Couvent de la Charité

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Couvent de la Charité
Présentation
Culte Catholique romain
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Ville Caen
Coordonnées 49° 09′ 13″ nord, 0° 20′ 35″ ouest

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Couvent de la Charité

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Couvent de la Charité

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Couvent de la Charité

Le couvent de la Charité ou Notre-Dame de Charité est un ancien couvent fondé à Caen par Jean Eudes dans les années 1640. Établi dans le quartier Saint-Jean, l’établissement a été détruit en 1944 et reconstruit dans le quartier de la Guérinière. C’est depuis les années 1970 un centre pour personnes âgées.

La fondation de l'Institut Notre-Dame du Refuge (1641)[modifier | modifier le code]

En 1641, Jean Eudes, encore membre de la congrégation de l'Oratoire, loue une maison afin de recevoir des prostituées repenties et les faire travailler afin de subvenir à leur besoin et pour éviter qu’elles cèdent à l’oisiveté. L’institut prend donc le nom de Notre-Dame du Refuge. Le , l’évêque de Bayeux autorise que la maison soit désormais baptisée Notre-Dame de Charité. À l'origine, l'Institut n’était pas tenu par des religieuses ; mais en 1651, l'Ordre de Notre-Dame de Charité est reconnu officiellement par le nouvel évêque de Bayeux, Mgr Molé. Le président du Parlement de Rouen, Leroux de Langrie, et son épouse offrent les fonds nécessaires et se déclarent fondateurs de l’Institut.

La maison louée en 1640 se trouvait dans la rue Saint-Jean, face à la chapelle de l’hôpital Saint-Gratien. En 1645, la communauté déménage dans la rue des Jacobins. De 1649 à 1657, elle emménage dans une maison de la rue neuve Saint-Jean appartenant à M. de Langrie.

Le premier couvent (1657 – 1944)[modifier | modifier le code]

Le couvent au début du XXe siècle

La croissance de la communauté les oblige à acquérir en 1656 une nouvelle demeure située rue des Quais (actuel quai Vendeuvre) et disposant d’un terrain spacieux qui servait jusqu’alors de lieux de déchargement des marchandises du port de Caen. Cet établissement, dans lequel les sœurs s’installent le , se développe entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle.

Les sœurs se font construire une église dédiée au sacré-cœur de Jésus et Marie. Elle est bénite par Mgr de Nesmond, évêque de Bayeux, le et consacrée par Mgr Blouet de Camilly, évêque de Toul, le . Le plan de l’église des Sacrés-Cœurs-de-Jésus-et-Marie formait une croix latine de 26m50 de long pour 15,5 m de largeur au niveau du transept. Le chœur des religieuses faisait 5m sur 7. Les cœurs des fondateurs du couvent, Monsieur de Langrie et Madame de Camilly, ont été inhumés dans une chapelle de l'église. Lors de la translation du corps de Jean Eudes à Notre-Dame-de-la-Gloriette en 1810, son crâne et un reliquaire trouvé dans le tombeau ont été mis en terre dans la même chapelle[1].

En 1792, la communauté est dispersée et le couvent transformé en caserne[2]. En 1801, les religieuses reprennent possession des bâtiments et l’agrandissent peu à peu[2]. En 1858, elle rachète à la municipalité l’ancien palais des évêques de Bayeux, contigu à leur établissement (au no 50 rue Neuve-Saint-Jean), pour le transformer en pensionnat[2]. Le palais fut reconstruit à la fin du XVIIIe siècle, mais il restait quelques vestiges des bâtiments du XIVe siècle. Il était composé d’une cour encadrée par quelques bâtiments aboutissant à un bâtiment central et de jardins.

L'ambiance qui régnait dans le couvent au milieu du XIXe siècle est décrite par Mme E. Caro dans « le péché de Madeleine »[3]. En 1909, le couvent reçoit l'autorisation d'accueillir des pupilles de l'État qui ne peuvent être placées en famille du fait de leur indiscipline[4].

Le second couvent depuis les années 1950[modifier | modifier le code]

Le couvent et ses extensions sont détruits pendant les bombardements lors de la bataille de Caen[5]. Comme les Bénédictines qui se font construire un nouveau couvent à la Folie Couvrechef, la communauté des sœurs de Notre-Dame de Charité décide de faire reconstruire un nouvel établissement en dehors de la ville. Elles choisissent le lieu-dit de la Guérinière à la limite entre Caen et Cormelles-le-Royal[Note 1]. La première pierre est posée en 1951 et l'ensemble de bâtiments est érigé par l'architecte Beaufils[6]. Entre 1955 et 1961, un grand ensemble est construit à côté du couvent qui se trouve donc rapidement rattrapé par la ville.

Entre 1972 à 1984, l'hospice Saint-Louis, qui occupait depuis le début du XXe siècle les locaux de l'abbaye aux Dames, est transféré dans le couvent. Il prend alors officiellement le nom de Centre pour Personnes Âgées, dépendant du centre hospitalier régional universitaire de Caen[7]. Entre 1984 et 2005, le CPA a fait l'objet d'une restructuration incluant la rénovation des anciens locaux et la construction de nouveaux bâtiments. Le site aujourd'hui est composé d'un ensemble de quatre pavillons répartis sur 30 000 m² de terrain.

Lorsque la congrégation Notre-Dame de charité a fermé sa maison de La Rochelle en 1988, elle a dispersé ses objets classés dans différents établissements. Le couvent de Caen a reçu une peinture à l'huile sur toile exécutée en 1715 et intitulée « Dieu le Père apparaissant aux fondatrices ». Cette toile fait l’objet d’un classement au titre objet des monuments historiques depuis le [8].

Le domaine de 2 ha et demi, ainsi que les bâtiments du couvent ont été vendus à un promoteur immobilier afin d'y aménager des logements. Les dix dernières sœurs ont quitté le bâtiment conventuel fin août 2012[9].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au moment de la construction du monastère, la propriété est située sur la commune de Cormelles. Le 22 décembre 1965, le secteur est transféré à la commune de Caen.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Robillard de Beaurepaire, Caen illustré, son histoire, ses monuments, Marseille, Laffitte, 1977, réimpression de l'édition de Caen (1896), p. 341-343
  2. a, b et c Louis Gosselin, « L'ile Saint-Jean » dans Le mois à Caen, octobre 1967, no 58, pp. 6–21
  3. E. Caro, « Le péché de Madeleine », dans la Revue des deux Mondes, le [(fr) texte intégral (page consultée le 30 octobre 2008)]
  4. Revue générale d'administration, Paris, Berger-Levrault et Cie, mai-août 1912, pp. 376–377 [lire en ligne]
  5. Les ruines du couvent en 1944
  6. Renaissance d'une ville : Caen 1944 – 1963
  7. Site du CHRU
  8. Notice no PM14001144, base Palissy, ministère français de la Culture
  9. Ouest-France, édition de Caen, 24 septembre 2012

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Christophe Collet, Caen, cité médiévale : bilan d’histoire et d’archéologie, Caen, Caen Archéologie, 1996
  • Père Julien Martine, Vie du R.P. Jean Eudes, manuscrit inédit publié et annoté par l’abbé Le Cointe, Caen, Imprimerie le Blanc-Hardel, 1880, deux tomes
  • Guillaume-Stanislas Trébutien, Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, Caen, A. Hardel, 1880, 3e édition

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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