Raphaël de Casabianca

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Raphaël de Casabianca
Image illustrative de l'article Raphaël de Casabianca

Naissance
Vescovato (Corse)
Décès (à 87 ans)
Bastia (Corse)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1817
Distinctions Comte de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Autres fonctions Sénateur

Raphaël de Casabianca, né le à Vescovato (Corse)[1], mort le à Bastia, est un général et sénateur français de la Révolution et de l’Empire.

Son frère est Luc-Julien-Joseph Casabianca.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'ancien régime[modifier | modifier le code]

Élevé dans la haine des Génois, et plaçant le bonheur de la Corse dans la réunion de cette île à la France, Casabianca concourt à la soumission de son pays en servant dans les troupes que Louis XV y a envoyées[2].

Nommé en 1770 capitaine de grenadiers dans le régiment d'infanterie de Buttafuoco, levé pour servir en France, il vient à Paris, mais les services qu'il a déjà rendus auprès de ses compatriotes, décident Louis XV à le renvoyer en Corse[2]. Il est fait capitaine au régiment Provincial-Corse le 23 août 1772, il reçoit en 1773 le brevet de major et est chargé de plusieurs missions délicates par les gouverneurs de Narbonne et de Marbeuf, dont il justifie la confiance par sa conduite[2].

Il est promu en 1777, lieutenant-colonel du régiment dans lequel il sert comme capitaine, il le commande encore lorsque l'Assemblée constituante déclare la Corse partie intégrante du territoire français[1],[2].

La Révolution[modifier | modifier le code]

Envoyé à Paris, en 1790, pour remercier l'Assemblée au sujet de cette déclaration[1], il reçoit le 15 septembre 1791, le grade de colonel et le commandement de la 49e demi-brigade d'infanterie[2].

Envoyé à l'armée du Nord, commandée par le maréchal de Rochambeau, il conduit l'aile droite des troupes de la division Biron aux attaques dirigées contre Mons, et combat constamment à la tête du bataillon de campagne de son régiment. Son intelligence et sa bravoure lui valent les éloges du général Biron en présence de l'armée[2].

Forcé de suivre le mouvement de retraite qui s'opére alors, Casabianca bat un corps de uhlans, le poursuit dans Quiévrain, escalade les murs de cette ville, fait enfoncer les portes, et s'en empare. Mais les 8 000 hommes du corps de Biron, qui croient cette entreprise téméraire et impossible, admettent aisément la nouvelle de la défaite et de la mort de Casabianca. Pris de panique, il se débandent et se sauvent jusqu'à Valenciennes. La ville de Quiévrain n'étant pas préparé à un siège, Casabianca doit abandonner la place qu'il a si heureusement enlevée[2]. Le ministère le récompense de ce fait d'armes le 30 mai 1792[1], par le grade de maréchal de camp.

Envoyé à l'armée des Alpes aux ordres du marquis de Montesquiou, il est placé à l'avant-garde, s'empare de la grotte de Pont-de-Beauvoisin, rejoint le corps principal de l'armée à Chambéry, enlève Chatelart, perce dans la Tarentaise, prend position au pied du petit Saint-Bernard, chasse les Piémontais de la Maurienne et de la Savoie, et assure de la sorte la conquête de ces deux pays[2].

Il se rend en Corse, où Paoli lui donne le commandement en second d'Ajaccio[2]. Dans la lutte d'influence que se livre les Bonaparte et Pozzo di Borgo, il soutient les premiers[3].

Embarqué pour la Sardaigne, que l'on voulait surprendre, il investit Cagliari, mais l'insubordination fomentée par une phalange le contraint de ramener ses troupes à Toulon. Lorsque la Convention décréte d'accusation Paoli, Saliceti le démet du commandement de la 43e division militaire qu'il confie à Casabianca[4]. Cependant, Paoli a soulevé la Corse et y a appelé les Anglais[2].

Enfermé dans Calvi avec environ 2 000 hommes, il y soutient pendant trente-neuf jours[1], un siège entretenu par l'amiral Hood[5] et le général Stuart[6].

Début août, la citadelle étant en partie détruite par le feu continue des batteries anglaises, Casabianca accepte de capituler. La garnison n'est pas considérée comme prisonnière de guerre et les 1 250 survivants sont acheminés avec leurs armes à Toulon par la marine anglaise[6].

C'est devant le siège de Calvi qu'il a été élevé le 19 mars 1794, au grade de général de division. En 1796, il sert sous Masséna en Italie, puis sous le général en chef, Napoléon Bonaparte[7], qui le charge d'une expédition vers la Corse.

Les Anglais ayant évacué l'île[8], il prend le commandement du département de Liamone, qu'il quitte bientôt pour celui de Gênes, où il parvient à apaiser les factions. Employé en 1798 à l'armée de Rome[1], commandée par Championnet, il repousse vivement l'armée napolitaine, et s'empare de Coni le 6 décembre[2].

En 1799, après avoir fait la guerre avec Masséna à l'armée d'Helvétie[1], il est envoyé dans l'Ouest. Il s'occupe à faire fortifier Saint-Brieuc, lorsque le premier Consul récompense ses services, en le faisant nommer au Sénat conservateur parmi la première promotion, avec d'autres gloires de la Révolution[9].

