Jacques Yankel

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Jacques Yankel
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Naissance
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Nationalité
Activité

Jacques Yankel, pseudonyme de Jakob Kikoïne, né le à Paris, est un artiste peintre et sculpteur français.

Il est le fils du peintre Michel Kikoine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alors qu'il nait à l'hôpital Boucicaut, Jacques Yankel est rapidement installé de manière précaire à l'atelier La Ruche dans le 15e arrondissement[1]. Il y grandit entouré de sa famille et des œuvres d'art jusqu'à son entrée à la maternelle.

Sa scolarité est déplorable et il sera refusé à l'École des Arts appliqués et aux Beaux-arts de Paris. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il occupe des emplois temporaires en imprimerie et atelier de gravure. En 1941, il emménage à Toulouse, en zone libre, et devient assistant géologue. Il épouse Raymonde Jouve la même année. Il poursuit ses études et soutient brillamment un diplôme d'études supérieur en Géologie à la faculté des sciences de Toulouse. En 1946, nait sa fille Dinah Kikoïne. Il participe épisodiquement en peintre amateur au groupe du Chariot, avec les artistes Jean Hugon, Michel Goedgebuer, Bernard Pagès, Christian Schmidt, André-François Vernette, Teulières.

En 1949, il est engagé par le Ministère des Colonies pour la carte géologique de Gao-Tombouctou-Tabankort en Afrique-Occidentale française. De cet épisode, il gardera un goût certain pour l'art africain, dont il deviendra un collectionneur. L'année suivante, il rencontre inopinément Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre à Gao. Ce dernier l'encourage à se tourner vers la peinture.

En 1952, il retourne habiter à Paris et fait ses débuts de peintre à la galerie Lara Vinci, rue de Seine. En 1954, en parallèle de sa soutenance de Thèse en géologie à la Sorbonne, il expose ses œuvres à Paris et Mulhouse. En 1955, ce sont ses premiers succès en tant qu'artiste. Il gagne le prix Neumann, qu'il partage avec Réginald Pollack, et le 1er prix de la Société des Amateurs d'Art et le prix Fénéon.

De 1957 à 1959, il continue d'exposer et voyage au Maghreb, aux Baléares, à Genève et en Israël. En 1960, il se marie avec Jacqueline Daneyrole à Labeaume (Ardèche). De 1961 à 1965, il expose à Paris, en Israël et à Amsterdam. En 1966, sa mère, Rose Kikoïne, décède. En 1967, il part précipitamment en Israël pour la guerre des Six-Jours. Il débarque le sixième. Il s'engage volontairement au kibboutz Zikron Jacob et Mayan Zvi et y travaille trois mois.

En 1968, son père, Michel Kikoïne, décède. Il est engagé comme professeur d'art plastique par des étudiants à l'École des beaux-arts de Paris[2]. Il continuera cette activité jusqu'en 1985.

Dans les années 1970, il continue à exposer. En 1978, il participe à la réalisation des décors de la pièce Othello de Shakespeare montée par Georges Wilson. Il commence à travailler avec la Galerie Yoshii à Tokyo et Paris.

En 1987, il se marie avec Lidia Syroka et expose à Anvers en Belgique.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les années 1970[modifier | modifier le code]

Après le décès de son père, il s'appuie sur la littérature dans le but de la transposer. Il s'inspire notamment de la Thora. Il peint aussi des galets incorporés à des dalles de ciment et exécute des projets destinés à l'architecture. De 1975 à 1980, il peaufine la courbe de son graphisme. Il joue des non-couleurs, tandis que sa peinture ne néglige ni la nature morte, ni les intérieurs aux fortes consonances et aux partages régulateurs.

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Il affermit dans son atelier ardéchois, son goût pour les assemblages d'objet hétéroclites, communs ou non, sur papier ou sur toile. Avec la même verve, entre 1985 et 1990, il insiste sur les virtualités du trait et leur étroite complicité avec les masses de couleur incisées de personnages linéaires.

Les années 1990[modifier | modifier le code]

Il expérimente sans relâche le champ opératoire qui s'offre à ses sens. Il peint vite, à l'huile de préférence, comme s'il devait mourir le lendemain. « On vit et on peint sans savoir[réf. nécessaire] » dit-il. Sa production est faite de reliquaires, d'assemblages et d'ex-voto. Il libère son imagination au travers d'objets prélevés au folklore artisanal, industriel ou urbain.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1956: La nouvelle École de Paris, par Gérard Mourgue, éditions Cailler
  • 1973: Yankel, par Raymond Laurent, éditions Le Musée de Poche
  • 1983: Le désespoir du peintre, par Yankel, éditions E.D.L.B
  • 1984: Gérard Xuriguera, Les années 50 - Peintures, sculptures, témoignages, Arted

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2010: Yankel, l'Afrique à l'atelier de Idriss Diabaté

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Ruche, racontée par jacques Yankel". Résumé d'une interview de l'artiste par Dimitri Vicheney in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – n° 25
  2. Voir Thibaut de Reimpré.