Gouvernement militaire

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Un gouvernement militaire était une circonscription administrative française de l'Ancien Régime : une portion du Royaume de France soumise à l'autorité militaire, administrative et pour ainsi dire exécutive d'un gouverneur nommé par le Roi. Selon l'ordonnance de 1499, ce dernier avait pour mission de « tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses ».

Jusqu’au XVIe siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Gouvernements généraux[modifier | modifier le code]

Les anciens gouvernements de France (1789)

Par ordonnance du 18 mars 1776, le roi distribua les gouvernements généraux des provinces, au nombre de trente-neuf, en deux classes :

  • La première classe comprit dix-huit gouvernements généraux, dont les titulaires percevaient chacun annuellement, soit en appointements, soit en émoluments, une somme de 60 000 livres ;
  • La seconde classe comprit vingt-un gouvernements, à chacun des titulaires desquels il n'était attribué que 30 000 livres par an.

Gouvernements généraux de première classe[modifier | modifier le code]

Les dix-huit gouvernements généraux de la première classe étaient les suivants :

  • Gouvernement de l'Isle de France (chef-lieu : Paris) ;
  • Gouvernement de Picardie (chef-lieu : Amiens) ;
  • Gouvernement de Flandre et de Hainaut (chef-lieu : Lille) ;
  • Gouvernement de Champagne et de Brie (chef-lieu : Troyes) ;
  • Gouvernement de Metz et Pays messin, Verdun et Verdunois ou des Évêchés (chef-lieu : Metz) ;
  • Gouvernement de Lorraine et Barrois (chef-lieu : Nancy) ;
  • Gouvernement d'Alsace (chef-lieu : Strasbourg) ;
  • Gouvernement du Comté de Bourgogne (chef-lieu : Besançon) ;
  • Gouvernement du Duché de Bourgogne (chef-lieu : Dijon) ;
  • Gouvernement de Lyonnais, Forez, Beaujolais (chef-lieu : Lyon) ;
  • Gouvernement de Dauphiné (chef-lieu : Grenoble) ;
  • Gouvernement du Pays et Comté de Provence (chef-lieu : Aix) ;
  • Gouvernement de Languedoc (chef-lieu : Toulouse) ;
  • Gouvernement de Roussillon (chef-lieu : Perpignan) ;
  • Gouvernement de Haute et Basse Navarre et Béarn (chef-lieu : Pau) ;
  • Gouvernement de Guyenne et Gascogne (chef-lieu : Bordeaux) ;
  • Gouvernement de Bretagne (chef-lieu : Rennes) ;
  • Gouvernement de Normandie (chef-lieu : Rouen).

Gouvernements généraux de seconde classe[modifier | modifier le code]

Les vingt-et-un gouvernements généraux de la seconde classe étaient les suivants :

  • Gouvernement du Havre de Grâce (chef-lieu : Le Havre) ;
  • Gouvernement de Boulonnais (chef-lieu : Boulogne) ;
  • Gouvernement d'Artois (chef-lieu : Arras) ;
  • Gouvernement de la Principauté de Sedan (chef-lieu : Sedan) ;
  • Gouvernement de Toul et Toulois (chef-lieu : Toul) ;
  • Gouvernement de Nivernais (chef-lieu : Nevers) ;
  • Gouvernement de Bourbonnais (chef-lieu : Moulins) ;
  • Gouvernement de Haut et Bas Berry (chef-lieu : Bourges) ;
  • Gouvernement d'Auvergne (chef-lieu : Clermont) ;
  • Gouvernement de Foix, Donezan et Andorre (chef-lieu : Foix) ;
  • Gouvernement de Haut et Bas Limousin (chef-lieu : Limoges) ;
  • Gouvernement de Haute et Basse Marche (chef-lieu : Guéret) ;
  • Gouvernement de Saintonge et Angoumois (chefs-lieux : Angoulême et Saintes) ;
  • Gouvernement de La Rochelle et pays d'Aunis (chef-lieu : La Rochelle) ;
  • Gouvernement de Poitou (chef-lieu : Poitiers) ;
  • Gouvernement de Saumur et Saumurois (chef-lieu : Saumur) ;
  • Gouvernement d'Anjou (chef-lieu : Angers) ;
  • Gouvernement de Touraine (chef-lieu : Tours) ;
  • Gouvernement du Maine, Perche et Comté de Laval (chef-lieu : Le Mans) ;
  • Gouvernement de l'Orléanais (chef-lieu : Orléans) ;
  • Gouvernement de l'île Corse (chef-lieu : Bastia).

