Union progressiste

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Ne doit pas être confondu avec le groupe parlementaire de l'Union progressiste (Troisième République)

L'Union progressiste était un parti de gauche né sous la IVe République en France.

Origine[modifier | modifier le code]

L'Union progressiste fut créée le [1] par la fusion entre l'Union des républicains progressistes (ancien Regroupement des radicaux et résistants de gauche), le Parti socialiste unitaire[2] et l'Union des chrétiens progressistes[3]. Le parti comprenait également des éléments issus du Rassemblement démocratique africain et de la Ligue de la jeune République.

L'Union des républicains progressistes (URP) est issue de la fusion entre la minorité du Mouvement de libération nationale, proche du Parti communiste français (PCF) (Emmanuel d'Astier de La Vigerie, Pascal Copeau), et des membres de l'aile gauche du Parti radical-socialiste (l'ancien ministre de l'Air du Front populaire Pierre Cot, Pierre Meunier, Robert Chambeiron, Pierre Dreyfus-Schmidt, Jacques Mitterrand, Pierre Le Brun, Justin Godart, Albert Bayet, Jacques Kayser).

Dans le rapport introductif qu'il présente lors de la première Conférence nationale de l'Union progressiste, Pierre Cot définit ainsi l’objectif du nouveau parti : « Il faut qu’à côté du Parti communiste, et non contre lui, les gens qui souhaitent sortir de l’ornière actuelle, qui se rendent compte de la décadence du régime capitaliste, s’organisent et agissent »[4].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

L'UP obtient quatre députés à l'Assemblée nationale en 1951 (Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Pierre Cot, Pierre Meunier, Gilbert de Chambrun) et six dont un apparenté en 1956 (Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Pierre Cot, Pierre Meunier, Robert Chambeiron, Pierre Dreyfus-Schmidt, Pierre Ferrand).

Présidé par Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Robert Chambeiron et Pierre Dreyfus-Schmidt, le groupe parlementaire s'est successivement appelé Républicains et résistants (1945-1946)[5], Union républicaine et résistante (1946-1951) puis Républicains progressistes (1951-1958).

Officiellement « neutralistes », l'URR et l'UP furent en réalité proches du PCF, ses députés étant apparentés au groupe communiste.

Filiation[modifier | modifier le code]

L'UP participe les - à la création de l'éphémère Mouvement uni de la nouvelle gauche avec la Jeune République (deux députés : André Denis, Léo Hamon) et des gaullistes de gauche issus du Rassemblement du peuple français (trois députés : René Capitant, Louis Vallon, Irène de Lipkowski)[6].

La majorité des membres de l'UP participe ensuite à la création de l'Union de la gauche socialiste (UGS) puis du Parti socialiste unifié (PSU)[6].

L'UP est toutefois maintenue par Pierre Cot (candidat sous cette étiquette jusqu'aux législatives de 1968) et Robert Chambeiron (candidat sous cette étiquette jusqu'aux législatives de 1973). Élu en 1967, Pierre Cot est le dernier député de l'UP. Élu en 1979 au Parlement européen sur la liste conduite par Georges Marchais, Robert Chambeiron est le dernier parlementaire de l'UP.

L'une des dernières prises de position de l'UP fut, en 1992, un appel à voter contre la ratification du traité de Maastricht[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sabine Jansen, « Cot Pierre », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr, (consulté le 4 juillet 2018) : « Le 9 décembre 1950 naissait l’Union progressiste. Elle se voulut un trait d’union entre le Parti communiste et le reste de la gauche. Autour de Pierre Cot et d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, les deux ténors du mouvement à l’Assemblée, se retrouvèrent Gilbert de Chambrun, Robert Chambeiron, Pierre Dreyfus-Schmidt ou encore Pierre Meunier. ».
  2. Membre de commission exécutive de l'UP, Élie Bloncourt présidera la Fédération de la Seine de ce parti (cf. « Élie Bloncourt (1896-1978), une figure du socialisme de gauche unitaire », Éric Nadaud).
  3. « Robert Chambeiron : « tourner le dos à l'esprit du CNR, c'est tourner le dos au progrès » », sur humanite.fr, (consulté le 5 juillet 2018) : « Avec des militants issus de l’Union des républicains progressistes (URP) et avec des éléments issus du Parti socialiste unitaire (premier PSU) et de l’Union des chrétiens progressistes (UCP), il [Robert Chambeiron] est un des fondateurs, le 9 décembre 1950, de l’Union progressiste (UP), dont il assurera le secrétariat général. ».
  4. Sabine Jansen, Cot Pierre, maitron-en-ligne.univ-paris1.fr
  5. Jean Maitron, dans sa notice de Maurice Kriegel-Valrimont, qualifie le groupe des républicains et résistants — formé en 1945 par Emmanuel d’Astier de la Vigerie, Pierre Cot, Pascal Copeau, Pierre Meunier, Pierre Hervé et Maurice Kriegel-Valrimont — de « noyau initial de l’Union progressiste ».
  6. a et b Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, « Chambeiron Robert », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 6 juillet 2018).
  7. « Sainte alliance », sur humanite.fr, (consulté le 6 juillet 2018) : « Il n'est pas douteux aujourd'hui que la meilleure façon de dire «oui» à l'Europe, c'est de dire «non» à Maastricht», souligne l'Union progressiste dans une déclaration publiée dans sa lettre du mois de juin. ».

Lien externe[modifier | modifier le code]