Rue Tronchet

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8e, 9e arrts
Rue Tronchet
Image illustrative de l’article Rue Tronchet
Rue Tronchet vue de l'église de la Madeleine.
Situation
Arrondissements 8e
9e
Quartiers Madeleine
Europe
Début Place de la Madeleine
Fin Boulevard Haussmann
Morphologie
Longueur 400 m
Largeur 28,6 m
Historique
Création 1824
Dénomination 1824
Géocodification
Ville de Paris 9460
DGI 9470

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Tronchet
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La rue Tronchet est une voie des 8e et 9e arrondissements de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Commençant place de la Madeleine et se terminant boulevard Haussmann, elle relie le quartier de la Madeleine et celui de l'Europe. Très commerçante, cette rue abrite une petite galerie commerciale au no 11 ainsi que de nombreux bureaux, parmi lesquels différents cabinets d'avocats ou de notaires. La rue reçoit également la grande brocante du 8e arrondissement au mois de juin.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

François Denis Tronchet.
Le comte James Alexandre de Pourtalès dans son hôtel du 7, rue Tronchet. Portrait par Paul Delaroche (1846).
La comtesse Edmond de Pourtalès, née Mélanie Renouard de Bussière. Portrait par Franz Xaver Winterhalter (1857).

Elle a reçu son nom en mémoire de François Denis Tronchet (1726-1806) qui fut l'un des défenseurs de Louis XVI lors de son procès sous la Révolution française.

Historique[modifier | modifier le code]

La rue Tronchet occupe l'emplacement des terrains du couvent de Notre-Dame-de-Grâce de la rue de la Ville-l'Évêque, occupé par des Bénédictines puis supprimé en 1791, et de la ferme des Mathurins. Elle est ouverte et dénommée par ordonnance du 20 juin 1824, relative à la formation des abords de l'église de la Madeleine :

« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut. Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de l'Intérieur ;
vu le plan d'alignement de la place à former autour de l'église de la Madeleine et des autres voies qui devront y aboutir, dressé en exécution du décret du 10 septembre 1808 ;
vu la délibération du Conseil général du département de la Seine, faisant fonctions de Conseil municipal de la ville de Paris, en date du 14 mars dernier ;
vu le procès-verbal de la publication du plan et les réclamations qui se sont élevées contre les alignements proposés ;
vu l'avis du préfet du département ;
vu enfin le décret du 10 septembre 1808 ;
notre Conseil d’État entendu, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
  • Article 1 : sont approuvés les alignements tracés par des lignes noires sur le plan ci-joint, dont les dispositions consistent :
    • 1° à former autour du monument de la Madeleine une place (la place de la Madeleine) de forme carrée et dont les côtés seront parallèles à ceux du temple ;
    • 2° à prolonger la rue Royale, conduisant de la rue Saint-Honoré à la principale entrée du temple, et à donner à ce prolongement une largeur de 43 mètres ;
    • 3° à ouvrir sur l'arrière-fond de la place, dans le prolongement de l'axe du monument et sur une largeur égale à celle de la rue Royale, une rue qui sera appelée rue Tronchet, et qui se terminera à la rue Neuve-des-Mathurins ;
    • 4° à former jusqu'à la rencontre de la rue d'Anjou, un boulevard sous la dénomination de boulevard Malesherbes, à angle correspondant au boulevard de la Madeleine, et sur une largeur de 43 mètres, pareille à celle de ce dernier boulevard ;
    • 5° à ouvrir, dans le prolongement du côté septentrional de la place, à gauche, et dans une largeur de 10 mètres, une rue sous la dénomination de rue Chauveau-Lagarde, aboutissant au nouveau boulevard, et, à droite, une seconde rue qui portera le nom de rue de Sèze formera le prolongement de la première, et se terminera au boulevard de la Madeleine, à l'extrémité de la rue de Caumartin.
  • Article 2 : les propriétaires riverains seront tenus de se conformer, pour les constructions qu'ils voudraient élever, aux alignements indiqués par le plan ci-joint, sous la réserve des indemnités dues à raison de pertes ou d'acquisitions de terrains, et qui seront réglées conformément aux lois.
  • Article 3 : il ne sera accordé aux propriétaires des terrains et maisons situées sur la partie à droite du prolongement de la rue Royale aucune autorisation de s'avancer sur l'alignement qu'autant que les bâtiments du côté opposé auraient reculé.
  • Article 4 : notre ministre secrétaire d’État au département de l'Intérieur est chargé de l'exécution de la présente ordonnance.
Donné au château des Tuileries, le 2 juin de l'an de grâce 1824, et de notre règne le vingt-neuvième.
Signé : LOUIS. »

