Le Christ moqué

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Le Christ moqué
Cimabue Christ Mocked.jpg
Artiste
Type
Matériau
peinture, or et bois de peuplier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dimensions (H × L)
25,8 × 20,3 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Collection
Localisation

Le Christ moqué est un tableau de dévotion de Cimabue. Il constitue l'un des huit panneaux du diptyque composé vers 1280. Réalisé à la peinture à l'œuf et fond d'or sur un panneau en bois de peuplier de 25,8 × 20,3 cm, il représente Jésus-Christ pendant un épisode de sa Passion. Il a été retrouvé dans une demeure de Compiègne en 2019. Il est adjugé au prix de 24,18 millions d'euros (frais compris) au cours de la vente aux enchères organisée par la maison Actéon le 27 octobre 2019 à Senlis.

Représentation schématique du Diptyque de dévotion.

Composition[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diptyque de dévotion (Cimabue).

Le Christ moqué est l'un des panneaux peints par le maître de la pré-Renaissance italienne Cimabue vers 1280 constituant le Diptyque composé de huit tableaux disposés en deux volets vraisemblablement dispersés au XIXe siècle. Il s'agit du panneau du bas à gauche du volet de gauche du Diptyque. C'est une peinture à l'œuf et fond d'or sur panneau de peuplier de 25,8 × 20,3 cm[1].

Thématique[modifier | modifier le code]

Le tableau représente l'un des épisodes (en) de la Passion du Christ au cours duquel Jésus est agressé, moqué et tourné en dérision devant la foule, épisode que l'on retrouve à deux reprises dans les Évangiles : une première fois à son procès devant le Sanhédrin, où la foule crache sur Jésus et le gifle, et une seconde fois, après sa comparution devant Pilate, où Jésus est flagellé vêtu d'un manteau de pourpre et couronné d'épines[2]. La thématique du Christ moqué ou outragé a fait l'objet depuis le Moyen Âge de nombre de représentations par des artistes tels que Fra Angelico, Matthias Grünewald (en) ou Antoine van Dyck (en) illustrant l'épisode chez Caïphe — contrairement à ceux-ci, Cimabue ne représente pas le Christ les yeux bandés et les poignets enserrés dans des liens, mais les bras ballants, opposant à ses agresseurs une expression de sérénité[1] — ou Jérôme Bosch, le Titien, ou le Caravage illustrant le Couronnement d'épines — dans le tableau de Cimabue un personnage semble tenir une couronne d'épines au-dessus de la tête du Christ[1].

Découverte et vente aux enchères[modifier | modifier le code]

Le panneau est retrouvé en 2019 lors de l'inventaire d'une maison des environs de Compiègne dont les propriétaires, qui y voyaient « une simple icône », ignorent la provenance de l'œuvre expertisée par Stéphane Pinta du cabinet Turquin[3]. Sa découverte est annoncée aux médias le 23 septembre 2019.

Estimé 4 à 6 millions d'euros, le tableau est proposé à la vente aux enchères le 27 octobre 2019 à Senlis par maîtres Dominique Le Coënt-de Beaulieu et Philomène Wolf, commissaires-priseurs d'Actéon[1]. Il est exposé au public le mercredi 23 octobre 2019 à l'hôtel de ville de Compiègne où un peu plus de quatre-cents personnes le découvrent avant la vente pour laquelle sont attendus des collectionneurs privés et des institutions muséales internationales dont les musées français qui peuvent appliquer un droit de préemption[4].

Le Christ Moqué est adjugé 19,5 millions d'euros[5]. Son prix tous frais compris s'élève à 24,18 millions d'euros[6],[7]. Son acquéreur, Álvaro Saieh, propriétaire de la collection Alana de primitifs italiens, avait démissionné peu auparavant du conseil d'administration du Metropolitan Museum of Art de New York afin d'enchérir librement[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Diane Zorzi, « Une œuvre perdue de Cimabue découverte près de Compiègne », Le Magazine des enchères,‎ (lire en ligne), Carole Blumenfeld, « Deux primitifs redécouverts : Cimabue et le maître de Vissy Brod », La Gazette Drouot,‎ (lire en ligne), Rafael Pic, « Découverte d’un rarissime Cimabue », Le Quotidien de l'art,‎ (lire en ligne)
  2. Éliane et Régis Burnet, « Le Christ aux outrages », sur iconographie.free.fr, « La vie de Jésus », sur cineclubdecaen.com, « [Décryptage] Le Christ aux outrages : « Mais à quoi jouent-ils ? » », sur narthex.fr
  3. Le cabinet Turquin avait en 2014 procédé à l'expertise du « Caravage de Toulouse »
  4. François Nerrand, « Le tableau de Cimabue retrouvé à Compiègne exposé à la mairie avant sa vente aux enchères », Oise Hebdo,‎ (lire en ligne [vidéo])
  5. Alexis Bisson, « Découvert dans l'Oise, le chef-d’œuvre de Cimabue adjugé 19,5 millions d'euros ! », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  6. « Un très rare tableau « Le Christ moqué du peintre » italien Cimabue adjugé à plus de 24 millions d'euros », sur francetvinfo.fr,
  7. Agence France-Presse, « Un très rare tableau primitif de l'Italien Cimabue adjugé à plus de 24 millions d'euros » [vidéo], sur youtube.com
  8. Didier Rykner, « Le panneau du Maître de Vyšší Brod acquis par le Metropolitan Museum », La Tribune de l'art,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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