Alcool

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Le terme alcool peut désigner :

au sens strict :
Un grand nombre de produits chimiques se nomme encore communément alcool. Par exemple, l'alcool furfurylique, l'alcool benzylique, l'alcool amylique, l'alcool coniférylique, l'alcool de vératryle, l'alcool paracoumarylique, l'alcool polyvinylique, l'alcool cétylique ou hexadécanol, l'alcool cyclohexylique, l'alcool pinacolique ou pinacol ....
  • L'alcool abréviation d'alcool de vin, est le plus souvent un synonyme populaire de l'éthanol, l'ancien alcool éthylique, soit l'alcool en C2 le plus commun, très souvent produit de la fermentation alcoolique. On notera que le savant persan Rhazès aurait isolé l'éthanol dans le courant du Xe siècle.[réf. nécessaire]


Au sens large une solution aqueuse contenant de l'alcool ou éthanol, produit de la fermentation alcoolique: le degré d'alcool ou degré alcoolique selon Gay-Lussac correspond ordinairement à un pourcentage en volume d'alcool. Dans la pharmacopée européenne, l'éthanol à 94° est désigné comme alcool alors que l'éthanol absolu est désigné sous le nom d'éthanol.
Pourtant, l'eau de vie de la distillation paysanne par alambic ne dépasse que rarement 60° d'alcool, avant d'être coupé à l'eau.
Sa provenance agricole est le plus souvent signalée : alcool de cidre ou Calvados, alcool de bière, alcool de malt ou whiskies, alcool d'orge comme la Lhasa Beer, alcool de pomme de terre ou de grains, alcool de vin comme les prestigieux cognac ou armagnac, alcool de canne à sucre, comme le rhum, alcool de riz comme le saké japonais, alcool de seigle et de maïs, comme le gin, alcool de fruits comme les eaux-de vie de mirabelle, de quetsches ou de cerises, alcool de palme comme le vin de palme, mais aussi alcool de noix comme le vin de noix, alcool de plantes, alcool de gentiane, alcool de genièvre où l'alcool n'est pas produit par la plantes ou le fruit...
    • Il existe aussi des alcools associés à des corps animaux : alcool vipérine, alcool de serpent...
    • L'alcool a gardé différents noms anciens, suivant le mélange eau-éthanol : eau ardente ou aqua ardens (alcool à 60°) qui est autant le brandy des anglo-saxons, l'aguardiente des Occitanies que l'alcool brûlant des anciens apothicaires, eau de vie ou aqua vitae (alcool à 90°). Ce dernier était produit autrefois par distillation de vin et d'alcool sur la chaux.
    • Il existe un grand nombre de provenances géographiques.
    • L'alcool de contrebande est l'objet d'un transport et d'un commerce illicite selon la législation des alcools, même si parfois il est produit officiellement par le pays voisin. Ainsi l'Empire allemand après 1880 exportait ses excédents de distillations.


en un sens encore plus étendu, des mélanges divers ou d'autres corps chimiques :
  • l'alcool dénaturé désigne en général de l'éthanol, auquel a été ajouté une autre substance (par exemple du diéthyléther ou du méthanol), afin de le rendre impropre à la consommation et encore plus toxique. La législation française obligeait, souvent absurdement, à dénaturer l'alcool ou éthanol qui n'était pas destiné à la consommation.
  • l'alcool de bois est un synonyme du méthanol.
  • l'alcool à brûler est un mélange de 90 % d'éthanol et de 5 à 10 % de méthanol, utilisé comme détachant ou combustible.

Origine[modifier | modifier le code]

Le mot alcool a été emprunté, via le latin médiéval savant alkohol et les langues romanes de la péninsule Ibérique (castillan ou catalan alcohol, lusitanien álcool ), à l'arabe méditerranéen الكحول al-kohol, parfois simplifié en al-kôl.

