Lithophanie

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Lithophanie rétro-éclairée

Une lithophanie est une œuvre gravée ou moulée en porcelaine très fine et translucide qui ne peut être vue clairement que rétro-éclairée par une source de lumière. Il s'agit d'une représentation ou une scène en intaille qui apparaît en grisaille (en niveaux de gris).

Une lithophanie présente une image en trois dimensions - complètement différentes des gravures en deux dimensions et des daguerréotypes qui sont « à plat ». Les images modifient leurs caractéristiques en fonction de la source lumineuse derrière elles. Les scènes du panneau d'une lithophanie fixée à une fenêtre changent tout au long de la journée, selon la quantité de lumière du soleil. La source de lumière variable est ce qui rend les lithophanies plus intéressantes pour l'observateur que les images en deux dimensions.

Historique[modifier | modifier le code]

Si l'origine de la lithophanie est sans doute la manufacture royale de Prusse, c'est au baron Paul de Bourgoing qu'est attribuée cette invention[1]. C'est lui qui fait breveter, pour 15 ans, en 1827, une invention « pour des procédés de lithophanie ». Dans ce document de 12 pages il décrit trois procédés de lithophanie : la « lithophanie translucide », la « lithophanie en clair-terni » et la « lithophanie en ombre adoucie[2] ».

Techniques[modifier | modifier le code]

On exécute ces images par un procédé plastique et non par le dessin[3]. Une plaque de verre est recouverte d'une couche de cire sur laquelle est modelé le sujet à reproduire, au moyen d'ébauchoirs de sculpteur. Les parties les plus ombrées sont représentées par la couche de cire la plus épaisse, les plus claires le sont par une couche très mince ou même par le verre seulement.

Dans son ouvrage L'art des céramiques Jacques G. Periffer [4] précise que l'exécution fait appel à l'estampage d'une croûte dans un moule en deux demi-coquilles dont chacune porte le modelé d'une face de l'objet. Ce moule est fabriqué dans une matrice modelée en cire translucide selon une méthode proche de celle des sculpteurs médaillistes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alphonse Maze "Recherche sur la céramique, aperçu chronologique et historique" 1870 Paris Société Française de numismatique 266 p. pp. 110-112 (consultable sur Gallica)
  2. Ministère de l'intérieur "Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d'invention, de perfectionnement et d'importation dont la durée est expirée, et dans ceux dont la déchéance a été prononcée, Volume 46,Numéros 5081 à 5252" 1842 (consultable sur Google livres)
  3. Hammann,J. M. Hermann " Des arts graphiques destinés à multiplier par l'impression, considérés sous le double point de vue historique et pratique" Genève, 1857 ed. J.Cherbuliez 489 p. (consultable sur Gallica)
  4. Jacques G. Peiffer "l'art des céramqiues , une histoire complète des techniques » éd. Dessain et Tolra, Turin, 2000, 188 p. "Lithophanie, émaux ombrants" p. 47


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