Saraï
| Saraï | |||
La Horde d'Or et l'emplacement des deux capitales Sarai | |||
| Administration | |||
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| Pays | |||
| Khan | Batu | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 47° 10′ 24″ nord, 47° 26′ 46″ est | ||
| Localisation | |||
| Géolocalisation sur la carte : Russie
Géolocalisation sur la carte : oblast d'Astrakhan
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Saraï, également translittéré Saray (« palais » en persan), son nom complet étant Sarai Batu (le palais de Batu) est la capitale des khans de la Horde d'or après sa fondation par Batu, petit-fils de Gengis Khan, vers 1240. Elle est située sur la basse Volga, près de la mer Caspienne, sur le territoire de l'actuelle Syelitryennoye (ru) (Селитренное) dans l'actuel Oblast d'Astrakhan.
Cette cité ne doit pas être confondue avec la Nouvelle-Saraï dite Saraî Berke, qui sera la seconde capitale de la Horde d'Or vers 1330, ni avec la Petite Sarai ou Sarai-Juk, le chef-lieu sur l'Oural de la Horde Nogaï.
Localisation
[modifier | modifier le code]Saraï est installée sur la rivière Akhtouba, affluent de la Volga, dans une position surélevée qui la protège en partie des crues tout en lui assurant un accès à l’eau. Son implantation sur une hauteur rappelle certains anciens établissements scythes de la région. La ville occupe une superficie relativement réduite pour une capitale, mais elle répond aux besoins politiques et administratifs de la Horde d’Or[1]. Saraï et la Nouvelle Saraï sont deux capitales successives. La première Saraï est fondée près de l’actuel Selitrennoye (en), à environ 100 kilomètres au nord d’Astrakhan[2].
Historique
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La ville est fondée à la suite des conquêtes mongoles menées par Batu dans les principautés russes entre 1236 et 1241[3]. Saraï est fondée comme capitale administrative de la Horde d’Or, alors même que le pouvoir khanique conserve un mode de vie largement nomade, celui-ci préférant se déplacer avec sa cour entre la steppe et les pâturages saisonniers. La fondation de Saraï s’inscrit dans la mise en place du pouvoir mongol sur les steppes de la basse Volga après les conquêtes de Batu[1].
La ville est mentionnée pour la première fois en 1254 dans le récit de voyage de Guillaume de Rubrouck, émissaire du roi Louis IX. L'emplacement est stratégiquement choisie dans la steppe kiptchaq afin de supplanter le contrôle évincé. Cependant, la véritable capitale de la Horde d'Or est le campement du Khan qui se déplace au fil des saisons[3].
Sous le règne d'Özbeg, le voyageur Ibn Battûta visite Saraï et la décrit comme « l'une des plus belles villes ». Son récit évoque la grande dimension des bâtiments, la diversité des habitants, les différents quartiers et marchés. Sa population est alors estimée entre 75.000 et 200.000 habitants. La ville représente un centre économique, culturel et universitaire cosmopolite. Caractéristique de l'Empire mongol, elle accueille les lieux de cultes de plusieurs confessions différentes[3].
Au début du XIVe siècle, Saraï atteint une taille notable et possède plusieurs mosquées, ainsi que des rues pavées, des caravansérails, des madrasas et d’autres palais. La ville ne constitue donc plus seulement un centre administratif, mais aussi un pôle culturel et religieux important. Ibn Battûta y observe une société urbaine développée, marquée par la présence de quartiers distincts pour les principaux groupes ethniques[1].
Saraï abrite des Mongols, des Alains, des Kiptchaks et des Russes, chacun disposant de ses marchés et de ses quartiers. La ville accueille également un archevêque orthodoxe, ce qui montre la coexistence de plusieurs traditions religieuses. La population et les activités urbaines de Saraï reflètent son caractère cosmopolite. Le commerce explique en grande partie la prospérité de Saraï. La ville s’insère dans un réseau caravanier reliant la mer Noire, l’Asie centrale, le Proche-Orient et les ports gênois de la mer Noire. Des marchands italiens, mamlouks, arméniens et persans y sont attestés, y compris des commerçants venant de l’Ilkhanat malgré les conflits politiques entre les deux puissances[1]. Les inscriptions retrouvées à Saraï témoignent de la coexistence de plusieurs langues, dont le turc, le persan et l’arabe. L’absence d’ossements de porc et la rareté de l’art chrétien suggèrent une prédominance publique de l’islam, sans exclure la présence de pratiques religieuses locales[2].
La Nouvelle Saraï, est fondée en 1332 et devient la nouvelle capitale de la Horde d’Or en 1341 jusqu’à son sac de 1395 par Tamerlan. Saraï souffre au milieu du XIVe siècle des épidémies qui sévissent dans la région. Elle est également mise à sac par Tamerlan en 1395. Les sources mentionnent la reprises des activités économiques jusqu'à son abandon à la fin du XVe siècle[4]. Sa disparition intervient après sa prise par les Tatars de Crimée, puis après sa destruction progressive[1]. Elle fut détruite plusieurs fois entre la fin du XIVe et le XVIe siècle, et définitivement en 1556 lorsque Ivan le Terrible conquit le khanat d'Astrakhan.
Archéologie
[modifier | modifier le code]Les données archéologiques montrent une ville composée de structures très variées, allant d’habitations simples à des résidences palatiales dotées de sols et de murs carrelés. Des yourtes semblent aussi avoir été maintenues dans les cours ou jardins des demeures les plus riches, ce qui reflète la continuité des habitudes de l’élite nomade[1].
Les sources contemporaines indiquent que Saraï accueille également plusieurs lieux de sépultures de la dynastie de Djötchi, incluant les sépultures de Batu, Berke et Ozbeg. La carte de Fra Mauro mentionne effectivement une importante tombe impériale près de Saraï ce qui indique que la ville et ses abords jouent un rôle dans la géographie funéraire de la Horde d'Or. Le village de Lapas (en), à proximité du site supposé de l'Ancienne Saraï, présente un important groupe de mausolées supposément rattachés aux khans convertis à l'islam[4].
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 (en) Timothy May, The Mongol Empire: A Historical Encyclopedia [2 Volumes], Bloomsbury Academic, (ISBN 978-1-61069-339-4, lire en ligne), p. 72-74
- 1 2 (en) Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne), p. 488-489
- 1 2 3 Favereau 2023, p. 142.
- 1 2 Favereau 2023, p. 143.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Marie Favereau : La Horde. Comment les Mongols ont changé le monde., 2023, Éd. Perrin, (ISBN 978-2262099558)
- Marie Favereau, Les Mongols et le monde: l'autre visage de l'empire de Gengis Khan, Les Éditions du Château des ducs de Bretagne (Musée d'histoire de Nantes), (ISBN 978-2-906519-81-7, lire en ligne)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Johannes Schiltberger (1381-1440c)