa and Eurasia: evidence from Nazlet Khater, Pestera cu Oase, and Hofmeye r»n, Am J Phys Anthropol, 2009 140:347–58
  • (en) Bernard Wood, Wiley-Blackwell Encyclopedia of Human Evolution, John Wiley & Sons, (ISBN 978-1-4443-4247-5, lire en ligne)
  • Sean Markey, « Skull Is First Fossil Proof of Human Migration Theory, Study Says », National Geographic,‎ (lire en ligne)
  • John Noble Wilford, « Skull Provides Signs of When Humans Left Africa », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 12 janvier 2007)
  • (en) Gunz, Gunz, Betti-Nash et Neubauer, « Reconstruction of the late Pleistocene human skull from Hofmeyr, South Africa », Journal of Human Evolution, Elsevier, vol. 59, no 1,‎ , p. 1–15 (PMID 20546848, DOI 10.1016/j.jhevol.2010.02.007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]