Quatrième concile de Constantinople

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Le quatrième concile de Constantinople est, pour l'Église catholique, le 8e concile œcuménique. Il s'est tenu en 869 à Constantinople pour mettre fin au schisme de Photios.


Il a abordé les questions suivantes :

Contexte[modifier | modifier le code]

Le concile fut convoqué pour faire face à un schisme : en 858 l'empereur byzantin Michel III avait déposé le patriarche Ignace de Constantinople pour le remplacer par Photios[1]. Le pape Nicolas Ier refusa de reconnaître cette nomination. Photios reprocha alors au pape d'avoir falsifié le symbole de Nicée par l'ajout du filioque, et alla jusqu'à l'excommunier[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le concile de Constantinople IV se tint en dix sessions dans la cathédrale Sainte-Sophie : huit du 5 octobre au 5 novembre 869, qui furent des réunions restreintes (12 évêques présents à la première, 22 à la seconde, 24 à la troisième), et deux autres les 12 et 28 février 870, qui furent des réunions plus larges (plus de 100 évêques à la dernière). La dernière session interdit toute fonction ecclésiastique à Photios et aux prêtres ordonnés par lui[3]. Le canon 3 redit la légitimité du culte des images : « nous peignons en outre des images des saints anges, comme la divine Écriture les présente par des mots »[4]. Les adversaires du Patriarche de Constantinople, Photios, l'avaient accusé[5] de prétendre que l'homme avait deux âmes, dont une de nature spirituelle, correspondant à l'esprit éternel.

Ainsi, ce concile condamne la trichotomie (l'homme est composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit) au profit de la dichotomie (l'homme est composé d'un corps et d'une âme) canon 11.

Réception[modifier | modifier le code]

Photios fut destitué, puis réhabilité. Il réunit un concile, prescrit par le pape Jean VIII, à Constantinople en 879/880 qui annula celui de 869/870. Rome accepta ce concile provisoirement, et le pape conserva de bonnes relations avec Photios, mais après le schisme d'Orient le concile de 879/880 ne fut plus repris dans les conciles reconnus par Rome.

Ce concile est reconnu par l'Église orthodoxe en tant que synode local et figure dans le recueil canonique du Pédalion et ses conclusions sont comptées parmi l'enseignement officiel de l'Église. Il est haussé au rang de Concile Œcuménique par certains saints orthodoxes (saint Marc d’Éphèse notamment), hiérarques ou théologiens orthodoxes qui le considèrent comme étant le Huitième Concile Œcuménique en ce que tous les patriarcats y étaient représentés par des légats officiaux et en ce que, fait majeur, la ratification du Septième Concile Œcuménique tenu à Nicée en 787 se trouve avoir été effectuée durant la quatrième session du concile de 879 tenue à Constantinople[6].

Ce concile condamna tout ajout au Symbole de Foi de Nicée-Constantinople (381), déclarant l'insertion du Filioque comme hérésie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Chiron, Histoire des conciles, Paris, Perrin, 2011, page 68.
  2. Yves Chiron, Histoire des conciles, Paris, Perrin, 2011, page 69.
  3. A. Boulenger, Histoire générale de l'Église, tome II, volume 5, 5e édition, Paris, 1933.
  4. Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Cerf, Paris 1996, p. 244.
  5. chanoine Adolphe-Charles Peltier, Dictionnaire universel et complet des conciles, Encyclopédie théologique (1847)
  6. Wladimir Guettée, Histoire de l'Eglise Tome VI, Lavardac, Monastère Saint-Michel,‎ , 545 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]