Gouvernements généraux militaires spéciaux[modifier | modifier le code]

  • Ville, vicomté et prévôté de Paris (chef-lieu : Paris) ;
  • Monaco (mentionné, bien que ne faisant pas partie du royaume ) ;

L'Almanach Royal de 1789 distingue par ailleurs trente-trois grands gouvernements et huit petits gouvernements.

Certains n’ont eu qu’une existence fugace et avaient disparu en 1789 :

  • Dunkerque
  • Santerre (de 1418 à 1636)[1]

Gouvernements particuliers[modifier | modifier le code]

Gouvernements particuliers de première classe[modifier | modifier le code]

Les gouvernements particuliers de la première classe étaient :

  • Calais, Guise, Montreuil, Bergues, Douai, Valenciennes, Maubeuge, Condé, Cambrai, Verdun, Sarre-Louis ;
  • En Alsace : Landau ;
  • En Bourgogne : Auxonne ;
  • En Artois : Arras ;
  • En Aunis : La Rochelle et l'île de Ré ;
  • En Provence : la citadelle de Marseille ;
  • En Languedoc : Montpellier ;
  • En Roussillon : Collioure ;
  • En Guyenne : le Château-Trompette de Bordeaux et Blaye ;
  • En Bretagne : Brest, Nantes, Saint-Malo, Belle-Isle.

Gouvernements particuliers de seconde classe[modifier | modifier le code]

Les gouvernements particuliers de la seconde classe étaient : Soissons, Amiens, la citadelle de Lille, Gravelines, la citadelle de Valenciennes, Landrecies, le Quesnoy, Méxières, Thionville, Longwy, Schelestat, Betsort, Huningue, Salins, Chalon-sur-Saône, les îles Sainte-Marguerite, Sisteron, Aigues-Mortes, fort Brescou et Agde, Cherbourg, Boulogne, Saint-Omer, Aire, l'île d'Oléron et Cognac.

Gouvernements particuliers de troisième classe[modifier | modifier le code]

Les gouvernements particuliers de la troisième classe étaient : Ham, Péronne, Saint-Quentin, le fort de Scarpe, Avennes, Bouchain, Philippeville, Charlemont Scies deux Givers, Rocroy, Montmedy, Bar, Commercy, Neufchâteau, Epinal, Pont-à-Mousson, Mirecoutt, Saint-Mihiel, le Fort-Louis, Neuf-Brisack, Phalsbourg, Pont-Arlier et château de Joux ;

  • En Bourgogne : Dôle, Dijon ;
  • En Dauphiné : Grenoble, Embrun, Mont-Dauphin, Briançon, le fort Barraux, fort Saint-Jean ;
  • En Provence : le château d'If, Toulon, Antibes ;
  • En Languedoc : Saumures, Nîmes, Pont Saint-Esprit, Saint-Hypolite, Narbonne, Sálus ;
  • En Roussillon : Villefranche (aujourd'hui, Villefranche-de-Conflent), le fort de Bellegarde, Mont-Louis ;
  • En Gascogne : Bayonne, Dax et Saint-Séver ;
  • En Béarn : Pau, Navarreins, Saint-Jean-Pied-de-Port ;
  • En Bretagne : Rennes, Vannes, Port-Louis et l'Orient (aujourd'hui, Lorient), Quimper, le château du Taureau ;
  • En Normandie : Rouen, Dieppe, Caen ;
  • En Artois : la citadelle d'Arras, Bapaume, Hesdm, Béthume, Saint-Venant, Brouage, Niort ;
  • En Anjou : Angers et Loches.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Duquesne, Dictionnaire des gouverneurs de province, Paris, Éd. Christian, (ISBN 2-86496-099-0)
  • Jean-Louis Masson, Provinces, départements, régions : l'organisation administrative de la France d'hier à demain, Fernand Lanore, 1984