Contagion (film)

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Contagion
Titre original Contagion
Réalisation Steven Soderbergh
Scénario Scott Z. Burns
Acteurs principaux
Sociétés de production Double Feature Films
Participant Media
Abu Dhabi Media
Regency Enterprises
Warner Bros.
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Genre Thriller
Durée 110 minutes
Sortie 2011


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Contagion est un thriller d'anticipation américano-émirati réalisé par Steven Soderbergh, sorti en 2011.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La rapide progression d’un virus mortel tue les personnes contaminées en quelques jours. Les premières minutes du film illustrent les modes de transmission de ce virus à partir d'une poignée de personnages, puis sa propagation. De gros plans sur des poignées de portes, des verres échangés, des boutons d’ascenseurs ou des cartes de crédit, suggèrent les supports de cette transmission. Ces moments du film racontent les aspects aléatoires de l’émergence de la maladie, l’importance des interactions sociales et le rôle prédominant des lieux très denses. La pandémie cesse d'être locale par la mobilité de personnes, passant par l'usage de métro, de bateau, d'avion, etc.. Le docteur Erin Mears, interprétée par Kate Winslet, explique l'importance du taux de reproduction de base de la maladie et introduit de fait la notion de modèles compartimentaux en épidémiologie. Alors que l’épidémie se propage à grande vitesse, la communauté médicale mondiale tente, dans une course effrénée contre la montre, de trouver un remède et de contrôler la panique qui se répand encore plus vite que le virus : les gens se battent pour survivre dans une société qui se désagrège. Beth Emhoff, la femme de Mitch, interprétée par Gwyneth Paltrow, revient d'un voyage à Hong Kong, où elle a contracté le virus. Les épidémiologistes l'identifient comme étant le patient zéro[1],[2].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Légende doublage : version française (VF)[5] et version québécoise (VQ)[6]

Production[modifier | modifier le code]

L'épidémiologiste Larry Brilliant, ici en 2009, est l'un des consultants scientifiques du film.

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Les prémices de Contagion apparaissent durant la précédente collaboration entre le scénariste Scott Z. Burns et Steven Soderbergh pour The Informant!. Le duo imagine un temps faire un film biographique sur Leni Riefenstahl, une réalisatrice allemande très liée à la propagande nazie[7]. Steven Soderbergh préfère abandonner l'idée, pensant que le film n'intéressera pas le public. De son côté, Scott Z. Burns est fasciné par l'idée d'une maladie transmissible et suggère de faire un thriller sur une situation de pandémie[7],[4].

Le scénariste contacte alors l'épidémiologiste Larry Brilliant, connu pour son travail sur l'éradication de la variole, comme consultant[7]. Ce dernier lui présente un autre spécialiste, W. Ian Lipkin, directeur de la Mailman School de l'Université Columbia. Cela permet alors à la production d'accéder à de nombreux éléments de l'Organisation mondiale de la santé[7]. Scott Z. Burns rencontre également l'auteure de The Coming Plague, Laurie Garrett, dont l'ouvrage offre de multiples intrigues possibles au scénariste[7]. W. Ian Lipkin explique que le virus du film se rapproche du virus Nipah, apparu en Malaisie en 1998[4].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Ce film marque la sixième collaboration entre Steven Soderbergh et Matt Damon, après la Trilogie Ocean (2001-2007), Che, 2e partie : Guerilla (2008) et The Informant! (2009).

Jennifer Connelly était le premier choix pour incarner Beth Emhoff. Le rôle reviendra finalement à Gwyneth Paltrow[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage débute à Hong Kong en septembre 2010, notamment à Tsuen Wan, Aberdeen, sur le pont Tsing Ma, à l'aéroport international, à l'InterContinental Hong Kong ou encore à Tsim Sha Tsui. Il se poursuit à Chicago (aéroport international O'Hare, General Jones Armory, pont Henry Ford, aéroport Midway, ...) et dans plusieurs autres villes de l'Illinois (Western Springs, Naperville, Elgin, Glencoe, Glenview, Wilmette, Skokie, Waukegan et Downers Grove). il a également lieu à Atlanta, San Francisco (Candlestick Park, Golden Gate Park, hôtel de ville, bureaux du San Francisco Chronicle, ...), Londres (Commercial Street), Casablanca et Genève[8],[9].

Le film est tourné avec des caméras Red One MX proposant une qualité d'image supérieure à 4K[10].

Musique[modifier | modifier le code]

Contagion
Original Motion Picture Soundtrack

Bande originale de Cliff Martinez
Sortie [11]
Enregistré Eastwood Scoring Stage, dans les Warner Bros. Studios de Burbank[11]
Genre musique de film, musique électronique
Label WaterTower Music

La musique du film est composée par Cliff Martinez. Après avoir travaillé avec de nombreux autres personnes, le réalisateur Steven Soderbergh retrouve ainsi le compositeur de ses débuts, avec lequel il signe ici sa 10e collaboration.

Liste des titres
  1. They're Calling My Flight - 3:02
  2. Chrysanthemum Complex - 2:36
  3. Placebo - 0:25
  4. Move Away From The Table - 1:49
  5. The Birds Are Doing That - 1:35
  6. Get Off The Bus - 2:03
  7. 100 Doses - 1:46
  8. Affected Cities - 2:48
  9. Bad Day To Be A Rhesus Monkey - 2:25
  10. I'm Sick - 1:29
  11. Get Us To The Front Of The Line - 2:00
  12. Don't Tell Anyone - 2:13
  13. Forsythia - 2:48
  14. It's Mutated - 2:22
  15. Merry Christmas - 1:39
  16. They Didn't Touch Me - 2:02
  17. There's Nothing In There - 1:52
  18. Handshake - 4:16
  19. Bat & Pig - 2:39
  20. Contagion - 3:37

Sortie[modifier | modifier le code]

Promotion[modifier | modifier le code]

Avant la sortie du film, Warner Bros. Canada a eu une idée très spéciale pour promouvoir le film. Derrière une vitrine de Toronto, deux boîtes de Petri contenant de fausses bactéries et de faux champignons étaient exposées. Au fil des jours, ces «spécimens» se rassemblent pour former le mot contagion ainsi qu'un symbole biohazard, le jour de la sortie du film[4],[8].

