Un fils adoptif

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Un fils adoptif est une pièce de théâtre en un acte de Jules Verne, écrite en 1853[1], avec la collaboration de Charles Wallut.

Argument[modifier | modifier le code]

Isidore Barbillon vit chez son oncle Dumortier, qui reçoit la visite du baron d'Entremouillettes et de sa nièce Césarine, dont Isidore est amoureux. Mais le baron, imbu de sa personne, ne souhaite marier sa nièce qu'à un personnage de haut rang. Alors naît dans l'esprit d'Isidore une idée : se faire adopter par le baron en lui sauvant la vie. Il imagine toutes sortes de stratagèmes, mais, immanquablement, c'est le baron qui sauve la vie à Isidore...

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Le baron d'Entremouillettes, 50 ans.
  • Césarine, sa nièce, 20 ans.
  • Dumortier, son ami, 50 ans.
  • Isidore Barbillon, neveu de Dumortier, 25 ans.
  • Ipharagherre, garde de chasse basque.
  • Laurent, domestique du baron.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Un fils adoptif s'insère dans une série de comédies où Verne et Wallut exploitent des singularités de la jurisprudence et des assurances, comme Onze jours de siège et Un neveu d'Amérique. On retrouve ici le thème du prétendant refusé par le père pour des raisons sociales. Les variations sont nombreuses depuis Une promenade en mer jusqu'aux Compagnons de la Marjolaine, en passant par Monsieur de Chimpanzé. La méthode trouvée par Isidore est sans doute la plus originale, cette idée de sauver la vie du père (ou plutôt ici de l'oncle, ce qui paraît plus vraisemblable), afin de se faire adopter par lui. La pièce, assez mouvementée, tire son comique du fait que c'est tout le contraire qui arrive et qu'à chaque fois, Isidore tombe dans le piège qu'il avait lui-même préparé et est obligé d'avoir recours à l'aide de celui qu'il voulait sauver. La volte-face du baron, à la fin de la pièce, paraît peu crédible et Jules Verne dut sentir la faiblesse de ce procédé.

En effet, reprenant le thème quarante ans plus tard, dans son roman Clovis Dardentor, il change radicalement l'idée en faisant sauver son héros par la jeune Louise Elissane, au grand dam de ceux qui voulaient se faire adopter. En tout cas, voilà un bon exemple de cette intertextualité dont Verne usa tout au long de son œuvre, depuis ses textes de jeunesse jusqu'aux romans posthumes[2].

Le manuscrit[modifier | modifier le code]

Le manuscrit est la mise au net communiquée au directeur du théâtre, qui l'a rangé sans jamais le rendre aux auteurs. L'écriture très soignée est très probablement celle de Jules Verne, qui se trahit dans des moments de fatigue et dans la graphie plus petite des indications scéniques, graphie qui se révèle plus proche de son écriture habituelle.

Il est fortement corrigé au crayon par une écriture anonyme qui semble être celle de Wallut[3]

Notes[modifier | modifier le code]

Bien qu'elle ne fût jamais représentée du vivant de Jules Verne, la pièce n'était point inconnue des critiques. René Escaich en signale l'existence dans son ouvrage :

« Il existe à la Bibliothèque de l'Arsenal, dans la collection Rondel, un manuscrit intitulé "Un Fils adoptif". Sur la couverture en papier fort, il est indiqué comme auteurs Charles Wallut et Jules Verne. Le manuscrit est écrit à la ronde, donc probablement par un copiste, et porte en marge d'assez nombreuses corrections au crayon. Nous croyons devoir signaler cette pièce, car son sujet sur les différents chefs d'adoption est le même que celui de "Clovis Dardentor"[4]. »

Michel Carrouges, dans son article Le Mythe de Vulcain chez Jules Verne, paru deux ans auparavant, avait également évoqué « la cocasse histoire d'adoption, “Le Fils adoptif”, dont le texte inédit nous a été aimablement communiqué par le Docteur Allotte de la Fuÿe »[5].

La version retrouvée par Escaich a été l'objet d'une adaptation probablement abrégée pour la radiodiffusion française, diffusée sur la chaîne France Inter le , de 16 h 18 à 17 h, mais aucun enregistrement ne semble avoir survécu.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Bulletin de la Société Jules Verne, no 140, 2001.
  • Tiré-à-part de la Société, 2001.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Volker Dehs, Un fils adoptif perdu... et retrouvé (préface de la pièce), 2001.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le manuscrit porte la date, ultérieurement ajoutée, de 1853, ce qui peut très bien désigner l'époque à laquelle le manuscrit fut livré au théâtre de destination, c'est-à-dire à la Comédie-Française (Volker Dehs).
  2. Voir la préface de Volker Dehs pour l'édition de la pièce. Société Jules Verne. 2001.
  3. Volker Dehs, Quelques compléments à la théâtrographie de Jules Verne, in Bulletin de la Société Jules Verne no 198, mai 2019, p. 20.
  4. René Escaich. Voyage à travers le monde vernien. Editions de la Boétie. 1951.
  5. Arts et Lettres (Paris) no 15. 1949. p. 7