Elle est prolongée en 1858 jusqu'au boulevard Haussmann en faisant disparaître une section de l'ancienne rue de la Ferme-des-Mathurins, pour prendre en compte la décision de construire la nouvelle gare de Paris-Saint-Lazare non pas place de la Madeleine, comme cela avait été initialement envisagé (voir « gare de la Madeleine »), mais plus au nord.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • No 1 : autrefois Madeleine-Palace Hôtel, où Jean Cocteau a habité à la fin de 1934[1].
  • No 2 : Aimé Picquet du Boisguy, général chouan y a vécu et y est mort le 25 octobre 1839. Lucien Kraëmer y installe ses bureaux d'antiquaires ;
  • No 4 : François Roguet (1770-1846), comte et général de la Révolution et de l’Empire qui commanda la division de moyenne garde à Waterloo y est mort le 4 décembre 1846[3].
  • No 5 : de retour de Majorque et de Nohant, Frédéric Chopin habita au premier étage d'octobre 1839 à novembre 1841[4]. Dinah Félix (1837-1909), dernière sœur de l'illustre tragédienne Rachel, y mourut[5].
  • No 7 : hôtel de Pourtalès. Construit en 1838-1839 par l'architecte Félix Duban pour le comte James-Alexandre de Pourtalès (1776-1855), dans un style inspiré de la Renaissance italienne, et modifié en 1865-1866 puis 1869-1870 sous la direction de l'architecte Hippolyte Destailleur. La façade et la cour intérieure à arcades rappellent les palais toscans. Un escalier monumental mène à l'étage où se trouvaient les appartements et la collection d'œuvres d'art du comte de Pourtalès. Le décor intérieur, également de Duban, dont la galerie où étaient présentées les célèbres collections du commanditaire, a été détruit. Ces collections ont été dispersées en vente publique en février 1865, selon le vœu de leur propriétaire. À la mort de celui-ci, l'hôtel est passé à son fils, le comte Edmond de Pourtalès-Gorgier (1828-1895) et à son épouse, née Mélanie de Bussière (1836-1914), incarnation de l'élégance et de l'air du grand monde durant le Second Empire et les débuts de la Troisième République. L'hôtel a fait l'objet d'une campagne de restauration en 2006-2008 sous la direction de l'architecte Anthony Béchu[6]. La façade sur rue a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 4 novembre 1927 puis la mesure d'inscription a été étendue à la totalité de l'immeuble le 17 septembre 2002.
  • No 11 : fait partie de l'ensemble immobilier dénommé « Palacio de la Madeleine », sis aux 25-29, place de la Madeleine, 11, rue Tronchet, et 9, rue de Castellane[7]. Il a abrité divers services de la direction générale des Impôts (DGI) dont la direction nationale d’interventions domaniales (DNID) et la commission des infractions fiscales ont été transférés dans cet immeuble en 1974. La cession amiable des lots appartenant à l'État a été autorisée par arrêté du ministre délégué au budget et à la réforme de l'État, porte-parole du Gouvernement, en date du 24 février 2006[8].
  • No 29 : Henri-Catherine-Balthazard Vincent, baron (1775-1884), général de la Révolution et de l’Empire y est mort le 24 décembre 1844[9] ;
    • Apollinaire Lebas (1797-1873), polytechnicien, ingénieur de la Marine, chargé de ramener et d'ériger l'obélisque de Louxor sur la place de la Concorde y est mort le 12 janvier 1873.

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

  • No 35 : une maison d'un étage à l'enseigne Aux Tortues se trouvait déjà à cet emplacement au début du XIXe siècle, avant l'ouverture de la rue. Elle avait alors pour adresse la rue de la Ferme-des-Mathurins (actuelle rue Vignon). Lors du prolongement de la rue Tronchet, la maison fut raccordée au boulevard Haussmann et remplacée par un immeuble d'habitation mais l'enseigne fut conservée. Au rez-de-chaussée, où se trouve aujourd'hui une boulangerie, elle abrita longtemps un magasin de décoration à l'enseigne Aux Tortues dont la belle devanture en marbre jaune a été conservée.

Habitants célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean Cocteau » sur www.terresdecrivains.com (consulté le 28 février 2009).
  2. « Avis de décès du marquis de Torcy », La Presse, 4 avril 1859.
  3. « Avis de décès du comte François Roguet », Le Constitutionnel : journal du commerce, politique et littéraire, 9 décembre 1846.
  4. Rochegude, op. cit., p. 13 ; « Les domiciles parisiens de Frédéric Chopin », sur www.frederic-chopin.com (consulté le 28 février 2009).
  5. a b et c Rochegude, op. cit., p. 13.
  6. Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris. Du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Éditions Parigramme, 2008, 328 p. (ISBN 978-2840962137), p. 220.
  7. Cadastré section B no 122 et d'une superficie de 4 664 m2.
  8. Publié au Journal officiel du 9 mars 2006.
  9. « Avis de décès du baron Henri-Catherine-Balthazard Vincent », Journal des débats politiques et littéraires, 25 décembre 1844.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, Imprimerie de Vinchon, 1844-1849.
  • Charles Lefeuve, Les Anciennes Maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Paris, C. Reinwald, 5e édition, 1875, 5 vol.
  • Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris. VIIIe arrondissement, Paris, Hachette, 1910.