Critique[modifier | modifier le code]

Contagion reçoit en majorité des critiques positives. L'agrégateur Rotten Tomatoes rapporte que 84 % des 97 critiques ont donné un avis positif sur le film, avec une bonne moyenne de 7,210[12]. La critique qui fait le plus consensus est tendu, doté d'une intrigue au cordeau, poussée par une distribution 3 étoiles, Contagion est un film-catastrophe extrêmement futé et terrifiant.[12]. L'agrégateur Metacritic donne une note de 70 sur 100 indiquant des critiques positives[13]. En France, le site Allociné compile 30 titres de presse, pour une note moyenne de 3,25[14].

Box-office[modifier | modifier le code]

Avec son budget supérieur à 60 millions de dollars (le plus élevé du réalisateur après la trilogie Ocean), Contagion ne rencontre pas un énorme succès dans le monde[8].

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Alt=Image de la Terre Mondial 136 515 867 USD[3]
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
75 658 097 USD[3] [15] 14[15]
Drapeau de la France France 686 151 entrées 3[16]

Analyse[modifier | modifier le code]

En 1950, dans Panique dans la rue, Elia Kazan avait déjà mis en scène la propagation d'une maladie : un immigré clandestin, atteint de la peste bubonique infecte ses assassins, qui risquent de propager la maladie s’ils ne sont pas arrêtés à temps. Mais cette maladie ne provoque pas dans ce film une épidémie. En 1995, par contre dans Alerte !, Wolfgang Petersen imagine une épidémie, qui reste cependant circonscrite au seul État de Californie. Le thème de ce film s'inspire d’Ebola.

Le film Contagion fait davantage référence à la grippe de 1918, par sa virulence et sa propagation, et évoque une pandémie mondiale. L'hypothèse de départ du film Contagion est jugée alarmiste à sa sortie, mais les scientifiques reconnaissent la précision et le réalisme du scénario[17], résultant du travail du scénariste du film, Scott Z. Burns, avec des chercheurs en épidémiologie[2].

En 2020, il bénéficie d'une nouvelle exposition lors de la pandémie de maladie à coronavirus en raison des similarités avec le scénario : les deux épidémies, réelle et fictive, se répandent depuis la Chine, ont été probablement transmises à l'origine par des chauves-souris, et se propagent rapidement à travers le monde, tuant des victimes présentant des symptômes pseudo-grippaux[18],[19]. En février 2020, le film atteint le rang n° 10 des films les plus téléchargés sur iTunes, juste derrière Joker et Parasite[18],[2]. Le scénariste Scott Z. Burns indique ne pas être surpris de ces similarités, rappelant que les experts qu'il avait sollicités pour l'écriture étaient convaincus de la survenue d'un tel épisode à terme[18].

Fin mars 2020, plusieurs des têtes d'affiche de la distribution de ce long métrage, comme Marion Cotillard, Matt Damon, ou encore Kate Winslet, sont sollicitées par des chercheurs de l'Université Columbia pour décortiquer des fakes news sur la pandémie et rappeler les consignes sanitaires les plus importantes, dans plusieurs vidéos[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les modèles épidémiologiques, tout un cinéma ! », The Conversation,‎ (lire en ligne)
  2. a b et c Samuel Blumenfeld, « L’engouement pour le film « Contagion », effet secondaire du Coronavirus », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. a b et c (en) Box-office - Box Office Mojo
  4. a b c d et e (en) Trivia sur l’Internet Movie Database
  5. « Fiche de doublage VF du film » consulté le 18 novembre 2011
  6. « Carton de doublage québécois » consulté le 7 octobre 2011.
  7. a b c d et e (en) Edward Douglas, « CS Interview: Contagion Writer Scott Z. Burns », sur ComingSoon.net, (consulté le 25 juin 2012)
  8. a b et c AlloCine, « Les secrets de tournage du film Contagion »
  9. (en) Filming locations sur l’Internet Movie Database
  10. (en) Jim Jannard, « Contagion », Reduser.net, Question : So, when it was all said and done, how much of the film was shot with the MX, and how much with the EPIC, Jim? James Jannard : 100% MX. And Steven called the grade.
  11. a et b (en) Cliff Martinez – Contagion (Original Motion Picture Soundtrack) - Discogs
  12. a et b (en) « Contagion (2011) », sur Rotten Tomatoes.com (consulté le 15 septembre 2011)
  13. (en) « Contagion », sur Metacritic (consulté le 15 septembre 2011)
  14. « Critiques presse », sur Allociné (consulté le 11 juin 2017)
  15. a et b (en) Box-office par semaine - Box Office Mojo
  16. AlloCine, « Box Office du film Contagion »
  17. (en) Phil Robinson, « Contagion may only be a film, but can scientists handle the real-world threat of a global flu pandemic ? », Daily Mail,‎ (lire en ligne).
  18. a b et c (en) Chris Gardner, « Did 'Contagion' Predict Coronavirus? "It's Uncanny," Says Writer », Hollywood Reporter,‎ (lire en ligne).
  19. Lise Wajeman, « Contagions de fictions », Mediapart,‎ (lire en ligne).
  20. Florise Vaubien, « Coronavirus : le casting de "Contagion" se mobilise pour lutter contre la pandémie », RTL,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]