Bonne de Savoie

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Bonne de Savoie, en italien Bona di Savoia, née en août 1449 au château d'Aveillane (Avigliana) et morte le à Fossano, est princesse de la maison de Savoie, fille du Louis Ier de Savoie. Elle devient duchesse de Milan par son mariage avec François Sforza, puis régente du duché après l'assassinat de son époux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née au château d'Aveillane, dans le val de Suse, en août 1449, elle est le treizième enfant de Louis Ier de Savoie (1413-1465), duc de Savoie, comte de Maurienne et de Nice, prince du Piémont, et d'Anne de Lusignan (1419-1462), elle-même fille de Janus (1375-1432), roi de Chypre et de Charlotte de Bourbon (1388-1422)[1],[2].

En juillet 1461, le nouveau roi de France, Louis XI, époux de Charlotte de Savoie, souhaite nouer une alliance avec son ami, le duc de Milan François Sforza, et la maison de Savoie avec, en prime le renoncement des prétentions françaises sur Gênes et Savone. Bien que plutôt lié aux Aragonais du royaume de Naples, François Sforza accepte les alliances.

Le 24 avril 1467, Galéas Marie II (1444-1476), fils aîné et successeur depuis le 8 mars 1466 de François Sforza, se retrouve veuf de Dorothée Gonzague (1449-1467) et choisit pour se remarier une des filles de son allié Louis Ier de Savoie, Bonne, selon le conseil de Louis XI depuis longtemps[3].

Un mariage par procuration a lieu au château d'Amboise, résidence de la reine Charlotte de Savoie, le 10 mai 1468[Note 1],[5], en présence de Tristano Sforza, demi-frère de Galéas Marie et le représentant. Et le 7 juillet, à la cathédrale de Milan, ont lieu les épousailles de Bonne, âgée de 18 ans, avec Galéas Marie, duc de Milan.

Vivant au château des Sforza à Milan, le Castello Sforzesco, Bonne se consacre à ses quatre enfants qui naissent entre 1469 et 1473.

La régence[modifier | modifier le code]

La vie politique de Bonne ne commence qu'après l'assassinat de son mari, le 26 décembre 1476. Son fils Jean Galéas n'a que sept ans et demi lorsqu'il se trouve devenir le nouveau duc de Milan.
Bonne assume la régence pour son fils et choisit pour la conseiller Cicco Simonetta, le secrétaire de son défunt mari, qui, en 1473, à l'occasion d'une maladie grave, l'avait déjà désigné comme tuteur de son fils.

Galéas Marie Sforza à peine enseveli, des troubles provoqués par ses oncles, Ludovic en tête et, dans son sillage, Ascanio, Sforza Maria, Ottaviano, et Filippo Maria[Note 2] vont venir troubler cette régence.
Dès février 1477, force est d'attribuer à chacun des frères une résidence, contrainte à laquelle Bonne se plie avec le soutien de Louis III Gonzague, le marquis de Mantoue.
Puis, forts d'avoir maté une insurrection génoise, ils s'en prennent à Cicco Simonetta qui, selon eux, détient trop de pouvoir dans le gouvernement du duché. L'un de leurs affidés, Donato del Conte, ayant été incarcéré en mai 1477, le conflit tourne à la rébellion mais les frères révoltés subissent une déconfiture et ils se retrouvent assignés à résidence, jugés et exilés.

Bien que débarrassée pour un temps de Ludovic, la quiétude n'est pas pour autant au rendez-vous pour la régente car l'année 1478 commence sous de mauvais auspices : la disette et une épidémie subséquente frappent le duché.
Au plan du maintien de l'ordre et de la paix, les choses ne vont pas mieux. Le 1er juillet, les troupes milanaises sont battues, à Busalla, par une armée de rebelles génois menés par Roberto Sanseverino, un affidé des frères rebelles.
L'année se termine mal : le 28 décembre, la bataille de Giornico dite des Grosses Pierres (Sassi grossi) opposant l'armée milanaise aux montagnards tessinois[Note 3] se conclut par la victoire des troupes suisses et la perte pour le duché de la Léventine (Valle Leventina) rendue aux Uranais comme prévu.