Les (al)chimistes arabes ou berbères dénommaient ainsi « toute substance pulvérisée » ou « liquide distillé », puis purifié(e) par leur soin. L'antimoine sous forme de sulfure stibnite (Sb2S3) pulvérisé en poudre fine et sèche, al-kuhl en arabe, est à l'origine de cet emploi général[1]. D'autre part, la gent féminine du Maghreb utilisait un mélange de poudre d'antimoine et d'alcools, le kôhl, khôl ou alkohl, pour se noircir le haut ou le bas des yeux et amplifier leur regard envoûtant en les gardant largement ouvert.
Au XVIe siècle, les distillateurs et les premiers chimistes européens, à l'instar de Paracelse, fervent iatrochimiste, ont commencé à nommer dans leur jargon technique alkol, alkohol, voire alcohol vini en latin médiéval, l'alcool éthylique ou éthanol purifié, qui était auparavant nommé couramment esprit de vin ou spiritus vini. Il est vrai que ce dernier principe actif, ou quintessence, rendait aussi les yeux brillants.
Les archéologues et égyptologues ont prouvé que le khôl, ce fard noir ou gris foncé marquant les traits du visage et surtout les contours des yeux des hommes et femmes d'Égypte ancienne est à base de différents composés minéraux de plomb, et non d'antimoine. Cette préparation à efficacité ophtalmique, bien qu'assez fortement toxique, était à base de galène PbS, un sulfure de plomb noir, de céruse (PbCO3)2. Pb(OH)2, un carbonate basique de plomb blanc, mais aussi de chlorures de plomb artificiels, PbCl2 et PbCl4.
Toutefois, il n'est pas exclu que l'antimoine se soit imposé, du fait de la fréquente substitution du plomb par l'antimoine dans les minerais de plomb, ainsi que de sa moindre valorisation.

Consommation d'alcool dans le monde[modifier | modifier le code]

Dans son rapport "Global status report on alcohol and health" de 2014, l'Organisation mondiale de la Santé fait état de la consommation d'alcool pur per capita pour chaque pays[2].

Contrairement à la pensée populaire occidentale, ce ne sont pas les Français, ni les Allemands qui consomment le plus d'alcool. C'est en effet au Tchad qu'on remarque la plus grande consommation d'alcool pur avec, en moyenne, 33,9 litres par personne (66,3 % de la consommation étant de la bière). Viennent ensuite les Indiens avec 28,7 litres par tête (93,1 % de la consommation provenant de spiritueux). Un Allemand quant à lui boit 14,7 litres par an (53,6 % provenant de la bière) contre 12,9 litres pour un Français (avec 56,4 % de la consommation provenant du vin)[2].

En Amérique du Nord, on se situe à mi-chemin entre la France et l'Allemagne, puisqu'un Américain boit en moyenne 13,30 litres (50,0 % étant de la bière) et un Canadien 13,20 litres par an (la majorité provenant également de la bière avec 51,2 % de la consommation)[2]. Au Québec, en revanche, la moyenne de consommation est inférieure à la moyenne nationale canadienne d'après les données de l'Institut national de santé publique du Québec, puisqu'un Québécois consommait en 2014-2015, 8,5 litres d'alcool pur en moyenne par personne (51,0 % provenant de la consommation de bière)[3]. La modération apparaît comme étant un valeur partagée pour la population de cette province francophone canadienne selon l'organisme de prévention Educ'alcool, qui est d'ailleurs le message que ce dernier prône depuis des années. En effet, toujours selon l'organisme, c'est notamment "parce que la consommation moyenne des Québécois est d’un peu plus de 3 verres standard par semaine et que l’on consomme en moyenne 2,5 verres par occasion de consommation"[4].

Poésie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Chemistry in Its Element - Antimony Phil Ball, Royal Society of Chemistry (2015)
  2. a, b et c Organisation mondiale de la Santé, Global status report on alcohol and health, Genève, , 392 p. (lire en ligne), p. 289-296
  3. Institut national de la santé publique du Québec, Portrait de la consommation d’alcool au Québec de 2000 à 2015, Québec, 32 p. (lire en ligne), p. 8
  4. « Les Québécois et l’alcool », sur educalcool.qc.ca,‎ s.d. (consulté le 5 janvier 2017)