L'Empire[modifier | modifier le code]

Sénateur sous l'Empire, il est chargé d’une enquête par Napoléon lorsque Charles Antoine Morand procède à une vingtaine d’arrestations à Ajaccio.[réf. nécessaire]

Il est fait membre de la Légion d'honneur le 11 vendémiaire de l'an XI, et grand officier de l'Ordre le 26 prairial an XIII[10]. Il est titulaire de la sénatorerie d'Ajaccio[11]. L'Empereur l'élève à la dignité de comte en 1808[12]. Il fait partie du cercle de la mère de l'Empereur[13].

Lors des événements de 1814, il adhére à l'acte de déchéance formulé par le Sénat conservateur[1], et reçoit de Louis XVIII la pairie le 14 juin[1], et la croix de Saint-Louis le 21 décembre[1].

La Restauration[modifier | modifier le code]

Napoléon, à son retour le conserve à la Chambre des pairs, d'où l'élimine Louis XVIII à son retour[14].

Mis à la retraite le 1er septembre 1817[1], et réintégré dans sa dignité de pair le 21 novembre 1819, il meurt le [1].

États de service[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason fam fr Casabianca 1.svg
Armes des Casabianca Page d'aide sur l'homonymie

Parti : au 1, de gueules, à une tour sommée à senestre d'une guérite et adextrée d'un cyprès, le tout d'argent ; au 2, d'or, à un arbre de sinople, sommé d'une colombe d'argent.[19]

Blason fam fr Casabianca 2.svg
Ou 
« Parti: au 2, » au lieu de : « d'or à un arbre de sinople etc.., » lisez : d'or à un arbre arraché de sinople, sommé d'une colombe d'argent tenant en son bec une banderole sur laquelle est écrit : « In bello leones, in pace columbae[19]. »
Orn ext comte sénateur de l'Empire GOLH.svg
Blason Raphaël de Casabianca (1738-1825) 2.svg
Armes du comte Casabianca et de l'Empire
Lettres patentes du 26 avril 1808 (Bayonne
Premier : quartier du Sénat ; deuxième & troisième, quartier de gueules chargés d'une tour surmontée d'une guérite, d'argent, ayant à dextre un cyprès de sable, lampassé d'argent ; quatrième, quartier de gueules chargé de trois poignées d'argent, placées deux et une.[17],[16]
Lettres patentes du 5 octobre 1808 (Erfurt
Écartelé ; au premier, quartier des comtes sénateurs ; au deuxième de gueules à la tour d'argent crénelée de cinq pièces sommées à sénestre d'une guérité d'argent et adextréde d'un cyprès d'or ; au troisième de gueules au pin d'or, sommé d'une colombe d'argent ; au quatrième d'azur, au badelaire d'argent poigné et virolé d'or.[17],[16]
Orn ext Comte (baron-pair) GOLH.svg
Blason Raphaël de Casabianca (1738-1825) pair de France.svg
Armes du comte « de » Casabianca, pair de France

Parti ; au 1er, de gueules à la tour d'argent, crénelée de cinq pièces, sommée à senestre d'une guérite d'argent et adextrée d'un cyprès d'or ; au 2e, d'or au pin au naturel, sommé d'une colombe d'argent.[16]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, vol. I-Z, Fayard,‎ (ISBN 2-213-60485-1), p. 74-75
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Raphaël de Casabianca », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ [détail de l’édition] [1]
  3. Jean Tulard, Napoléon, Fayard,‎ (ISBN 2-213-01813[à vérifier : ISBN invalide]), p. 55
  4. Antonello Pietromarchi, Lucien Bonaparte : le frère insoumis, Perrin,‎ (ISBN 2-262-02207-0), p. 21
  5. Dont le représentant sur place est Horatio Nelson qui perd un œil au cours du siège
  6. a et b Georges Fleury, Nelson : Le héros absolu, Flammarion,‎ (ISBN 2-08-068090-0), p. 210-228
  7. Frédéric Hulot, Le Maréchal Masséna, Pygmalion,‎ (ISBN 2-85704-973-0), p. 335 (Annexe III)
  8. Jean Tulard (dir.), op. cit., p. 562
  9. Thierry Lentz, Le grand Consulat : 1799-1804, Fayard,‎ (ISBN 2-213-60498-3), p. 126
  10. « Notice no LH/439/40 », base Léonore, ministère français de la Culture
  11. Thierry Lentz, « Le Sénat de Napoléon : de la complicité à la "trahison" », Napoléon Ier : Le magazine du Consulat et de l'Empire, no 15,‎ , p. 44-49 (ISSN 1298-6380)
  12. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, Tallandier,‎ (ISBN 2-235-02302-9), p. 190
  13. Michel Lacour-Gayet, Joachim et Caroline Murat, Perrin,‎ (ISBN 2-262-01199-0), p. 147
  14. Georges Six, Les généraux de la Révolution et de l'Empire : Étude, Bernard Giovanangeli Éditeur,‎ (ISBN 2-909034-29-1), p. 270
  15. a et b François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ (consulté le 18 juin 2011)
  16. a, b, c, d, e, f, g et h « Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries », Noblesse impériale, sur toutsurlheraldique.blogspot.com (consulté le 24 juin 2011)
  17. a, b, c, d et e « Registres de lettres patentes de collation de titres et d'armoiries et armorial. », 1808-1815., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)
  18. A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre,‎ [détail de l’édition] (notice BnF no FRBNF37273876)
  19. a et b Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887

Articles connexes[modifier | modifier le code]