Début 1479, Ludovic refait surface. Accompagné de Sforza Maria et de Roberto Sanseverino, il se fait hors-la-loi et effectue des razzias en Toscane puis, en compagnie d'Obietto Fieschi, en pays génois. Les deux frères sont jugés rebelles et leur butin confisqué.
Peu après, en juillet 1479, Sforza Maria meurt empoisonné. Le bruit courut que le meurtre de Sforza Maria avait été commandité par Cicco Simonetta. Ludovic assume le titre de duc de Bari.
Désormais, c'est avec une troupe de 8 000 hommes que se déplacent les trois brigands qui prennent Tortona en août 1479 et sèment la terreur dans la région d'Alexandrie.

La perte du pouvoir[modifier | modifier le code]

À Milan, une véritable levée de boucliers a lieu dans les rangs des notables gibelins pour se débarrasser définitivement de Ludovic. Cependant, Cicco Simonetta[Note 4], sa famille et un certain nombre de ses affidés sont arrêtés à la mi-septembre 1479. Ludovic a désormais les moyens d'imposer sa volonté et, dès le lendemain, Bonne se voit contrainte de nommer Ludovic premier gouverneur du duché.
C'est maintenant Ludovic qui gère le gouvernement de Milan et les alliances, en l'occurrence avec Naples, Florence et Ferrare, de même qu'un accord est conclu prévoyant le mariage de Jean Galéas avec Isabelle de Naples.

Le 7 octobre 1480, Ludovic s'empare de son neveu Jean Galéas le soustrayant ainsi à l'emprise de Bonne. Cicco Simonetta est décapité fin octobre, et, en novembre, Bonne est emprisonnée à Abbiategrasso puis exilée au Piémont.

Bonne est autorisée à rentrer à Milan en septembre 1482 et, en décembre 1483, elle se retrouve à nouveau incarcérée à Abbiategrasso à la suite d'une conjuration organisée contre Ludovic par Luigi da Vimercate.

Tombe[Note 5] de Bonne de Savoie au Castello Sforzesco à Milan

Le 22 octobre 1494, Jean Galéas II meurt et Ludovic devient le nouveau duc de Milan.
L'année suivante, Bonne part pour la France, à Tours d'abord, puis à Lyon.

En 1500, elle obtient de son neveu Philibert II de Savoie un domaine à Fossano dans le Piémont. C'est là qu'elle meurt, le [1], âgée de 54 ans.

Entre-temps, Ludovic a été destitué par le roi de France, Louis XII de France.
Ses restes reposent désormais au Castello Sforzesco, le château des Sforza, où elle vivait du temps où elle était duchesse.

Descendance[modifier | modifier le code]

Bonne donna quatre enfants à Galéas Marie :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monuments, histoires et autres preuves authentiques. Livres 1-2 / ; enrichie de plusieurs portraits, sceaux, monnaies, sculptures et armoiries, Lyon, G. Barbier, , 1073 p. (lire en ligne), p. 532-533. 

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par contrat du 9 mai 1468 (Bibliothèque nationale, Fr.4330, fol.25)[4].
  2. Filippo Maria : il s'agit du troisième enfant de François Sforza qu'il convient de ne pas confondre avec Philippe Marie Visconti, deuxième fils de Jean Galéas Visconti.
  3. Le Tessin constitue aujourd'hui un canton de la Confédération suisse. De fait, il n'existait pas à l'époque en tant que tel, le Tessin n'étant qu'une région et la Léventine devant être rendue au canton d'Uri.
  4. Peu de temps auparavant, Cicco Simonetta aurait, selon Bernardino Corio, dit à Bonne : « Duchessa Illustrissima, à me sarà tagliato il capo, e voi in processo di tempo perderete lo Stato » (Illustrissime duchesse, à moi me sera coupée la tête et vous, avec le temps, vous perdrez l'État).
  5. Il semblerait que le gisant sous lequel repose Bonne de Savoie ait été celui d'une nonne réutilisé pour la duchesse[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (it) « Bòna di Savoia duchessa di Milano », dans Enciclopedia Treccani, Rome, Istituto dell'Enciclopedia Italiana (lire en ligne).
  2. André Palluel-Guillard, « La Maison de Savoie », sur le site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté en octobre 2017), dont André Palluel-Guillard, « Louis Ier » (consulté en octobre 2017).
  3. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome II, p.222 (lettre datée de Rouen du 17 octobre 1464) et p.228 (lettre datée de Poitiers du 21 février 1465)
  4. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome II, Librairie Renouard, Paris 1885, p. 228 note n°4.
  5. Samuel Guichenon 1660, p. 532 (lire en ligne).
  6. Giovanni Dall'Orto, « Lastra tombale di Bona di Savoia », (consulté le 29 juin 2007).